THIERRY Georges

Par Jacques Girault

Né le 3 mars 1887 à Lyon (VIe arr.), mort le 2 mars 1963 à Orléans (Loiret) ; inspecteur d’académie dans le Loiret ; militant mutualiste.

Fils d’un confiseur, appartenant à une « famille bourgeoise d’idées avancées », selon les termes d’une lettre de recommandation en 1925, Georges Thierry, élève du lycée d’Orléans, obtint le baccalauréat en 1905, une licence et un diplôme d’études supérieures d’Allemand à la Sorbonne en 1910. Reçu à l’agrégation d’Allemand en 1914, nommé professeur au lycée Janson de Sailly à Paris, il s’engagea à la déclaration de guerre dans l’Infanterie et fut interprète jusqu’en 1919. Démobilisé, il fut nommé professeur au lycée de Montauban (Tarn-et-Garonne) avant de faire partie, comme traducteur, de janvier à septembre 1920, de la Mission Nollet à Berlin, mission internationale chargée de surveiller le désarmement de l’armée allemande. Il fut muté en octobre 1923 au lycée de Montluçon (Allier) où il s’était marié en février 1922 avec la fille, sans profession, d’un inspecteur principal de la Compagnie de chemins de fer Paris-Orléans. Le couple eut trois enfants.

Georges Thierry commença une carrière d’inspecteur d’Académie dans le Cantal (1925), en Haute-Vienne (1930) avant d’être nommé dans l’Oise en 1931. Il fut intégré en 1937 dans le Conseil supérieur de l’Instruction publique. Il avait montré pendant ces fonctions une grande capacité d’écoute sous une attitude d’apparence sévère et était apprécié des organisations syndicales.

Divorcé, Georges Thierry se remaria en septembre 1933 à Paris (XIIIeme arr.) avec une maîtresse d’externat divorcée.

Georges Thierry fut mobilisé de septembre à décembre 1939 comme chef de bataillon avant de reprendre ses fonctions d’inspecteur d’Académie en Seine-et-Oise. Il se montra alors soucieux de ses prérogatives. Il en donna des exemples dans une lettre en mai 1941 au Secrétaire d’Etat à l’Éducation nationale et à la Jeunesse, s’étonnant de ne pas avoir été consulté lors de la suspension de trois instituteurs de Draveil pour avoir tenu des « propos communistes » d’autant que la police estimait qu’ils avaient « été l’objet de dénonciations de leurs collègues par “esprit de vengeance“ et il concluait « je suis en présence du fait accompli ». Cette mesure lui paraissait d’autant plus inadmissible qu’après enquête des inspecteurs, il avait demandé en vain la suspension d’un instituteur ivrogne. Il fut peu de temps après remis à la disposition de l’enseignement secondaire après qu’il eut refusé un poste d’inspecteur dans les Vosges. Il retrouva un poste de professeur d’Allemand au lycée Louis le Grand à Paris. En novembre 1944, il demanda sa réintégration comme inspecteur d’Académie.

La section de l’Oise du Syndicat national des instituteurs annonça son retour dans le département. Or la direction de l’enseignement primaire lui fit connaître que son retour dans l’Oise n’aurait pas lieu car il faudrait déplacer l’inspecteur, mis en place par Vichy, mais qui avait entretenu de bons rapports avec des instituteurs résistants. La sanction décidée par la commission d’épuration de l’Oise étant contestée, il fallait donc attendre. Aussi des partisans du retour de l’ancien inspecteur d’Académie se manifestaient-ils entraînant l’hostilité de l’inspecteur en place qui discréditait Thierry, l’accusant notamment d’avoir été avantageusement logé avant 1939 dans une maison appartenant à la ville de Beauvais. D’autre part en Seine-et-Oise, sa réintégration se heurtait à l’opposition de certains instituteurs résistants qui lui reprochaient d’avoir été trop à l’écoute des instructions gouvernementales au début des années 1940. L’Union française universitaire exprima aussi son désaccord pour son retour en Seine-et-Oise alors que des interventions en sa faveur soulignaient « son peu de zèle pour la politique de collaboration ». La commission des réintégrations en octobre 1945 appuya la décision de la réintégrer comme inspecteur d’Académie dans le Loiret où il prit sa retraite en 1950.

Georges Thierry, qui avait manifesté toujours un intérêt pour les organisations mutualistes, fut le premier président de la section de la Marne de la Mutuelle générale de l’Education nationale.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article176857, notice THIERRY Georges par Jacques Girault, version mise en ligne le 19 novembre 2015, dernière modification le 19 novembre 2015.

Par Jacques Girault

SOURCES : Arch. Nat., F17 25541. — Note de -Charlotte Siney.-

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