GANDRIAUX Marcel

Par Daniel Grason

Né le 6 mai 1907 à Saint-Marcel-lès-Chalons (Saône-et-Loire), exécuté le 20 août 1944 dans un fossé du fort de Vincennes (Paris, XIIe arr.) ; cultivateur, gardien de la paix ; résistant chef de groupe d’Honneur de la Police, F.F.I.

Marcel Gandriaux.
Marcel Gandriaux.

Fils d’Étienne et d’Émilie Gandriaux, cultivateurs, Marcel Gandriaux alla à l’école primaire à l’âge de cinq ans, il obtint le CEP à douze ans lors de l’examen passé à Chalon-sur-Saône. Il travailla la terre avec ses parents jusqu’à son départ au service militaire. Le 18 novembre 1927 il fut incorporé au 21ème Régiment d’infanterie, 5ème compagnie à Mayence en Rhénanie, région occupée par l’armée française en application du traité de Versailles. Dès le 20 octobre 1928, toujours sous les drapeaux il postulait à un emploi de gardien de la paix auprès du Préfet de police de Paris et du Colonel commandant le régiment. Le Capitaine de la compagnie appuya sa demande, il écrivit : « Bon soldat, pas de punition, donne satisfaction, libérable dans six mois, avis favorable ». Marcel Gandriaux renouvela sa demande le 29 avril 1929.

Libéré le 16 mai 1929, il regagna Saint-Marcel-lès-Chalons, il débuta le 16 juin 1930 à la Compagnie école. Chaque élève écrivait sa biographie, son parcours, les motivations pour lesquelles il avait postulé. Marcel Gandriaux portait un regard positif sur son service militaire « où on m’a appris la Discipline et les devoirs envers ma Patrie, mes chefs et les camarades ». Il avait acquis une spécialisation dans les Transmissions et avait travaillé en tant que téléphoniste dans un central militaire. Il concluait : « J’ai demandé l’emploi de gardien de la paix pour me créer une situation à l’avenir stable, étant marié aussi pour pouvoir élever ma famille. Et pour faire respecter les lois étant Républicain ».

Il s’était marié le 19 novembre 1929 à Saint-Rémy avec Angèle Musy ; le couple habita au 1 rue Paul Crampel à Paris (XIIe arr.), puis 66 rue de Flandre à Maisons-Alfort. Affecté au commissariat du XIIe arr., il intervenait sur la voie publique, il fut sérieusement touché d’un coup de genou lors d’une interpellation pour des faits de droit commun, il dut être opéré. Il se présenta plusieurs fois au concours de brigadier, fut reçu en 1943. Le commissaire de la voie publique l’apprécia ainsi : « actif, sérieux, il donne satisfaction. Énergique, il a de l’autorité et des aptitudes pour faire un brigadier ».

Le 20 août 1944 vers 8 heures du matin, Marcel Gandriaux, chef de groupe d’Honneur de la Police d’obédience gaulliste prenait le volant de la voiturette du commissariat, il était accompagné de Jacques Lecomte, Camille Gerbaud et André Soladier. Ils se rendaient au 217 rue de Bercy (XIIe arr.), ils devaient arrêter un milicien, des soldats allemands qui logeaient dans un hôtel voisin les arrêtèrent, puis les conduisirent au château de Vincennes. Les allemands les exécutèrent, le 29 août vingt-six corps furent découverts dans un fossé du fort dont ceux des quatre gardiens de la paix du XIIe arr. L’inhumation de Marcel Gandriaux eut lieu le 30 août 1944 dans le carré de corps restitués du cimetière de Maisons-Alfort.

Son nom figure sur la plaque commémorative du commissariat du XIIe arr. 76 avenue Daumesnil « À la mémoire des gardiens de la paix du 12e arr. morts pour la Libération de Paris », sur celles du château de Vincennes, au Musée de la police 4 rue de la Montagne Sainte-Geneviève à Paris (Ve arr.). Marcel Gandriaux fut nommé brigadier au 20 août 1944, et déclaré « Victime du devoir ». Il fut cité à l’Ordre de la Nation (JO du 20 décembre 1944) et décoré de la Légion d’Honneur (JO du 3 janvier 1945). La mention « Mort pour la France » lui était attribuée par le ministère des Anciens combattants le 17 février 1945.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article175774, notice GANDRIAUX Marcel par Daniel Grason, version mise en ligne le 9 novembre 2015, dernière modification le 31 janvier 2019.

Par Daniel Grason

Marcel Gandriaux.
Marcel Gandriaux.

SOURCES : Arch. PPo. KC 21. – SHD, Caen AC 21 P 18881. Bureau Résistance : GR 16 P 241664. – Christian Chevandier, Été 44. L’insurrection des policiers de Paris, Éd. Vendémiaire, 2014. – Site internet GenWeb. — État civil.

PHOTOGRAPHIE : Arch. PPo.

Version imprimable Signaler un complément