BOUTONNET André

Par André Balent

Né en 1909 ; professeur d’école normale ; militant syndicaliste dans les Pyrénées-Orientales, secrétaire de la section départementale de la FEN (1953-1967), militant de la LDH.

Né en 1909, professeur de sciences naturelles à l’école normale de Perpignan (de garçons, d’abord, puis de filles - à partir de 1945 et jusque vers 1950, partage des normaliens selon les sexes avec l’école normale de Foix (Ariège) - puis mixte jusqu’à la création de l’IUFM), il était en poste avant la Seconde Guerre mondiale. Son épouse était également professeur dans le même établissement et dans la même discipline. Adhérent du syndicat des professeurs d’école normale de Perpignan (CGT), il fut à ce titre, avant 1939, membre du comité général de la Bourse du Travail de cette ville. André Boutonnet fut prisonnier de guerre entre 1940 et 1945. Le 16 mars 1946, il fut, comme d’autres enseignants des Pyrénées-Orientales, invité à répondre à un questionnaire pour "services rendus à l’Université pendant la captivité".
Après la Libération, Boutonnet fut membre du Syndicat Unique de l’Enseignement (FEN, CGT), particularité des Pyrénées-Orientales (voir Jean Beaussier*, Élise Berjoan*) qui subsista jusqu’au passage de la FEN à l’autonomie. Il y représenta les professeurs des écoles normales au conseil syndical à compter du 9 janvier 1947 et fut secrétaire de la section départementale de la FEN. des Pyrénées-Orientales de 1953 à 1967.
Boutonnet adhérait à la Ligue des droits de l’Homme dont il fut l’un des piliers dans les Pyrénées-Orientales (voir Cyprien Lloansi*). À ce titre, il participa aux élections municipales du 8 mars 1959 à Perpignan. Il fut candidat de la liste de l’Union des forces démocratiques présentée par le PSA, l’UGS, l’Union progressiste et la Ligue des droits de l’homme. Avec 970 voix il se plaça au quatrième rang des candidats de cette liste, derrière René Chauvet. Cette liste avait comme concurrente celles d’Union démocratique de rénovation municipale conduite par Paul Alduy, ex SFIO qui recueillit personnellement 9371 voix, celle de la SFIO dont la tête de liste était le maire sortant, Félix Depardon (4435 voix), la liste du PCF (d’Union ouvrière et démocratique) conduite par Raoul Vignettes, secrétaire fédéral du parti (8074 voix), d’Union républicaine pour le progrès social (parti radical) amenée par l’ex député François Delcos (5 397 voix). Au 2e tour, des listes de l’union des forces démocratiques, du PCF et de la SFIO fusionnèrent, avec, comme tête de liste, le maire sortant. Boutonnet ne fut pas retenu pour le scrutin du 15 mars.
Militant pacifiste et anti-militariste, Boutonnet était à la fois très « laïque », rationaliste et proche des libertaires avec qui il partageait nombre de points de vue. Retraité, il fut, quelques années après 1968, très actif. Personnage pittoresque, présent aux manifestations de l’extrême gauche, il intervenait fréquemment dans les débats du grand ciné-club de Perpignan, les « Amis du Cinéma » qui connut des heures fastes au début des années 1970. Son épouse, également professeur de sciences naturelles à l’école normale de Perpignan, partageait ses convictions. Le couple eut deux enfants nés entre 1945 et 1955. Il disparut discrètement de la scène perpignanaise. Son nom ne figure pas sur les registres de l’état civil de Perpignan.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article17680, notice BOUTONNET André par André Balent, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 24 octobre 2018.

Par André Balent

SOURCES : Arch. dép. Pyrénées-Orientales, 129 W 1. — Archives privées André Balent, notes de Michel Ribera (juillet 1984), ancien dirigeant de la FEN des Pyrénées-Orientales. — L’Action syndicale, hebdomadaire des syndicats confédérés affiliés à la Bourse du Travail de Perpignan (avant 1939). — L’Indépendant, quotidien, Perpignan, 9 et 16 mars 1959. — Souvenirs personnels (André Balent).

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