EUCHER-LAHON Jean

Par Jean-Claude Malé

Né le 17 janvier 1886 à Limendous (Basses-Pyrénées/Pyrénées Atlantiques), disparu le 19 août 1944 à Pau (Basses-Pyrénées/Pyrénées Atlantiques) ; instituteur dans les Basses-Pyrénées ; militant laïque ; résistant Combat-AS dans les Basses-Pyrénées.

Fils d’un cultivateur, Jean Eucher-Lahon entra à l’École normale d’instituteurs de Lescar en octobre 1902. Nommé instituteur à Bentayou en 1906, puis à Hasparren en 1907, il s’y maria, le 29 mars 1910, avec Maria Yraguy, fille d’un négociant en vins. Instituteur à Labastide-Clairence en 1912, il y enseigna pendant dix ans et fut secrétaire de mairie. Il y mena une lutte quotidienne pour le maintien et le développement de l’école laïque. Il n’avait que 5 élèves au début alors que l’école religieuse était florissante. À son départ en 1922, 30 élèves, étaient inscrits à l’école laïque.
En 1911, des poursuites furent engagées contre un instituteur sous prétexte d’une légère correction appliqué à un élève. Cet instituteur était socialiste, ce que ne pouvait accepter Joseph Garat député qui le fit traduire en correctionnelle. L’inspecteur primaire appuya cette conjuration et demanda aux maîtres de l’arrondissement de signer une note contre l’instituteur et de la faire connaître. Eucher-Lahon l’arrêta et expliqua publiquement les raisons de son geste en prenant un gros risque face à son inspecteur et au député tout puissant sur les nominations.
Au début de 1913, il s’affilia à la Franc-Maçonnerie (Loge La Zélée) où il fut accueilli avec enthousiasme. Il y apporta un concours constant, notamment en 1914-1918. N’étant pas mobilisé car père de cinq enfants, il occupa les fonctions d’hospitalier. Le 28 octobre 1941, en poste à Mousserolles, il fut suspendu comme franc-maçon par le gouvernement de Vichy. Dans son jardin furent brûlées les archives de l’Atelier. Il se retira dans une petite propriété à Lahonce.

En 1944, il fut appelé par son gendre, Daniel Argote, responsable de l’AS d’Orthez. Il participa au transport et à la répartition d’armes et de munitions. Responsable de l’écoute des messages radio, il capta une annonce de parachutage pour le 8 août qui fut remis au lendemain. Le 10 août Daniel Argote fut tué par les Allemands dans un guet-apens, en essayant de rallier des soldats polonais, en contact avec Henri Germain Edelsbourg . Euger-Lahon, arrêté chez Argote, fut enfermé à Orthez puis à Pau, dans les caves du casino avec huit autres résistants. Six ont disparu - dont Euger-Lahon - lors de la retraite des SS, les derniers à quitter Pau.
La famille ignora jusqu’en 2013 ce qu’il était devenu après son arrestation. Le témoignage d’André Latusque, son codétenu, révéla la vérité. Il fut considéré comme "disparu" à l’état civil de Pau le 19 août 1944, mais sur le registre de naissance de Limendous fut reportée la date du 13 août.
Homologué DIR-RIF.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article175249, notice EUCHER-LAHON Jean par Jean-Claude Malé, version mise en ligne le 1er septembre 2015, dernière modification le 20 décembre 2018.

Par Jean-Claude Malé

Iconographie : Instituteur et sa classe de Mousseroles en 1937
Portrait en 1944

SOURCES : Service historique de la Défense, Vincennes GR 16 P 212635 (à consulter). — Renseignements extraits d’un texte maçonnique communiqué par son petit fils, Guy Argote. — Mémoire des Hommes. — MémorialGenWeb.

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