TOUPELIN DE LA DOILIÈRE Louis, Alfred, Lucien

Par Daniel Grason

Né le 12 mai 1904 à Paris (Ve arr.), tué au combat le 19 août 1944 à Paris (Xe arr.) ; tourneur sur métaux, gardien de la paix, brigadier des gardiens de la paix ; FFI.

Louis Toupelin de la Doilière
Louis Toupelin de la Doilière

Fils de Louis, Victor Toupelin de la Doilière, camionneur, et de Marie, Joséphine Jaguelin, ménagère, Louis Toupelin de la Doilière obtint à l’issue de l’école primaire le CEP. Il vivait chez ses parents au 72 rue de la Glacière à Paris (XIIIe arr.), sa mère était la concierge de l’immeuble. Il suivit pendant deux ans des cours d’anglais, débuta le 5 juillet 1920 dans la vie professionnelle comme petite main tourneur à la maison Denis 88 rue Amelot à Paris (XIe arr.), puis en tant que manœuvre à la Papeterie Lorraine rue de la Glacière d’octobre1921 au 8 janvier 1922. Il changea d’employeur, repris le métier de tourneur du 9 janvier 1922 au 20 janvier 1923, chez Thomas, 8 rue des Tanneries (XIIIe arr.), il entra le 7 août 1922 comme manœuvre à la compagnie des chemins de fer du Nord au dépôt du Landy à Saint-Denis (Seine, Seine-Saint-Denis), y resta jusqu’au 20 janvier 1923. Il changea de métier et de patron, entra le 30 janvier 1923 en tant qu’ajusteur, puis soudeur chez Rigida 38 boulevard de Picpus (XIIe arr.), jusqu’à son appel sous les drapeaux.
Il fut appelé le 10 mai 1924 au 25ème Bataillon d’Ouvriers d’Artillerie à Mayence (Allemagne), l’armée française occupait le territoire rhénan. Il participa au peloton de formation des sous-officiers avec succès, fut classé en haut du tableau, premier sur soixante-dix-huit. Affecté à Douai (Nord), nommé brigadier Louis Toupelin de la Doilière était libéré après dix-huit mois de service militaire le 10 novembre 1925 à Metz (Moselle). Il épousa le 9 janvier 1926 Germaine Geoffre en mairie d’Arcueil (Seine, Val-de-Marne), le couple habita à Arcueil au 2 rue Émile-Raspail. Il reprit son métier de tourneur chez SAGA 58 rue des Plantes (XIVe arr.). Il écrivit le 15 avril et le 8 juillet 1927 au préfet de police pour solliciter un emploi de gardien de la paix.
Il débuta le 16 novembre 1927, fut gardien de la paix, affecté au commissariat du XXe arrondissement. Divorcé, Louis Toupelin de la Doilière se remaria le 30 janvier 1932 avec Jeanne Snappe, artisane stoppeuse de vêtements, le couple demeura 2 villa de l’Ermitage (XXe arr.), le couple sans enfant adopta un enfant en 1933. Il faisait partie du service d’ordre lors de la manifestation du 6 février 1934, il figura parmi les blessés.
Le 10 août 1936 après avoir été de service à une manifestation porte de Saint-Cloud, il rentrait en autobus à son domicile. De la plateforme, à l’angle des rues de Bretagne et Vieille-du-Temple dans le IIIe arrondissement, il vit deux hommes qui se battaient, il descendit, un témoin le prévint qu’un des deux hommes, marchand de vins de son état, était porteur d’une vrille avec laquelle il avait blessé J…, il maîtrisa l’agresseur.
Le 9 décembre 1936 vers 23 heures 15, un feu se déclara au Music-Hall « Les Folies Belleville », de la fumée se répandit dans la salle. Voyant de l’extérieur de la fumée, il entra dans l’établissement où des spectateurs commençaient à paniquer. Il harangua et calma les spectateurs. Pour ces deux actions, une gratification lui fut attribuée.
Il passa le concours pour le grade de brigadier, il fut reçu, nommé le 6 septembre 1941. Dans l’après-midi du 19 août 1944 il participait au combat pour la prise de la mairie du Xe arrondissement. Il fut mortellement atteint par un projectile allemand alors qu’il se trouvait sur le boulevard Magenta. Son inhumation eut lieu le 23 août au cimetière parisien de Pantin. Un hommage lui fut rendu le jeudi 3 janvier 1946 par une délégation de la police municipale composée de vingt-cinq policiers dont un commissaire, un officier et deux inspecteurs.
Déclaré « Victime du devoir », cité à l’Ordre de la Nation (JO) du 20 décembre 1944), décoré de la Légion d’Honneur (JO du 3 janvier 1945), le ministère des Anciens combattants lui attribua la mention « Mort pour la France », Louis Toupelin de la Doilière fut homologué FFI. Son nom figure sur la liste des policiers morts pour la Libération de Paris au Musée de la police 4 rue de la Montagne Sainte-Geneviève à Paris (Ve arr.), une plaque apposée rue des Vinaigriers à Paris (Xe arr.) lui rend hommage : « Ici Toupelin de la Doilière brigadier de police tué le 19 août 1944 pour la libération de Paris ».

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article178093, notice TOUPELIN DE LA DOILIÈRE Louis, Alfred, Lucien par Daniel Grason, version mise en ligne le 2 février 2016, dernière modification le 7 novembre 2018.

Par Daniel Grason

Louis Toupelin de la Doilière
Louis Toupelin de la Doilière

SOURCES : Arch. PPo. BA 1811, BA 1819, KC 36. – SHD, Caen AC 21 P 158582. – Bureau Résistance : GR 16 P 574952. — Christian Chevandier, Été 44. L’insurrection des policiers de Paris, Éd. Vendémiaire, 2014. — Site internet GenWeb. — État civil. – État civil numérisé Paris (Xe arr.) acte de décès n° 2101.

PHOTOGRAPHIE : Arch. PPo. KC 36.

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