CAMARET Joseph Frédéric Armand Marie

Par Jean-Louis Ponnavoy, Michel Thébault

Né le 14 mai 1889 à Nantes (Loire-Inférieure, Loire-Atlantique) ; exécuté sommairement le 1er septembre 1944 au camp de Natzweiler-Struthof, à Natzwiller (Bas-Rhin) ; ingénieur polytechnicien ; résistant réseau Alliance.

Joseph Camaret était le fils de Joseph Marie, pharmacien et de Jeanne Marie Thérèse Baron. Il se maria le 10 avril 1917 à Quimperlé (Finistère) avec Marguerite Anna Léontine Marie Brenneur, dont il eut six enfants.

Il sortit de l’École polytechnique en 1908 comme ingénieur. Il était ingénieur de 2e classe à la direction des constructions navales du 2e arrondissement maritime à Brest, en 1914. Par la suite il entra à la société Delmas-Vieljeux à La Pallice, où il devint ingénieur en chef. Léonce Vieljeux, important armateur rochelais (armement Delmas-Vieljeux) et maire de La Rochelle à partir de 1930, colonel de réserve et profondément patriote refusa la défaite et intégra le réseau Alliance, entraînant avec lui ses proches (ses neveux Jean Chapron et Franck Delmas, son petit-fils le pasteur protestant Yann Roullet), des membres du personnel de son entreprise (Joseph Camaret, Franck Gardes) et des membres de la communauté protestante picto-charentaise dont il était membre, communauté restée fidèle à la République (Etienne Girard). Le réseau était sous la responsabilité de Christian De la Motte Rouge agent principal du secteur de La Rochelle, région Sud-Ouest « Hangar », il avait principalement pour objectif la surveillance de la côte atlantique et en particulier la surveillance du trafic de l’importante base de sous-marins de La Rochelle.

Résistant et membre du réseau de renseignements militaires "Alliance", où il entra comme agent de renseignements le 1er août 1943 sous le pseudonyme "Z 751", Joseph Camaret.ll fut informateur maritime à la région Sud-ouest sur le secteur Bordeaux-La Rochelle. Par sa fonction et son grade d’ingénieur général du génie maritime il renseignait efficacement les FFL à Londres. Il organisait également des filières d’évasion. Dénoncé, il fut arrêté à son domicile, 4 rue des Augustins, à La Rochelle le 14 mars 1944 à la suite de l’arrestation de deux ouvriers de l’usine dont il avait essayé de protéger la fuite, avec ainsi que Léonce Vieljeux puis interné à la prison de Lafond, à La Rochelle, à celle de la Pierre Levée, à Poitiers le 22 mars et à celle de Fresnes (Seine, Val-de-Marne) le 28 avril avant d’être déporté par le convoi du 1er mai 1944 au camp de Schirmeck sous la classification "NN" (Nacht und Nebel-Nuit et Brouillard) et fut interné au block 10 avec les autres agents masculins du réseau. Le jugement n’eut pas lieu et il fut remis comme tous les autres à disposition de la Gestapo de Strasbourg le 10 septembre. Devant l’avance alliée les 106 membres du réseau Alliance détenus à Schirmeck, dont Joseph Camaret, furent sur ordre du Haut commandement de la Wehrmacht (OKW) à Berlin, transférés en camionnette par fournées de 12 vers le camp de concentration du Struthof, où ils furent dans la nuit du 1er au 2 septembre 1944, abattus d’une balle dans la nuque dans la salle d’exécution puis incinérés dans le four crématoire du camp.
Il fut homologué comme agent P2 en qualité de chargé de mission de 3e classe des FFC (Forces françaises combattantes) et de la DGER (Direction générale des études et recherches) avec le grade de sous-lieutenant.
Il obtint la mention "Mort pour la France" le 12 novembre 1947 et "Mort en déportation" par arrêté du 11 août 2006 ainsi que le titre de "Déporté résistant" le 19 avril 1952. Il était détenteur de la Croix de chevalier de la Légion d’honneur et obtint la Croix de guerre et la Médaille de la Résistance à titre posthume le 13 juillet 1947 ainsi que le "Certificate of Service" signé par le maréchal Montgomery le 6 mai 1946.

Son nom figure sur le monument aux morts de La Rochelle, sur le monument commémoratif de l’École polytechnique, à Paris 5e arr. et sur la plaque commémorative du réseau S.R. Alliance au camp de concentration du Struthof, à Natzwiller (Bas-Rhin).
Un quai de La Rochelle porte également son nom.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article178186, notice CAMARET Joseph Frédéric Armand Marie par Jean-Louis Ponnavoy, Michel Thébault, version mise en ligne le 26 janvier 2016, dernière modification le 27 décembre 2017.

Par Jean-Louis Ponnavoy, Michel Thébault

SOURCES : Dossier DAVCC Caen 21P 432779.— Marie-Madeleine Fourcade in L’Arche de ¨Noé, Ed. Fayard, Paris 1968. — Livre Mémorial des Déportés de France de la F.M.D. tome 2.— Mémorial GenWeb.— Wikipédia Réseau Alliance et camp de concentration de Natzweiler-Struthof.— État civil.

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