BOUGIS Raymond

Par Louis Botella

Né le 26 octobre 1893 à Angers (3e arr.) (Maine-et-Loire), mort le 19 avril 1972 à Angers ; tailleur d’habits puis coupeur d’habits ensuite comptable ; président de l’Union départementale CFTC puis CFDT ; président du conseil de prud’hommes d’Angers ; militant catholique.

Raymond Bougis était le fils de Louis, Marie, journalier puis manœuvre, ensuite cheminot, et de Marie, Louise Féhiafé, cuisinière.

Titulaire du certificat d’études primaires (CEP), il exerça successivement les métiers de tailleur d’habits, coupeur d’habits enfin de comptable.

Raymond Bougis s’intéressa, dès l’âge de 16 ans, au syndicalisme d’inspiration chrétienne dans le cadre des réunions du Cercle d’Etudes d’Angers, fondé par le Père Paulin (Ordre des frères capucins). Son premier reçu syndical data d’octobre 1909. La section angevine du SECI (Syndicat des employés du Commerce et de l’Industrie) tomba pendant quelques en léthargie.

Raymond Bougis participa, à l’automne 1919, à la création de nombreux syndicats chrétiens dans le Maine-et-Loire.

Le syndicat catholique des employés du Commerce et de l’Industrie (SECI) d’Angers fut fondé le 1er mai 1923 et sa déclaration en mairie fut faite le 30 du même mois. Auparavant les adhérents angevins étaient affiliés individuellement au SECI national. En juin 1923, son syndicat compta 19 adhérents.

Depuis mars 1926, Raymond Bougis était le secrétaire du syndicat chrétien [CFTC] des employés du Commerce et de l’Industrie d’Angers alors présidé par Mathelin.

Dès 1926, le syndicat, par l’intermédiaire de Raymond Bougis, fit connaître au patronat local les revendications des employés angevins : instauration de la "semaine anglaise" (semaine de travail en 5 jours et demi) et d’une pause de 2 heures à midi pour le déjeuner, 12 jours de congés pays, paiement des heures supplémentaires, égalité salariale femmes/hommes, chauffage des magasins, amélioration de l’hygiène dans les bureaux et magasins...

Il devint, en octobre 1929, secrétaire de l’Union départementale CFTC du Maine-et-Loire. Au printemps 1932 - lors de sa création définitive -, il succéda à André Rochereau au poste de président de cette UD, poste qu’il occupa pendant plusieurs décennies.

Lors du conflit (du 11 au 16 mai 1934) au sein des Ets Bessonneau à Angers, Raymond Bougis et la CFTC prirent une part très active dans la défense des revendications du personnel.

Il fut la cheville ouvrière de la fusion des syndicats féminins et masculins d’employés. Après bien des difficultés, cette fusion intervint au cours de l’année 1938.

À la suite de la dissolution des confédérations syndicales, à l’automne 1940, les réunions des militants de l’ex-CFTC du Maine-et-Loire se firent dans le cadre de la société mutualiste dont Raymond Bougis en était le président.

Faisant partie de la délégation confédérale de l’ancienne CFTC, il assista à la rencontre organisée par le ministère du Travail, le 8 juillet 1942, avec les confédérations ex-CGT et ex-CFTC. Ces délégations furent reçues dans l’après-midi par Pierre Laval, alors président du conseil des ministres, qui les incita à accepter la Charte du travail. Ce qu’elles refusèrent.

À la Libération, Raymond Bougis participa activement à la reconstruction du pays et du mouvement syndical CFTC dans son département.

Il était, au titre de la CFTC, l’une des figures marquantes de la grève de l’été 1953 et il avait marqué son opposition à l’ordre de reprise du travail lancé, le 21 août 1953, par le bureau de la Confédération CFTC.

L’ouest du pays fut marqué, en 1955, par de longs conflits sociaux ; Raymond Bougis était alors à la tête de l’action menée par les syndicats, notamment ceux de la CFTC.

Lors de la transformation, en novembre 1964, de la CFTC en CFDT, Raymond Bougis accompagna tout naturellement cette évolution et devint le président d’honneur de l’Union départementale CFDT du Maine-et-Loire.

Au cours de ses 60 années de militantisme syndical, Raymond Bougis assumait de nombreux mandats, au titre de la CFTC puis de la CFDT : président du conseil de prud’hommes d’Angers, président de la caisse primaire de sécurité sociale d’Angers...

Il était aussi le président de l’Association des Vieux travailleurs CFDT du Maine-et-Loire.

Raymond Bougis était très impliqué dans le milieu catholique : tertiaire de st-François, conseiller paroissial à Notre-Dame d’Angers, brancardier à Lourdes, président diocésain du Secours catholique...

Raymond Bougis était titulaire des décorations suivantes : Croix Pro Ecclesia et Pontifice, décernée le 12 novembre 1943 par le Pape Pie XII, croix de chevalier puis celle d’officier dans l’Ordre national de la Légion d’honneur en date, respectivement, du 31 janvier 19951 et du 27 avril 1965.

Veuf, il participa encore à une réunion de la Fraternité d’Anjou quelques jours avant son décès.

Ses obsèques eurent lieu le 22 avril 1972 en l’église Notre-Dame d’Angers, en présence d’une foule considérable et de nombreuses personnalités, dont notamment de Mgr Rodhain, président national du Secours catholique.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article177614, notice BOUGIS Raymond par Louis Botella, version mise en ligne le 24 avril 2019, dernière modification le 24 avril 2019.

Par Louis Botella

Il était l’auteur de la Contribution à l’histoire du syndicalisme chrétien en Maine-et-Loire, paru en 1971 à Angers.

SOURCES : Le Messager syndical, organe mensuel de l’Union des syndicats chrétiens de l’Union régionale Ouest, puis La Voix des travailleurs, organe de cette union régionale, juillet 1928, avril, octobre 1929, avril 1932, mars, novembre 1933, janvier, décembre 1935, 10 septembre 1936, janvier 1937 (Centre d’histoire du travail [CHT] Nantes). — Journal officiel, 8 janvier 1952, 27 avril 1965. — Raymond Bougis in Histoire du syndicalisme chrétien en Anjou, titre originel Contribution à l’histoire du syndicalisme chrétien en Maine-et-Loire, Angers 1971 (Arch. familiales et Arch. du Diocèse d’Angers, cote 6 K 10, document annoté et transmis en mars 2019 par Jean-François Jolly, Jean-Noël Jolly et Luc-Henri Jolly, petits-fils de Raymond Bougis.

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