COLAS Auguste

Par Didier Bigorgne

Né le 10 novembre 1865 à Monthermé (Ardennes), mort le 6 juin 1926 à Revin (Ardennes) ; ouvrier métallurgiste ; coopérateur et libre penseur ; militant du POSR, puis du Parti socialiste SFIO ; maire de Revin (1903-1914).

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Fils d’un polisseur en moulage, et d’une mère au foyer, Auguste Colas s’installa à Revin où il exerça le métier d’ouvrier tôlier. Le 30 novembre 1889, il y épousa une jeune fille de la localité, Marie, Céline Dehant, couturière.

En 1893, Auguste Colas était secrétaire de la chambre syndicale de la métallurgie de Revin forte de mille adhérents et militait au cercle d’études sociales L’Egalité, deux groupes affiliés à la Fédération des Travailleurs socialistes des Ardennes qui avait adhéré au POSR en 1890. En 1900, il participa à la fondation de la boulangerie coopérative L’Espérance à Revin. Il adhéra à la société de Libre Pensée en 1903.

Auguste Colas, élu conseiller municipal de Revin en mai 1900, devint premier adjoint au maire Arsène Dupont*. Le 23 août 1903, après le décès de Dupont, il lui succéda au poste de maire de Revin. Il le demeura jusqu’en 1914. Pendant ses mandats, il continua la politique anticléricale menée par ses prédécesseurs : enlèvement des statuts de saints, des croix et des emblèmes religieux sur le territoire de la commune, désaffection des chapelles et interdiction de toutes manifestations religieuses autres que les enterrements. Le 23 décembre 1905, il fit interdire les cours de catéchisme à l’école des filles et expulsa le curé de sa maison, propriété de la ville, pour y loger deux institutrices.

Auguste Colas apporta son soutien aux ouvriers revinois qui menèrent une grève générale dans dix-sept usines du 24 avril au 5 septembre 1907. A l’arrivée d’un bataillon d’infanterie et de quarante gendarmes pendant le conflit, il organisa, avec les syndicats, l’exode des enfants de Revin vers d’autres villes dirigées par les municipalités socialistes (Mohon, Nouzon, Raucourt, Vrigne-aux-Bois, etc).

Le 24 juillet 1910, Auguste Colas fut le candidat du Parti socialiste SFIO à l’élection pour le Conseil général, dans le canton de Fumay. Il échoua en obtenant 1528 voix sur 4094 inscrits et 3221 votants. A cette date, il présidait la section de Fumay de la Ligue des droits de l’homme.

A l’arrivée des Allemands en août 1914, Auguste Colas quitta Revin. Il réapparut après la guerre, mais il abandonna la vie politique. Il exerça alors la profession de négociant. Veuf, il épousa en secondes noces, Clémence Havez, le 5 novembre 1925 à Revin.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article177926, notice COLAS Auguste par Didier Bigorgne, version mise en ligne le 14 janvier 2016, dernière modification le 15 janvier 2016.

Par Didier Bigorgne

Sources : Arch. com. de Revin.— Arch. Fédération des Travailleurs socialistes des Ardennes (médiathèque de Charleville-Mézières).— Le Socialiste Ardennais, 1900 à 1914.— Notes de Jean Garand.— Etat civil de Monthermé et de Revin.

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