BRÉ Freida Fanny [née OSNAS]

Par Daniel Grason, Claude Pennetier

Née le 15 janvier 1906 à Calavasi en Bessarabie (Roumanie), morte début janvier 1993 à Drap (Alpes-Maritimes) ; infirmière ; volontaire en Espagne républicaine ; militante communiste de Paris ; résistante.

Freida Fanny Bré
Freida Fanny Bré

Fille de Ghersco Fraimov Osnas, négociant et de Leia. Marié à Haskel Adesman, elle divorça. Elle se remaria le 27 août 1935 avec Gaston Bré en mairie du XVIIIe arrondissement de Paris, le couple contracta un contrat de mariage enregistré chez un notaire. Ils vivaient au 25, rue des Gardes.
Infirmière diplômée elle fit partie de la Centrale sanitaire internationale (CSI) des Brigades internationales en Espagne.
Pendant la guerre le couple vivait 4 avenue de la Porte de Ménilmontant à Paris XIe arrondissement. Le nom de Freida Bré figurait dans les papiers de Pierre Brossard, responsable des cadres du Parti communiste clandestin qui a été arrêté.
Elle a été interpellée le 3 mars 1943 par cinq inspecteurs de la BS1, les policiers saisissaient sur elle 14 000 francs, qu’ils remettaient au commissaire Fernand David. Une brochure éditée par le Parti communiste clandestin était dans la poche de son manteau.
Elle a été détenue dans les locaux des Brigades spéciales salle 36. Interrogée par deux inspecteurs, elle fut frappée sur les mains avec une règle. Elle a été frappée une seconde fois. Interrogée une troisième fois, elle témoigna le 3 avril 1945 devant la commission d’épuration de la police. « L’après-midi nouvel interrogatoire. Plusieurs inspecteurs me déshabillèrent, me lacérèrent mes vêtements et me mirent complètement nue. Ils me frappèrent alors comme de véritables brutes avec un nerf de bœuf pendant plus d’une demi-heure. J’avais le corps couvert de marques et je souffre encore des marques que j’ai reçues. »
Fanny Bré reconnue sur photographies les deux inspecteurs qu’elle désigna comme « étant [ses] tortionnaires ». Elle déposa plainte au Parquet. Le docteur Paul lui rendit visite à la prison de la Roquette sept mois après son arrestation.
Elle porta plainte contre les inspecteurs qui l’arrêtèrent, contre ceux qui la tabassèrent et ceux qui dérobèrent des marchandises, des vêtements, du linge et du ravitaillement dans son logement.
Fanny Bré a été internée administrativement. Elle a été homologuée membre des Forces françaises de l’intérieur (FFI), et Internée résistante.
En 1978, elle était membre de l’Association des volontaires en Espagne républicaine (AVER), habitait le XIIIe arrondissement de Paris. Fanny Bré se retira à Roquebrune (Alpes-Maritimes). L’Humanité du 5 janvier 1993 annonça le décès de Fanny Bré, survenu à Drap (Alpes-Maritimes) « membre de longue date du Parti et veuve de Gaston Bré qui dans les années 1950 avait été responsable des ventes de notre journal ».

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article17825, notice BRÉ Freida Fanny [née OSNAS] par Daniel Grason, Claude Pennetier, version mise en ligne le 15 novembre 2019, dernière modification le 16 novembre 2019.

Par Daniel Grason, Claude Pennetier

Freida Fanny Bré
Freida Fanny Bré

SOURCES : Arch. PPo. 89, GB 38 BS1, KB 30, 77W 5349. – Arch. AVER. – Archives André Marty, T. IX. – Lettre de Fanny Bré, février 1983. – L’Humanité, 5 janvier 1993. – Bureau résistance GR 16 P 451933.

PHOTOGRAPHIE : Arch. PPo. GB 143

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément