BOURDERON Roger [BOURDERON Henri, Roger]

Par Jacques Girault

Né le 31 août 1929 à Boucau (Pyrénées-Atlantiques) ; professeur, universitaire ; militant syndicaliste du SNES, de la FEN et du SNESup, secrétaire administratif (1974-1979) ; conseiller municipal communiste de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) de 1983 à 1995.

Fils d’un ouvrier monteur en chauffage et d’une bonne à tout faire, sympathisants communistes, Roger Bourderon passa sa jeunesse à Paris (XIVe arr.). Il fit néanmoins son année scolaire 1939-1940 à Tarnos (Landes) avant de revenir dans son école de la rue Asseline. Élève du cours complémentaire de la rue Didot, puis du collège Jean-Baptiste Say, il fut reçu à l’École normale d’instituteurs de la Seine (1945-1948) dont la scolarité se déroulait au collège Chaptal. Après avoir obtenu le baccalauréat « philosophie », il prépara à Chaptal l’École normale supérieure de Saint-Cloud où il fut admis en 1950 en section lettres (Histoire- Géographie). Il fut reçu à l’agrégation d’Histoire (1955).

Nommé professeur au lycée du Mans (Sarthe), Bourderon commença son service militaire au Service des essences (septembre 1956). Après avoir été désigné pour suivre les cours des EOR à Tours, quatre mois plus tard, il fut remis, comme deuxième classe, à la disposition de son service d’origine au fort de Noisy-le-Sec, puis à Châlons-sur-Saône, avant d’être envoyé en novembre 1957 près de Blida en Algérie où il resta jusqu’à sa démobilisation en novembre 1958. Il épousa, en décembre 1956 à Paris (XIVe), Denise Laîné, professeur de lettres classiques, membre de la tendance « Unité et Action » du Syndicat national de l’enseignement secondaire.

Professeur aux lycées d’Alès (Gard) de 1958 à 1960, puis de Nîmes (Gard), Bourderon devint assistant (1964) à la Faculté des lettres et sciences humaines et maître-assistant (1970) d’histoire contemporaine à l’Université Paul Valéry de Montpellier. Maître-assistant (1979) puis maître de conférences (1985) à l’Université de Paris VIII-Vincennes puis Saint-Denis (1980), il prit sa retraite en 1989.

Bourderon, en février 1986, fut délégué pendant six mois pour diriger la Bibliothèque marxiste de Paris qui venait de s’installer rue Barrault (XIIIe arrondissement). Il fut mis à la disposition du Conseil général de la Seine-Saint-Denis pour deux années à partir d’octobre 1987 pour assurer la vice-présidence du « Comité Idéaux de 89 en 93 » créé par le Conseil général pour organiser la célébration du Bicentenaire de la Révolution française. Par la suite, jusqu’en juillet 1993, resté vice-président du comité, maintenu pour son activité en direction de la jeunesse du département, il organisa, en 1993, le colloque de Saint-Ouen intitulé « L’an I et l’apprentissage de la démocratie ».

Membre du SNES en 1950, Bourderon, secrétaire adjoint puis secrétaire de la section départementale du Gard de la FEN entre 1962 et 1964, militant de la tendance « Unité et Action », fut suppléant à la commission administrative nationale de la Fédération de l’éducation nationale de 1962 à 1964. Secrétaire de la section du Syndicat national de l’enseignement supérieur de la faculté des Lettres au titre de la tendance « Action syndicale », secrétaire de la section académique du SNESup, il devint membre de la commission administrative nationale du SNESup en 1971. Secrétaire administratif du syndicat en 1975, déchargé de service, il demanda à réintégrer l’Université en 1979. Il fut le rédacteur en chef puis le directeur de publication du bulletin de l’organisation. Il présida la commission des conflits du SNESup de 1979 à 1997.

Bourderon avait adhéré à l’Union de la jeunesse républicaine de France au collège Chaptal vers 1949. Il rejoignit le Parti communiste un an plus tard en classe préparatoire. Entré à l’ENS, il fut le secrétaire de la cellule étudiante (1951-1953). Au Mans, membre de la cellule du lycée, il militait à la demande de la fédération communiste dans le Mouvement de la Paix contre la guerre d’Algérie. À Nîmes où il habita de 1960 à 1976, membre de la cellule du lycée, puis d’une cellule locale, membre d’un des comités de section, il fut élu lors de la conférence de la fédération communiste, le 3 juin 1962 membre du comité fédéral et ne fut pas proposé l’année suivante. Il était le responsable de l’Université nouvelle. De 1975 à 1985, il assura des cours d’histoire à l’école centrale du PCF. D’octobre 1975 à octobre 1982, il assura la responsabilité de la rubrique « Histoire » de l’Humanité. En désaccord avec les nouveaux responsables culturels du journal à la suite de Michel Cardoze, il cessa d’y collaborer. Il fut membre d’une cellule communiste de l’Université de Paris VIII et à partir de 1980, membre du comité de la section Nord de Saint-Denis, puis membre du comité de la fédération communiste de Seine-Saint-Denis (1982-1990). En 1984, il avait notamment participé à l’animation du comité de rédaction du « Journal de la Libération » pendant treize numéros de l’hebdomadaire communiste Révolution, qui fut édité. Il militait alors dans la cellule de l’université jusqu’à sa disparition en 1994, année où il cessa d’appartenir au PCF.

En 1983, à la demande du maire Marcelin Bertelot qui souhaitait qu’un universitaire soit conseiller municipal, Bourderon fut élu au conseil municipal de Saint-Denis. Réélu en 1989, il demanda à ne pas être reconduit en 1995 dans ces responsabilités en raison notamment de sa résidence parisienne et de sa situation de retraité qui l’éloignait de l’Université. Pendant ces deux mandats, son activité se consacra aux aspects culturels et historiques. Il dirigea avec l’archiviste Pierre de Peretti une Histoire de Saint-Denis aux éditions Privat (1988). Il présida le comité local du bicentenaire de la Révolution française (programme culturel, colloque « Saint-Denis ou le jugement dernier des rois » dont les actes furent publiés, exposition « Franciade sur scène). En outre, il assura la direction historique de l’exposition « Saint-Denis, 1940-1944 » en 1994. Après ces deux mandats, il dirigea le Journal de Saint-Denis, hebdomadaire d’informations locales (octobre 1995-septembre 2003).

Bourderon participa aux débuts du mouvement « Refondations » et à la brève « Coordination communiste démocratique en Seine-Saint-Denis ». De novembre 1992 à 2000, il fut membre du comité de rédaction de la lettre mensuelle Futurs. Refonder une identité communiste, devenue hebdomadaire Futurs-communiste autrement en mars 1995, enfin mensuel à partir de l’automne 1999. Il collabora au mensuel Regards (mai 2000-octobre 2004) et assura la présidence de l’association Regards des amis. En janvier 2004, il était à nouveau membre du comité de rédaction du nouveau Regards qui reparaissait sous l’égide d’une société coopérative ouvrière de production.

Roger Bourderon participait au travail des historiens membres du PCF dans le cadre de l’Institut Maurice Thorez, devenu Institut de recherches marxistes. Membre du comité de rédaction des Cahiers d’histoire de l’Institut Maurice Thorez (janvier 1975), puis des Cahiers d’Histoire de l’Institut de recherches marxistes à partir de septembre 1980, il en devint le rédacteur en chef (juillet 1981-juillet 1995), puis co-rédacteur en chef à partir d’octobre 1995. Il conserva cette responsabilité dans la transformation de la revue en Cahiers d’histoire- revue d’histoire critique (juillet 1996-juillet 1998).

Roger Bourderon, qui avait commencé à travailler dans le cadre d’une thèse sur la Compagnie des mines de La Grand-Combe, participait, depuis le milieu des années 1960, au Comité d’histoire de la Seconde Guerre mondiale. Membre du comité départemental du Gard, il écrivit son premier article dans la Revue d’histoire de la Deuxième Guerre mondiale en 1970. Henri Michel, son directeur, lui demanda un ouvrage sur le Languedoc pour la collection « Libération de la France » qu’il dirigeait. Désormais Bourderon axa son activité historique sur cette période.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article17549, notice BOURDERON Roger [BOURDERON Henri, Roger] par Jacques Girault, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 12 novembre 2018.

Par Jacques Girault

OEUVRE : Libération du Languedoc méditerranéen, Paris, Hachette Littérature, collection « La Libération de la France » dirigée par Henri Michel, 1974.
Le fascisme, idéologie et pratiques ; essai d’analyse comparée, Paris, Éditions Sociales, 1979.
La France dans la tourmente, 1939-1944 (en collaboration avec Ger-maine Willard), Paris, Éditions Sociales, 1982.
Politzer contre le nazisme - Écrits clandestins, février 1941, Paris, Messidor-Éditions sociales, 1984.
« Les maquis FTP », in Colloque sur les maquis, Actes du colloque de l’École militaire, 1984, Paris, Fondation pour les études de défense nationale et Institut d’histoire des conflits contemporains, 1985.
Détruire le PCF - 40-44,Archives de l’État français et de l’occupant hitlérien (en collaboration avec Ivan Avakoumovitch), Paris, Messidor-Éditions Sociales, 1988.
Saint-Denis ou le jugement dernier des rois, Actes du colloque de Saint-Denis, 1989 (direction d’ouvrage), Saint-Denis, PSD, 1993.
Libération de Paris:les cent documents (en collaboration avec Henri Roi-Tanguy), préface de Jacques Chaban-Delmas, Paris, Hachette-Pluriel, 1994.
L’an I et l’apprentissage de la démocratie, Actes du colloque de Saint-Ouen, 1993 (direction d’ouvrage), Saint-Denis, PSD, juin 1995.
« Le PCF dans la lutte armée : conceptions et organisations », in La Résistance et les Français - Lutte armée et maquis, Actes du colloque international de Besançon de 1995, sous la direction de François Marcot, Besançon, Annales littéraires de l’université de Franche-Comté, décembre 1996.
« Ma quarantaine en l’an quarante », in Les engagements d’Aragon, Actes du colloque de Villetaneuse, Itinéraires et Contacts de cultures, volume 23-24, Paris, l’Harmattan-Université Paris 13, 1997.
Histoire de Saint-Denis (direction d’ouvrage et chap. 12, « La renais-sance, 1944-1970 » ; chap. 13 « Faire face, 1971-1989 »),Toulouse 1988, Privat, 2° édition revue et augmentée, 1997. — La négociation. Été 1940. Crise au PCF, 2001, Syllepse. — La guerre d’Espagne – l’histoire, les lendemains, la mémoire, Tallandier, 2007

SOURCES : Archives du comité national du Parti communiste français. — Presse nationale et syndicale. — Renseignements fournis par l’intéressé.

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