BOUTRY André [BOUTRY Charles, André]

Par Jacques Girault

Né le 8 mars 1909 à Monétay-sur-Allier (Allier), mort le 20 mars 1999 à Désertines (Allier) ; instituteur, secrétaire de la section de l’Allier du Syndicat national des instituteurs (1944-1945, 1947-1964), maire socialiste de Lurcy-Lévis (Allier, 1971-1983).

André Boutry
André Boutry

Fils d’un facteur-receveur des postes, André Boutry reçut les premiers sacrements catholiques. Élève de l’école primaire supérieure puis de l’École normale d’instituteurs de Moulins (Allier) en 1926-1929, il exerça à Bert, à Saint-Pourçain-sur-Sioule, à Paray-le-Frésil, à Souvigny (1931). Après son mariage religieux avec une institutrice en août 1932 à Lucenay-les-Aix (Nièvre), ils obtinrent un poste double dans une école de hameau (Bloux) puis à l’école principale de Lurcy-Lévis dont il était directeur. Leurs enfants avaient reçu les premiers sacrements catholiques.
L’école primaire, sous son impulsion, devint cours complémentaire en 1936 ; Boutryl en resta directeur, son épouse y enseignant aussi. Mobilisé en septembre 1939, démobilisé en juillet 1940, il fut déplacé d’office à La Chabanne, dans la montagne bourbonnaise, en décembre 1940. Après la guerre, il retrouva son poste au cours complémentaire de Lurcy-Lévis qui comprenait deux classes et trois enseignants (dont son épouse). Il enseignait alors les mathématiques, les sciences et parfois la musique. Il l’occupa jusqu’à sa retraite en 1964 comme directeur du cours complémentaire, devenu collège d’enseignement général, conservant toujours une classe de mathématiques. Outre la qualité du travail scolaire, le ménage organisait des fêtes scolaires et créait une coopérative scolaire. À partir de 1958, reconstruit, l’établissement comprenait aussi des internats.
Membre du Syndicat national des instituteurs depuis son début de carrière, trésorier de la section départementale (1936-1939), Boutry devint à la Libération le secrétaire général (septembre 1944-septembre 1945) puis le trésorier (septembre 1945-septembre 1947), puis à nouveau secrétaire général (1947-1964) de la section départementale du SNI. Il intervint notamment lors du congrès du SNI (22-24 mars 1948) où fut débattue la question de l’affiliation pour approuver l’organisation du référendum et estimer que les luttes syndicales ne devaient pas être soumises à l’ « emprise politique ». Pour les élections du bureau national en 1949, il figurait en treizième position sur la liste « Pour un syndicalisme indépendant et constructif » conduite par Aigueperse. Il ne fut pas élu avec 560 voix (17e,13 élus pour la liste A) lors de la réunion du conseil national, le 27 décembre 1949 qui le désigna comme suppléant pour la commission des conflits.
En outre, Boutry siégea au conseil départemental de l’enseignement primaire (1944-1964), à la Commission administrative paritaire départementale et au Comité technique paritaire. Il était membre suppléant de la commission administrative nationale de la Fédération de l’éducation nationale en 1951-1952. Titulaire en 1953, il participait à la commission pédagogique.
Boutry adhéra au Parti socialiste SFIO en 1934. Il participa à toutes les actions syndicales et notamment à la grève du 30 novembre 1938.
Boutry, responsable local de la section socialiste SFIO, membre de l’amicale laïque et d’autres associations laïques, présidait l’association sportive (football). Conseiller municipal majoritaire (1945-1947) de Lurcy-Lévis, puis minoritaire (1965-1971), élu sur une liste d’Union de la Gauche où les candidats figuraient dans l’ordre alphabétique, il devint maire (1971-1983) à la tête d’une liste d’Union de la Gauche. La liste qu’il conduisait en 1983 eut neuf élus au premier tour mais fut battue, le dimanche suivant. Il y eut dix élus de droite contre neuf de gauche. Il demeura conseiller municipal minoritaire (1983-1989).
Comme maire, Boutry réalisa notamment dans la commune des logements sociaux, l’assainissement, l’adduction d’eau, l’électrification, la création d’une zone artisanale, la transformation de la maison de retraite, des travaux de voirie dans cette vaste commune. Membre du Parti socialiste depuis 1971, il créa divers syndicats intercommunaux (Gestion du collège, broyage des haies et entretien des chemins) et fut le vice-président des syndicats intercommunaux d’adduction d’eau et de l’électrification.
Boutry présida l’association des maires de l’Allier (1977-1983). Délégué départemental de l’éducation nationale à partir de 1964, il siégea au conseil de la Fédération des DDEN (1970-1982), chargé des transports scolaires. Militant de la Libre Pensée et de la Ligue des droits de l’Homme, il présida le comité départemental d’action laïque dans les années 1970.
Veuf depuis 1969, Boutry se remaria religieusement en décembre 1978 dans sa commune avec une assistante sociale. Il mourut à la clinique de Désertines et, totalement athée, fut incinéré.
En 2000, son nom fut donné au collège d’enseignement secondaire de la commune. Dans son discours, Louis Huguet, vice-président du conseil général, qualifiait Boutry de « figure emblématique de la Gauche et du Parti socialiste", de "grand défenseur de la laïcité » qui disait « qu’il revenait à chacun de statuer sur ces grands problèmes que l’école laïque doit aborder sans proposer de solution, ni sectarisme, ni doctrine, ni silence ».

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article17684, notice BOUTRY André [BOUTRY Charles, André] par Jacques Girault, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 28 janvier 2016.

Par Jacques Girault

André Boutry
André Boutry

SOURCES : Presse syndicale. — Renseignements fournis par l’intéressé, par sa veuve et par R. Peronnaud.

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