BRAULT Amand, Joseph

Par Jean-Pierre Besse, Élie Fruit, Yves Le Maner, René Lemarquis

Né le 25 octobre 1888 à Hermes (Oise), mort le 6 octobre 1960 à Hermes ; tourneur en bois ; militant syndicaliste et communiste de la Somme et de l’Oise ; député, conseiller municipal de Beauvais, maire de Hermes.

Amand Brault
Amand Brault
Assemblée nationale, Notices et portraits, 1946

Fils d’un artisan menuisier et sympathisant socialiste, et d’une journalière, né à Hermes (Oise) commune ouvrière de l’Oise qui avait élu la première municipalité socialiste du département en 1896, Amand Brault fréquenta l’école primaire publique pendant sept ans. Il commença à travailler à treize ans. Il fit son service militaire comme 2e classe. Il épousa en 1913 Suzanne Philippe, couturière, fille d’un gendarme qui retraité devint un petit maraîcher. Celui-ci fréquentait les radicaux et les socialistes de son village de Bulles (Oise) où il était conseiller municipal ; il appartenait à la Libre pensée.

Amand Brault commença à travailler comme tourneur sur bois et fut employé jusqu’en avril 1930 dans une usine d’Hermes (Oise). Il entra ensuite à la mairie de Saint-Denis (Seine) comme employé communal jusqu’au 30 septembre 1936.

Syndiqué depuis 1908, il sympathisa d’abord avec un groupe libertaire puis, à vingt ans, il s’inscrvitt au Parti socialiste et anima le syndicat des ouvriers du bois de sa région.

Il fut mobilisé au front pendant la guerre de 1914-1918. En 1921, après le congrès de Tours, il s’inscrivit au Parti communiste et, en juin 1926, il assista au congrès de Lille.

Il se présenta aux élections législatives de 1928, 1932 et 1936 dans le département de l’Oise mais ne fut pas élu. Le 24 mars 1929, il était des 119 délégués de la conférence communiste de la RP réunie salle Reflut à Clichy (Seine) qui furent interpellés par la police.

Conscient du caractère aigu des problèmes que rencontrait alors le Parti communiste dans les départements de la Somme et de l’Oise du fait de la crise économique dont les premiers effets s’étaient fait sentir en 1930, le Comité central décida, en 1931, de constituer une nouvelle région englobant les départements de l’Oise (jusqu’alors rattaché à la région parisienne) et de la Somme (appartenant à la région Nord), ce dernier département étant détaché de facto de sa région de tutelle dès 1929. Cette tâche de réorganisation, menée parallèlement à la constitution d’une 30e région de la CGTU, fut confiée à Amand Brault, employé à la mairie de Saint-Denis (Seine), ami de Doriot qui avait été jusqu’alors responsable de l’Oise. Il entreprit dès sa nomination une campagne de réunions à la base pour reprendre en main les cellules locales réduites à des effectifs squelettiques. Ce fut dans ce contexte que Brault orchestra le lancement d’un organe hebdomadaire pour la région picarde, Le Travailleur de Somme et Oise, dont le tirage s’éleva à 6 000 exemplaires pendant la première année de parution, 1933. L’action de Brault permit de stabiliser les effectifs et fournit une base au recrutement nouveau suscité par le Front populaire. Ce succès fut entériné par le CC qui nomma Brault secrétaire permanent de la région picarde en janvier 1937 (poste qu’il conserva jusqu’en 1939 à la dissolution officielle du PC). À cette date de 1937, la région picarde regroupait 31 rayons, 254 cellules et environ 6 500 membres (720 en 1926-1927), son journal atteignant alors un tirage hebdomadaire de 17 000 exemplaires.

Brault fut délégué aux principales conférences et nationales de son parti : le 24 mars 1929 il était un des 119 délégués de la conférence communiste de la Région parisienne réunie salle Reflut à Clichy (Seine) (voir M. Ancelle*) qui furent interpellés par la police. Il participa également aux conférences nationales d’Ivry (1932) et Montreuil (1937) ainsi qu’aux congrès nationaux de Lille (1926) et Arles (1937). Il fut condamné à une amende en 1927 pour défaut de déclaration d’un journal local dont il était gérant et inculpé, sans suite, pour appel à la désobéissance de réservistes en 1928. Il se présenta aux élections législatives de 1928, 1932 et 1936 dans le département de l’Oise mais ne fut pas élu.

Il fut très affecté, en septembre 1932, lorsqu’il fut accusé publiquement, et en son absence, à une réunion de la fraction communiste des employés de Saint-Denis, par Doriot, d’être en rapport avec la police. Il alerta la comité régional de Picardie qui demanda à la direction du PC de sommer Doriot d’apporter des preuves. La commission centrale de contrôle politique mena une enquête et rendit ses conclusions le 2 mars 1933. À l’origine de la suspicion, la déclaration d’un sympathisant qui avait vu, en août 1931, Brault parler à un certain Pailler en rapports disait-on avec la police. En fait, il venait enquêter sur la situation d’un chômeur habitant le même immeuble et avait pu saluer ce Pailler également inscrit au chômage à Saint-Denis. La CCCP estimait donc non fondée l’accusation mais n’en blâmait pas moins sévèrement Brault "pour avoir ameuté toute la région [...] contre ceux qui l’accusaient et par répercussion contre la direction du parti" car en cette circonstance le devoir était de ne pas "rendre l’affaire publique".

Amand Brault fut arrêté en mars 1940 et interné au Château du Sablon (Dordogne) puis à Saint-Paul d’Eyjeaux. Déporté en mars 1941 en Algérie, il fut libéré du camp de Bossuet en 1943 et milita à Blida jusqu’à son retour en 1944. La Section de montée des cadres releva qu’il avait "avoué avoir obtenu en 1940 une permission pour assister à l’enterrement de sa mère et être retourné librement au camp". Accusé, en 1947, par Gaussen (de Toulouse) d’avoir conseillé de signer l’allégeance à Pétain lors des libérations de février 1941, Brault indiqua qu’il n’avait jamais eu l’occasion de discuter ce ce problème.

Revenu dans l’Oise en 1945, Amand Brault fut membre du secrétariat de la fédération communiste de 1945 à 1947 avec René Imbert* et Marceau Boulanger*, il demeura au bureau fédéral jusqu’en 1948 et au comité fédéral jusqu’en 1959. Il fut élu député en 1945 et réélu à la 2e Assemblée constituante (juin 1946), Armand Brault fut réélu en novembre 1946 et en juin 1951. Il siégea jusqu’en décembre 1955 ; en 1956 il renonça à se représenter pour raisons de santé. Il fut également conseiller municipal de Beauvais de 1947 à 1953 et maire de Hermes, son village natal, de 1953 jusqu’à sa mort en 1960. Parmi les militants communistes isariens, Amand Brault a laissé le souvenir d’un militant dévoué et infatigable mais aussi celui d’un homme fidèle à son parti jusqu’au sectarisme.

Amand Brault était marié et père de deux enfants.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article17811, notice BRAULT Amand, Joseph par Jean-Pierre Besse, Élie Fruit, Yves Le Maner, René Lemarquis, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 25 février 2014.

Par Jean-Pierre Besse, Élie Fruit, Yves Le Maner, René Lemarquis

Amand Brault
Amand Brault
Assemblée nationale, Notices et portraits, 1946

SOURCES : RGASPI, 495 270 788, autobiographies du 19 septembre 1932 et le 25 mai 1938 ; dossier sur la fausse accusation de 1932-1933 ; note de la SMC. — Arch. Nat., F7/13119, rapport du 24 mars 1929, F7/13129, rapport du 2 juillet 1932, F7/13130, rapport du 26 juillet 1932, F7/13042 et F7/13134. — Arch. comité national PCF - Arch. Dép. Somme, Z 691 (Le Travailleur de Somme et Oise, 1933-1939 - Le Cri populaire de l’Oise, 1928-1939.- Le Travailleur de l’Oise, 1945-1949 - L’Oise-Matin, 10 octobre 1960.- Renseignements fournis par A. Dujardin et H. Lenglet. — Notes de René Lemarquis et Claude Pennetier.

fiches auteur-e-s
Version imprimable Signaler un complément