BRANGER Odette [née Odette CAPION]

Par Jean-Pierre Besse, Jean Sagnes

Née le 16 décembre 1913 à Montpellier (Hérault), morte le 6 janvier 2004 à Montpellier ; employée de commerce puis employée à la sécurité sociale ; militante communiste de l’Hérault ; résistante-déportée.

Le père d’Odette Capion, employé des postes, fut tué à la guerre en 1916. Elle fut donc pupille de la Nation et sa mère connut de grandes difficultés pour élever ses deux enfants. À douze ans, Odette Capion fut fortement impressionnée par une manifestation dans les rues de Montpellier en faveur de Sacco et Vanzetti. Elle entra très jeune comme employée dans un magasin de confection puis en 1931 aux Galeries Lafayette de Montpellier. Elle milita au sein du syndicat CGT des employés dès 1932-1933 et adhéra à l’Association des femmes contre la guerre et le fascisme dirigée par Claire Lagrèze*. Puis, au lendemain du 6 février 1934, elle adhéra au PCF où elle milita jusqu’à la guerre.
Le 4 décembre 1940, elle était arrêtée pour activités communistes et internée aux camps de Rieucros et de Brens pendant vingt-six mois. Relâchée en février 1943, elle travailla pour la Résistance et fut notamment chargée d’introduire des armes dans la Centrale de Nîmes auprès des prisonniers politiques. Dénoncée, elle fut arrêtée par la police de Vichy le 8 février 1944. Transférée à Lyon, elle fut livrée aux autorités allemandes le 1er juillet 1944 avec d’autres détenues politiques et envoyée en déportation. Elle connut les camps de Neu-Bremen, Ravensbruck, Bendorf et fut des rares détenues qui survécurent à la famine, aux mauvais traitements et aux exécutions sommaires.
Libérée en mai 1945, elle revint à Montpellier où elle reprit ses activités politiques et épousa en 1946 René Branger. Le couple eut une fille.
De 1945 à 1954, elle fut membre du bureau fédéral du PCF de l’Hérault et candidate aux élections législatives de 1945 et 1946. Elle était une des six candidats de la liste du PCF qui obtint respectivement 30,3 % puis 30,6 % et enfin 33,8 % des suffrages exprimés et eut, à chaque consultation, deux élus : Raoul Calas* et Antonin Gros*. Elle fut aussi la première femme élue conseillère municipale à Montpellier. Elle travailla après la Libération à la Sécurité sociale d’abord à Montpellier puis à Paris où le couple s’installa après la fermeture du journal La Voix de la patrie où René Branger travaillait.
La retraite venue, le couple revint à Montpellier. En 1980, elle était secrétaire adjointe de la FNDIRP et responsable de l’Amicale des Vétérans du PCF de l’Hérault.
Après sa mort, son nom fut attribué à un rond-point à l’intersection du faubourg Boutonnet et de la route de Mende.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article17793, notice BRANGER Odette [née Odette CAPION] par Jean-Pierre Besse, Jean Sagnes, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 7 novembre 2018.

Par Jean-Pierre Besse, Jean Sagnes

SOURCES : Les Communistes de l’Hérault dans la Résistance, s.l. et s.d. — La Voix de la patrie, 1945-1954. — Interview d’O. Capion-Branger le 2 mai 1980 par Jean Sagnes. — Bulletin municipal de Montpellier, juin 2004.

ICONOGRAPHIE : Photographie de Odette Capion-Branger dans le Bulletin municipal de Montpellier, juin 2004.

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