BOUVIER Louis, Paul, Joseph

Par Jacques Girault

Né le 12 janvier 1910 à Romans (Drôme), mort le 7 mars 1992 à Chambéry (Savoie) ; militant socialiste, syndicaliste et mutualiste de la Drôme puis de la Savoie.

Fils d’un employé de commerce devenu petit commerçant, père de six enfants, qui mourut en 1927 des suites de la Grande Guerre, Louis Bouvier reçut les premiers sacrements catholiques. Boursier, élève de l’école primaire supérieure de Bourg-de-Péage (Drôme), il fut reçu à l’École normale d’instituteurs de Valence en 1925. Il resta surveillant à l’école en 1928-1929 et fut admissible à l’École normale supérieure de Saint-Cloud. Il fut alors nommé instituteur à Bourg-les-Valence puis à Romans (1931), à Chatuzange-le-Goubet (1932-1937) où il pratiqua les méthodes actives (utilisation d’un cartoscope, fêtes, excursion payée grâce aux produits - recherche et vente de plantes médicales - de la coopérative scolaire par exemple). Dans le village, il anima une amicale laïque très active.
Membre de Syndicat national des instituteurs depuis 1932, Bouvier fut détaché à Valence, à la demande du sénateur Lisbonne, président du Conseil général, pour reconstituer la Fédération des œuvres laïques (1937-1939). Il se chargeait personnellement des projections cinématographiques dans les villages et entreprit de développer les activités coopératives. Il allait reprendre un poste d’instituteur à Valence quand il fut mobilisé dans un régiment d’artillerie.
Membre du Parti socialiste SFIO, Bouvier en demeura membre jusqu’en 1938. Irrité par les dissensions internes, « j’ai préféré reprendre ma liberté » tout en restant membre de la Ligue des droits de l’Homme.
Bouvier épousa exclusivement civilement en septembre 1932 à Romans une employée de bureau qui cessa de travailler après son mariage. Leurs trois enfants ne reçurent aucun sacrement religieux.
Bouvier, après sa démobilisation, en juillet 1940, fut déplacé à Voglans (Savoie) où il devint secrétaire de mairie. Il rendit des services aux résistants de la région. Il resta dans le village jusqu’à sa retraite, animant l’amicale laïque.
Bouvier fut le responsable de la commission de « défense laïque » de la section départementale du SNI de Savoie de 1944 à 1949. Il entra en conflit avec le secrétaire de la section du syndicat et démissionna ses responsabilités. Il anima la Fédération des œuvres laïques et fut des correspondants départementaux de la Mutuelle assurances automobiles des instituteurs de France. Militant de la mutualité universitaire, il créa l’œuvre des colonies de vacances de l’enseignement public de Savoie et présida la Mutuelle assurance élèves.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article17701, notice BOUVIER Louis, Paul, Joseph par Jacques Girault, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 20 octobre 2008.

Par Jacques Girault

SOURCES : Presse syndicale. — Renseignements fournis par l’intéressé et par Renée Bazile.

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