BRAUN Madeleine

Par Jean Maitron, Claude Pennetier

Née le 25 juin 1907 à Paris, morte le 22 janvier 1980 à Paris ; responsable de service social puis éditeur ; militante antifasciste ; résistante puis membre du Parti communiste (1942) ; députée communiste de la Seine (1945-1951).

Madeleine Braun dans les années 1940
Madeleine Braun dans les années 1940
Assemblée nationale, Notices et portraits, 1946

Fille d’Albert Weill directeur de société et de Gabrielle Hirsch artiste peintre, Madeleine Braun passa son enfance dans la bourgeoisie parisienne aisée et cultivée. Elle fit des études à l’école Villiers et à la Faculté de droit de Paris, avant de se marier, le 8 juillet 1930, avec Jean Braun administrateur de société. Rien ne la destinait à l’action politique et sociale si ce n’est une vive sensibilité aux problèmes de la pauvreté. Chargée en 1930 de l’organisation du service social de l’hôpital que dirigeait son beau-père, elle constata l’ampleur des inégalités sociales et son impuissance à les résoudre par la seule aide sociale.

La victoire du nazisme en Allemagne (1933) puis la guerre d’Espagne la firent s’engager dans le Mouvement contre la guerre et le fascisme (Mouvement Amsterdam-Pleyel) dont elle fut membre du Comité directeur, et surtout, au Comité international de coordination et d’information pour l’aide à l’Espagne républicaine présidé par Victor Basch et Paul Langevin. Elle fut secrétaire générale de ce mouvement proche du Parti communiste. Madeleine Braun séjourna à plusieurs reprises en Espagne de 1936 à 1939 puis poursuivit son action de solidarité avec les républicains espagnols à Paris, où la guerre la surprit. Elle était membre des Comités directeurs du Comité mondial des femmes et de Paix et Liberté.

Compagnon de route du Parti communiste depuis la guerre d’Espagne, Madeleine Braun, repliée en zone sud où elle retrouva son mari, chercha à travers une dizaine d’intermédiaires le contact avec Jacques Duclos. Ce fut Georges Marrane qui assura la liaison (vers juillet 1941) et lui demanda d’œuvrer, en zone sud, à la constitution du Front national qui, autour des militants communistes, devait rassembler des partisans « de la liberté et de l’indépendance de la France ». Madeleine Braun, qui prit le pseudonyme de Nicole, rallia des gaullistes, des hommes politiques, et entretint des contacts fructueux avec la hiérarchie catholique de la zone sud et devint membre du Comité directeur du Front national en liaison avec Georges Marrane et Hubert Ruffe.

Son adhésion au Parti communiste en 1942 fut l’aboutissement de son engagement politique. Malgré l’importance des risques, elle poursuivit sa tâche d’intermédiaire de la Résistance communiste en échappant à l’arrestation. Légion d’honneur, croix de guerre 1939-1945 et rosette de la Résistance récompensèrent son courage pendant les années de l’Occupation.

Le Front national la délégua à l’Assemblée consultative provisoire en 1944. Les électeurs de la Seine la maintinrent à l’Assemblée nationale de 1945 à 1951. Elle fut, en 1946, la première femme à accéder à la vice-présidence de la Chambre des députés. Élégante, distinguée, vive et habile, elle exerça cette fonction avec talent.

Le Parti communiste l’avait chargée de participer à la rédaction, puis à la direction, de Front national, journal où se côtoyaient communistes et compagnons de route. En 1961, elle devint codirectrice, avec Louis Aragon, des Editeurs français réunis, qui dans la politique éditoriale du Parti communiste français, avaient la responsabilité des romans et traductions d’œuvres des pays socialistes ainsi que de la publication d’ouvrages historiques.

Comme sa mère, elle pratiqua la peinture.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article17818, notice BRAUN Madeleine par Jean Maitron, Claude Pennetier, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 20 août 2018.

Par Jean Maitron, Claude Pennetier

Madeleine Braun dans les années 1940
Madeleine Braun dans les années 1940
Assemblée nationale, Notices et portraits, 1946
Madeleine Braun debout, à la tribune d’un meeting des femmes contre la guerre, vers 1936. Plus bas, Maria Rabaté
Madeleine Braun debout, à la tribune d’un meeting des femmes contre la guerre, vers 1936. Plus bas, Maria Rabaté
Collection Cattanéo
Une peinture de Madeleine Braun
Une peinture de Madeleine Braun

SOURCES : RGASPI, 495 270 177, note de la SMC de 1950. — Arch. J. Zyromski, dossiers Espagne. — L’Humanité, 23 janvier 1980. — Le Monde, 31 janvier 1980. — Who’s who, 1979-1980. — Jean Récanati, Un gentil stalinien : récit autobiographique, Paris, 1980, p. 95. — Témoignage de Mme Louis Vallon.

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