LE YAOUANQ Louis

Par Alain Dalançon, Pierre Petremann

Né le 19 juillet 1926 à Lorient (Morbihan), mort le 17 janvier 1996 à Céret (Pyrénées Orientales) ; professeur ; militant communiste, militant du SNES dans l’académie de Paris, puis dans l’académie de Créteil.

Louis Le Yaouanq
Louis Le Yaouanq
Manifestation à Paris en 1969, à droite François Blanchard

Fils de parents instituteurs non militants mais adhérents du Syndicat national des instituteurs, Louis Le Yaouanq, fit ses études secondaires au lycée Dupuy-de-Lôme de Lorient. Titulaire du baccalauréat mathématiques élémentaires en 1944, il ne put entreprendre des études supérieures immédiatement, du fait de la poursuite des combats dans la « poche » de Lorient jusqu’en mai 1945. Il fit donc une année supplémentaire de terminale et obtint en 1945 le baccalauréat philosophie.

En 1946, il vint à Paris dans l’intention de préparer le concours d’entrée à l’École coloniale (École nationale de la France d’outre-mer) mais il abandonna rapidement, cette formation étant trop éloignée de ses convictions. Il avait en effet adhéré en 1944 à la Jeunesse communiste, puis en 1945 à l’Union de la jeunesse républicaine de France, avant de rejoindre le Parti communiste français au début de ses études d’histoire à la Sorbonne. Son sursis arrivant à expiration, il dut interrompre ses études au niveau de la licence et alla effectuer son service militaire en 1951-1952 en tant qu’élève officier de réserve en Allemagne puis au camp de Mourmelon (Marne). À son retour, il épousa le 8 avril 1953 à Paris (XVIIIe arr.) Isabelle Dermy, professeur certifiée d’histoire-géographie, avec laquelle il eut un fils né en 1961.

Afin de terminer ses études (licence et diplôme d’études supérieures d’histoire), Louis Le Yaouanq fut surveillant d’externat au collège de Mantes (Seine-et-Oise) à partir de la rentrée scolaire 1952 puis au collège Paul Lapie de Courbevoie (Seine/Hauts-de-Seine) jusqu’en 1955. Il commença ensuite sa carrière d’enseignant d’histoire-géographie dans le même établissement en tant qu’adjoint d’enseignement.

Lieutenant de réserve, il fut rappelé en Algérie en 1958-1959, comme officier adjoint puis commandant de 120 militaires français et une vingtaine de harkis, dans un village de regroupement d’un millier d’habitants situé en Kabylie, dans la région montagneuse du Dahra, où il fit surtout de l’action sociale. Sous un pseudonyme, il participa avec trois autres officiers de réserve à la rédaction d’un « Cahier libre » intitulé Officiers d’Algérie, publié en 1960 par Maspero, où ces derniers témoignaient et dénonçaient le colonialisme et l’usage de la torture.

De retour en métropole, Louis Le Yaouanq fut reçu au certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement public de second degré et fut affecté comme professeur certifié au lycée Rodin à Paris, puis au lycée de garçons de Soissons (Aisne) jusqu’en 1963, avant de revenir dans la région parisienne au lycée Jean-Jaurès de Montreuil (Seine/Seine-Saint-Denis) où il effectua tout le reste de sa carrière, jusqu’à sa retraite prise en 1990, au grade d’agrégé par promotion interne.

Adhérent et militant du Syndicat national de l’enseignement secondaire de la liste « B » dès son entrée dans l’Éducation nationale, il commença à être investi de responsabilités dans la section (S3) de la grande académie de Paris, au moment de la « cogestion » entre militants des tendances « autonome » et « Unité et Action ». Après que Maurice Loi fut écarté de toute responsabilité syndicale dans le S3 en 1964, il fut un des principaux militants communistes au côté de Gérard Alaphilippe, souhaitant l’affirmation de l’identité du courant U-A. Il entra au bureau académique en 1964 et en devint secrétaire général adjoint en 1965, rejoignant Victor Leduc, autre militant communiste qui occupait également cette fonction depuis le début de la cogestion en 1960, au titre de la liste « B », auprès de Louis-Paul Letonturier, secrétaire général au titre de la liste « A ». Après la démission de Leduc à la fin de l’année 1965, en raison de son désaccord au sujet de l’arrêt de la grève administrative, défendu à la fois par Alaphilippe et Letonturier, il resta à son poste de secrétaire général adjoint jusqu’à la fin de l’existence du SNES (classique et moderne). Il fut également élu membre suppléant de la commission administrative nationale aux dernières élections de mai-juin 1966 devant servir de base à la constitution de la première CA nationale du nouveau SNES et suppléant à la CA nationale de la FEN en 1967.

Quand la liste « A », conduite par Letonturier, perdit la majorité aux premières élections académiques du nouveau SNES en mars 1967, Louis Le Yaouanq fit partie du secrétariat homogène U-A du nouveau S3. Il participa à l’intense activité de la section académique durant Mai-juin 1968 et fut, aux côtés d’Alaphilippe, François Blanchard, Claude Vidal, Marcelle Brénéol, Michel Pétillot* et Michel Velay, signataire du rapport d’activité approuvé par les syndiqués en 1969. Il fut réélu cette année là suppléant à la CA nationale.

Quand l’académie de Créteil fut créée en 1972, il devint tout naturellement un des principaux responsables du nouveau S3 de la région parisienne. Secrétaire général adjoint d’abord, il fut ensuite chargé de la trésorerie jusqu’à sa retraite. Il participa à tous les congrès nationaux et à leur préparation, intervenant souvent vigoureusement dans les réunions académiques et départementales, ainsi que dans la section départementale de la Fédération de l’Éducation nationale de la Seine-Saint-Denis devenue à direction U-A. Il fut élu en outre commissaire paritaire académique des certifiés puis des agrégés, responsabilité où il était à l’écoute des collègues, très attaché à la transparence et à l’équité entre les collègues.

Au plan politique, Louis Le Yaouanq resta toujours fidèle au PCF mais n’y exerça jamais de responsabilité, ayant choisi d’en prendre dans le syndicalisme. Par ailleurs, membre de l’Association des officiers de réserve républicains et de la Fédération nationale des anciens combattants en Algérie, il s’investit pour la reconnaissance de la guerre d’Algérie et du statut d’ancien combattant pour ceux qui y avaient participé.

Parvenu à la retraite, il vint renforcer la petite équipe fondatrice de l’Institut de recherche historique sur les enseignements de second degré ; il écrivit de nombreux articles dans son bulletin Points de repères, dont un numéro spécial sur « le SNES et la guerre d’Algérie » ; il était en outre le trésorier de l’institut quand il fut victime d’une crise cardiaque dans sa maison de retraite de Céret.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article177556, notice LE YAOUANQ Louis par Alain Dalançon, Pierre Petremann, version mise en ligne le 27 décembre 2015, dernière modification le 26 juin 2019.

Par Alain Dalançon, Pierre Petremann

Louis Le Yaouanq
Louis Le Yaouanq
Manifestation à Paris en 1969, à droite François Blanchard
Au congrès du SNES 1991

ŒUVRE : Officiers en Algérie, anonyme collectif, Cahiers libres Maspéro, 1960. Plusieurs articles dans Points de repères, dont un numéro spécial, n°13 , avril 1994, « Le SNES et la guerre d’Algérie ».

SOURCES : Arch. IRHSES dont arch. personnelles classées par son frère, Jean. Témoignage de l’intéressé recueilli par les auteurs et renseignements fournis par son épouse.

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