BOURDET Claude

Par Gilles Morin

Né le 28 octobre 1909 à Paris, mort le 20 mars 1996 à Paris ; ingénieur puis journaliste, directeur politique de Combat, de l’Observateur, de France-Observateur, de l’hebdomadaire Action ; résistant, membre fondateur du mouvement Combat et du réseau NAP ; membre du Conseil national de la Résistance ; déporté ; député à l’Assemblée consultative provisoire ; dirigeant national des Nouvelles gauches, fondateur du CAGI, secrétaire général de l’Union de la gauche socialiste ; membre du bureau national du Parti socialiste unifié ; conseiller municipal du XIIIe arr. de Paris (1959-1971) ; anticolonialiste ; animateur du Mouvement contre l’Armement atomique.

Claude Bourdet
Claude Bourdet

Claude Bourdet est, selon sa propre formule, « issu d’une famille de la bourgeoisie intellectuelle parisienne et provinciale » (L’aventure incertaine, p. 28). Fils du dramaturge Édouard Bourdet, il était, par lui, héritier d’une longue lignée d’hommes du théâtre parisien. Sa mère, Catherine Pozzi, femme de lettres et poétesse, comptait parmi ses ascendants un sénateur radical de la Dordogne, Jean-Samuel Pozzi, un chef d’entreprise, un chirurgien connu, un pasteur protestant... Cependant, il fut élevé par sa mère et sa grand-mère dans la foi catholique et sa famille maternelle sympathisait avec le mouvement royaliste : il put ainsi lire pendant toute son enfance L’Action française qu’il considérait « comme une sorte de Bible » (p. 28). Il fit ses études au collège de Normandie à Clères (Seine-Inférieure, Seine-Maritime) puis au lycée Hoche de Versailles (Seine-et-Oise).

À l’instar d’une partie de l’élite intellectuelle parisienne de son temps, il bénéficia très tôt d’une culture européenne. Pétri de civilisation britannique depuis son enfance, un séjour en 1928, à Zurich en Suisse allemande, pour suivre des cours de l’École polytechnique, le conduisit à reconsidérer ses préjugés envers les juifs et sa haine de l’Allemagne. Un voyage à Vienne en 1933, le conduisit à rompre définitivement avec l’esprit ligueur. La montée du nazisme en Allemagne en fit bientôt un antifasciste convaincu et militant Il devint un « européen libéral teinté de progressisme » qui épousa, le 24 août 1935, une intellectuelle d’origine russe, Ida Adamoff avec laquelle il eut trois enfants.

Ingénieur diplômé de l’école polytechnique de Zurich, il abandonna la carrière industrielle à laquelle sa famille le destinait et débuta dans le journalisme. De 1933 à 1939, il collabora à divers périodiques, l’Illustration, Vu, Marianne et Esprit, La Revue des deux Mondes, Le voltigeur, etc. Il se rapprocha du catholicisme social en soutenant Maritain qui tentait d’aider les républicains catholiques espagnols et fut secrétaire du Comité pour la paix civile et religieuse en Espagne, animé par le Père jésuite Dieuzaide. Il s’engagea aussi dans les Équipes sociales nord-africaines, fondées à l’initiative du professeur Massignon*. Ses références politiques d’alors sont celles des minorités catholiques de gauche soucieuses de rénover la vie politique, celles aussi des « anticonformistes des années trente ». Toutefois, en juin 1936, il entra au cabinet du ministre SFIO de l’Économie nationale Charles Spinasse* qui avait des entrées dans ces milieux et resta au ministère jusqu’à la déclaration de guerre.

Claude Bourdet demeura, jusqu’à la guerre, dans ce milieu de techniciens de gauche en sympathisant avec les idées socialistes, sans cependant s’engager dans une organisation politique.

Mobilisé comme lieutenant d’artillerie, Claude Bourdet vécut les opérations militaires de juin 1940 comme un combat contre le fascisme. Sa division fit retraite jusqu’en Charente ; démobilisé, il refusa la défaite et partit retrouver sa famille dans le Midi. Pour ne pas avoir à retourner au ministère de l’Économie, il prit la direction de l’entreprise d’un de ses amis : la Savonnerie-Huilerie La Manda, dans les Alpes-Maritimes.

Entré dans la Résistance dès 1940, en contact avec un des premiers réseaux de l’Intelligence Service, Claude Bourdet fut recruté par Henri Frenay* dans le Mouvement de Libération nationale en janvier 1941. Il devint responsable départemental du MLN, participa aux « Petites Ailes » et fut responsable du journal Vérités. Après la fusion de ce mouvement avec le groupe Liberté pour former Combat à l’automne 1941, toujours responsable départemental des Alpes-Maritimes, il s’efforça de développer des activités de renseignement et de propagande. Au début 1942, il entra au comité directeur de Combat, dont il fut l’un des six dirigeants, et le directeur du journal clandestin du même nom. Il fut bientôt son numéro deux de fait, chargé de remplacer Frenay à la tête de Combat le 17 février 1942, lorsque celui-ci se rendit à Londres. Adoptant le pseudonyme de « Romain », d’« Aubin » ou de « Lorrain », il était « l’intellectuel » de l’équipe, selon Robert Belot. Installé à Lyon en juillet 1942, Bourdet, entré dans la clandestinité, rejoignit Paris et constitua des organismes essentiels de la Résistance pour Combat puis pour les Mouvements Unis de la Résistance (MUR, nés en 1943 de la fusion de Combat, de Libération-Sud et de Franc-Tireur) : le Noyautage des administrations publiques (NAP) qu’il structura selon un plan départemental puis le super NAP. Il remplaça de nouveau Frenay lors d’un deuxième séjour à Londres de « Charvet » à partir du 17 mai 1943, au risque d’être « submergé par la tâche » selon une de ses lettres à Frenay, citée par Robert Belot. Il fut l’un des fondateurs du Conseil national de la Résistance (CNR), où il fut le premier représentant de Combat. Il appuyait aussi les efforts de Frenay pour autonomiser la résistance intérieure par rapport au gaullisme et surtout limiter l’influence des partis politiques renaissants afin de permettre la formation de nouvelles formations politiques « débarrassées des tares des anciennes ». Il s’opposa violemment à la reconnaissance des partis (« les fossiles » selon lui) dans le CNR, puis participa à la fondation du Mouvement de Libération nationale qui visait à prolonger le rôle des mouvements de résistance après la Libération. Mais, arrêté le 24 mars 1944 par la gestapo, torturé, emprisonné à Fresnes, il était alors déporté à Neuengamme, puis à Oranienburg et enfin à Buchenwald (Allemagne). Libéré en avril 1945, il fut fait compagnon de la Libération en octobre 1945.

De retour en France, Claude Bourdet assuma des responsabilités politiques importantes : vice-président de l’Assemblée consultative, il présenta avec Vincent Auriol* l’amendement qui limita la durée de l’Assemblée constituante à élire. Il fut chargé le 25 juin 1945 de la coordination des groupes des mouvements de résistance fondateurs de l’Union démocratique et socialiste de la Résistance (UDSR), il se vit confier la réorganisation de l’information, comme directeur général de la Radiodiffusion française. Puis il s’investit dans la presse écrite, tout d’abord comme directeur de Nice-Matin.

Claude Bourdet revenu de déportation aurait dû devenir un homme clé de la nouvelle République restaurée, comme la plupart de ses compagnons de combat. Mais il était désormais, selon ses propres termes un « contestataire ». Tout au moins c’est ainsi qu’il se vécut, écrivant dans l’Aventure incertaine : « La Résistance a fait de nous tous des contestataires dans tous les sens du terme, vis-à-vis des hommes, comme du système social ». Dans la clandestinité, il avait rêvé à la fondation d’un grand parti socialiste de la Résistance et, après s’être brièvement investi dans la construction de l’UDSR - il fut membre du premier comité directeur en juillet 1945, puis fut tête de liste de la fédération en juin 1946 en Seine-et-Oise pour la deuxième Constituante -, il la quitta lorsque celle-ci s’allia avec le parti radical pour fonder le RGR. Il se lança dans des entreprises nettement plus marginales visant à construire une gauche socialiste. Avec Frenay, Marceau Pivert* et aussi - très brièvement - avec François Mitterrand*, il fonda la revue Socialisme et liberté puis le journal Octobre à l’automne 1946. L’expérience dura jusqu’au début 1947. À la fin de l’année, sur fond de triomphe du RPF aux élections municipales et de début de guerre froide, avec d’autres intellectuels comme David Rousset* et Jean-Paul Sartre*, il fut tenté par l’expérience d’une troisième force entre les deux extrêmes ; mais, déçu par l’alliance jugée politicienne et droitière entre la SFIO, le MRP et les modérés, il soutint l’expérience du Rassemblement démocratique révolutionnaire en jouant de sa renommée de journaliste.

Claude Bourdet était en effet redevenu directeur politique et éditorialiste de Combat, où il succéda à Albert Camus de mai 1947 à 1950. Il y rédigea environ 400 éditoriaux. Il était au sommet de son influence, mais le journal connaissait des difficultés, comme la plupart de la presse issue de la Résistance : il passa de 100 000 lecteurs environ à l’arrivée de Bourdet à 47 000 à son départ. Le financier Henri Smadja, directeur de La presse de Tunisie, ayant acquis la moitié des parts du quotidien, des désaccords se manifestèrent notamment sur les positions anticolonialistes de Bourdet et sur son soutien à la Yougoslavie de Tito. Bourdet comprit qu’il allait perdre son journal et lança un appel aux lecteurs pour la création d’un hebdomadaire dans les numéros des 6 et 9 février 1950. Pour cela, il fut renvoyé le 1er mars 1950, après une réunion des porteurs de parts où Frenay se rangea contre lui. En procès avec Smadja pour rupture abusive de contrat de travail, il perdit en première instance, mais gagna en appel.

Avec l’apport des lecteurs de Combat qui avaient souscrit à son appel, mais aussi de fonds amenés par Roger Stéphane*, Bourdet fonda et devint co-rédacteur en chef de l’Observateur puis de France-Observateur qu’il anima avec Gilles Martinet*. La petite feuille devint assez vite le premier News magazine français, incarnant une position de type neutraliste, refusant tant l’alliance atlantique que le monde communiste. Mais le journal, qui prônait des positions anticolonialistes affirmées, se voulait fidèle à l’union de la gauche et avait parfois du mal à se situer par rapport au bloc soviétique, même s’il rompt des lances avec le PCF sur l’affaire Tito, penchant vers l’anti-américanisme. Il se détacha ainsi de son ami Henri Frenay et de Marceau Pivert. Père fondateur avec eux du Mouvement socialiste pour les États-Unis d’Europe ; il en démissionna dès lors qu’il se transforma en branche du Mouvement européen. Lors de la querelle de la Communauté européenne de défense, il renvoya au président de la République ses décorations, dont celle d’Officier de la Légion d’honneur. Il ne renonça pas à une vision alternative de la construction européenne, comme il le montrera en publiant L’Europe truquée en 1977.

Progressivement, des jeunes et des militants en perte de famille politique, chrétiens et laïcs de gauche, se rapprochèrent de Bourdet et de son hebdomadaire qui fédèrent des hommes, allant des dissidents du trotskisme (Craipeau*, Naville*), aux membres de la Jeune République, en passant par des dissidents communistes (Hespel*, Martinet*, Tafforeau*), socialistes (Dechézelles*, Stibbe*) et même gaullistes (Bridier*). Leur première expression politique fut de présenter des listes aux élections législatives du17 juin 1951 sous l’appellation de « Cartel des gauches indépendantes ». Il fut lui-même tête de liste dans la 2e circonscription de la Seine. L’année suivante, il fédéra, avec l’aide de Jean Arthuys*, Jean Calmejane* puis Jean Risacher* et Colette Audry* des militants dans le Centre d’action des gauches indépendantes (CAGI), premier nom d’une nébuleuse de formations que l’on va prendre l’habitude de qualifier de « Nouvelles gauches », dénomination adoptée officiellement en 1954 qui s’exprimait aussi par le journal Le Libérateur à partir de 1955. Il appartint ensuite à la Commission exécutive des groupements unis de la Nouvelle gauche, fondée le 22 mai 1955, au Conseil national de la Nouvelle gauche, élu au congrès de novembre 1955 et fut secrétaire national de la Nouvelle gauche en mai 1956.

Dans ces années, Claude Bourdet incarna aussi une des figures les plus connues parmi les anticolonialistes. Il dénonça sans relâche les massacres et la répression à Madagascar, la guerre d’Indochine et le trafic des Piastres, la politique colonialiste dans les protectorats du Maroc et de la Tunisie, s’engagea dans divers comités, comme le comité France-Maghreb, signa de multiples pétitions d’intellectuels, participa à des centaines de réunions publiques devant des assistances souvent trop limitées. Surtout, il fut l’un des opposants majeurs à la politique des gouvernements français en Algérie, l’un des premiers à dénoncer l’usage de la torture. Après avoir, dans un article de l’Observateur de décembre 1951, questionné « Y a-t-il une gestapo algérienne ? », il répondit positivement dans France-Observateur le 13 janvier 1955 dans « Votre gestapo d’Algérie », il fut arrêté un an plus tard, le 31 mars 1956 pour un papier « Disponible ; quel sursis ? ». L’émotion fut considérable et il fut rapidement relâché, mais la censure frappa régulièrement son hebdomadaire en Algérie et parfois en France.

En décembre 1957, poursuivant la tentative de rassembler les militants qui refusaient à la fois le communisme et le socialisme incarné par la SFIO, Claude Bourdet fut porté au secrétariat national de l’Union de la gauche socialiste (UGS), véritable creuset politique qui rassemblait la Nouvelle gauche, le Mouvement de Libération du Peuple et la majorité de la Jeune République avec quelques dissidents de la SFIO. Il conserva cette fonction jusqu’au 6 octobre 1958, puis la céda à Gilles Martinet, tout en continuant à siéger au bureau national de l’UGS où il s’occupait de la propagande. Il fut l’un des orateurs les plus courus des Forums de l’Express, initiés en 1958 par les mendésistes. Il y dénonçait, comme dans la presse, la décomposition du régime, l’empiétement du pouvoir militaire et les risques que courait la République. Il fut d’ailleurs l’un des membres fondateurs du Comité de défense antifasciste créé le 11 mars 1958, regroupant des intellectuels et hommes politiques de gauche, devenu Comité de Résistance antifasciste en mai 1958. Mais l’UGS ne put jouer de rôle politique dans l’effondrement effectif du régime à partir du 13 mai. Il défila avec ses camarades dans la manifestation républicaine du 28, fut contre l’investiture du général de Gaulle et le projet constitutionnel. Puis, il participa aux nouvelles tentatives de rassemblement de la gauche non-communiste hostile au régime de la Ve République. Après avoir participé aux premiers conciliabules qui devaient donner naissance au Club Jean Moulin, il fut l’un des fondateurs de l’Union des forces démocratiques, avec Daniel Mayer*, Depreux*, Mendès France*, Mitterrand* et des intellectuels comme Albert Chatelet* et Laurent Schwartz*. Il fut d’ailleurs, sans succès, candidat UGS-UFD aux élections législatives de novembre 1958. Pourtant, tête de liste UFD pour les élections municipales de 1959 dans les 13e et 14e arrondissements de Paris, il fut envoyé siéger au conseil municipal et au conseil général de la Seine par les électeurs du 2e secteur de Paris en mars 1959. Il mena à l’Hôtel de ville une vigoureuse campagne contre la mainmise des promoteurs sur la capitale mais ne se représenta pas en 1971 ne voulant pas participer à la coalition de la gauche parisienne.

Membre fondateur du PSU, né de l’alliance entre le Parti socialiste autonome, l’UGS et le groupe Tribune du Communisme de Jean Poperen*, en avril 1960, il demeura fidèle à cette organisation jusqu’à sa dissolution. Il appartint au bureau national du mouvement jusqu’en 1967. Très vite il s’y retrouva un peu marginalisé. Élu majoritaire en 1961, puis minoritaire de la motion C, à l’issue du Congrès d’Alfortville en janvier 1963, il fut pourtant désigné comme responsable de la commission action internationale le mois suivant. Dans le bureau national, il était aussi chargé de l’action pour la paix. Il présida et anima le Mouvement contre l’armement atomique (MCAA), fondé par lui en 1962, qui prendra par la suite le nom de Mouvement pour le désarmement, la paix, la liberté. Il était par ailleurs vice-président de la Confédération internationale pour le désarmement et la paix. Son pacifisme ne s’appliquait pas aux mouvements nationaux opprimés, il devait être un des animateurs essentiels de la lutte contre la guerre du Vietnam et s’engagea dans le soutien aux Palestiniens et à l’OLP. Il appartenait au Front autogestionnaire en 1978.

Claude Bourdet perdit - par des divergences journalistiques et des querelles internes au PSU - la direction de France-Observateur. Elle fut cédée malgré lui à Jean Daniel qui en fit le Nouvel Observateur. Il devint alors directeur du mensuel l’Action, de 1964 à 1968. À partir de 1967, il fut aussi responsable de la rubrique de politique étrangère de Témoignage chrétien. Ces évolutions, et la rupture avec Gilles Martinet consécutive au rachat de l’Observateur, se traduisirent aussi sur le plan politique interne au PSU. Il fut ainsi l’un des signataires du texte « le parti devant la perspective de la gauche unie » (Tribune socialiste du 27 avril 1967), hostile au rapprochement avec la FGDS pour le congrès de 1967. Pour autant, il entendait que le PSU reste un parti de libre expression et protesta contre l’exclusion de Jean Poperen dans Tribune Socialiste du 11 janvier 1968. Désormais, il occupa une place marginale dans le parti, même s’il le représenta souvent sur des estrades ou comme candidat du « Front autogestionnaire » dans la 6e circonscription du Rhône en 1978. En 1980, Claude Bourdet appartenait toujours à la direction du Parti socialiste unifié. Il poursuivit son combat pour une gauche alternative jusqu’au bout, participant ainsi en 1988 au lancement et à la rédaction de Politis, militant très activement dans l’association France-Palestine, etc.

Claude Bourdet à partir des années soixante-dix entreprit aussi de rédiger des mémoires ou de conter ses combats dans divers ouvrages. En 1975, ce fut la publication de L’Aventure incertaine, dans un contexte de remise en cause du rôle de la Résistance - qu’il défendait naturellement - mais aussi de remise en cause des visions gaullienne et communiste de celle-ci dans lequel il inscrivit son témoignage sur la Résistance et les résistants. Ce texte, de grande qualité littéraire, constituait aussi un document essentiel, sur Compiègne, la déportation, etc. Il y réglait aussi ses comptes avec le marxisme et le PCF, manifestant une attirance répulsion permanente. Un de ses derniers combats fut la défense de la mémoire de Frenay, lorsque Daniel Cordier publia ses ouvrages sur Jean Moulin, mais il dut convenir, in fine, que celui-ci avait pu adopter des positions pro-vichystes au début du conflit.

Figure majeure de la Résistance, puis de la gauche protestataire, Claude Bourdet, intellectuel et militant chrétien engagé, doué d’un charisme indéniable, d’un charme accentué par sa haute et longue figure, un profil aristocratique, bénéficiait d’un talent d’orateur certain. Par la presse, le livre et des milliers de conférences et réunions publiques, il a porté durant quarante années un message d’engagement désintéressé et d’espoir qui lui a valu des amitiés profondes.

Son épouse, Ida Bourdet, née Adamiantz dite Adamoff, à Moscou, le 25 janvier 1910, fut candidate sur la liste du Cartel des gauches indépendantes dans la 5e circonscription de la Seine en juin 1951.

Claude Bourdet était Compagnon de la Libération

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article17552, notice BOURDET Claude par Gilles Morin, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 8 décembre 2008.

Par Gilles Morin

Claude Bourdet
Claude Bourdet

ŒUVRE : Le schisme yougoslave, Édition de Minuit, 1950. — Les chemins de l’unité, Maspero, 1964. — À qui appartient Paris ?, Édition du Seuil, 1972. — L’aventure incertaine, Éditions Stock, 1975 (rééditée en 1998 aux Éditions du Félin). — L’Europe truquée, Éditions Seghers, 1977. — Mes Batailles, Éditions in Fine, 1993.

SOURCES : Arch. Nat., 4AG/68 ; F/1cII/125/A. F/1cII/564 ; fonds Nathan-Murat, attestation, B4. — Le Libérateur, 1954-1956. — Directives, n° 2, 20 janvier 1958. — Tribune socialiste, 2 février 1963, 16 novembre 1963. — Marc Heurgon, Histoire du PSU, Paris, édition de la Découverte, 1994, t. 1, 444 p. — Fichier adhérents de l’UGS. — Claude Bourdet, L’aventure incertaine, Paris, 1975. — H. Coston, Dictionnaire de la politique française, Paris, 1967. — J. F. Kesler, De la gauche dissidente au Nouveau parti socialiste, Toulouse, Privat, 1990. — Dictionnaire historique de la vie politique française au XXe siècle, sous la direction de J. F. Sirinelli, Paris, PUF, 1995, notice de G. Morin. — M. et J.P. Cointet, Dictionnaire historique de la France sous l’Occupation, Taillandier, 2000. — Who’s who, 1979-1980.— Philippe Nivet, Dictionnaire des conseillers municipaux de Paris (1944-1977), Annexe à la thèse de doctorat d’histoire contemporaine sur le Conseil municipal de Paris 1944 à 1977, Paris I, 1992.— Gilles Morin, L’opposition socialiste à la guerre d’Algérie, de la SFIO au PSU, histoire d’un courant politique (1954-1960), Paris, Université de Paris 1, 1993. — Olivier Wieviorka, Une certaine idée de la France, Défense de la France, 1940-1949, Paris, Le Seuil, 1995. — Robert Belot, Henri Frenay, de la Résistance à l’Europe, Paris, Le Seuil, 2003. — DBMOF, tome 20, notice de Jean Maitron et Claude Pennetier.

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