BOUBILA Charles, Jean

Par André Balent

Né le 30 décembre 1926 à Sabarat (Ariège), marchand de bestiaux ; exécuté sommairement par les Allemands (division Das Reich le 10 juin 1944 à Martres-Tolosane (Haute-Garonne) ; victime civile.

Charles Boubila habitait un village du piémont de la chaîne pré-pyrénéenne du Plantaurel, dans la vallée de l’Arize, affluent de l’Ariège. Le 10 juin 1944, ses activités professionnelles l’avaient amené à de déplacer dans les environs de Saint-Girons (Ariège), plus précisément à Mercenac.

Charles Boubila fut une des victimes civiles ariégeoises de la vaste opération de « nettoyage » entreprise par la division SS Das Reich. Dépêchés à partir du 9 juin, depuis leurs cantonnements des villages et bourgs des environs de Toulouse, des éléments de la 2 SS Panzer « Das Reich » entreprirent de neutraliser les maquis qui menaçaient leurs lignes arrière après le débarquement du 6 juin et en prévision d’une seconde opération amphibie des Alliés en Méditerranée. Ils étaient aussi décidés à intimider par une répression féroce des populations civiles soupçonnées d’aider les « terroristes ». Un détachement de la division Das Reich massacra d’abord vingt-sept civils à Marsoulas (Haute-Garonne) avant de se diriger vers Betchat (Ariège) tout proche et les villages voisins (Fabas, Mercenac, …).

Ce fut au cours de cette opération de la division SS que Charles Boubila fut arrêté le 10 juin 1944 « près de Saint-Girons » (Penaud, op.cit., p. 386). Claude Delpla (notes manuscrites) précise qu’il se rendait à Saint-Girons en camion avec Valentin Lafitte, marchand de bestiaux à Sabarat, afin d’amener du ravitaillement. Roger Prost (op. cit., 1994, p. 406) précise qu’il allait avec Laffite, réfractaire du STO, chez la famille de ce dernier à Mercenac (Ariège). Ils tombèrent sur une embuscade des Allemands de la Das Reich à la recherche du maquis de Betchat dont ils furent pris pour des membres (ou, selon Roger Prost sur un groupe de policiers allemands de Saint-Girons, Ariège, agissant de concert avec ceux de la Das Reich auxquels ils les auraient remis ainsi qu’un troisième individu dont on ignorait l’identité ?). Boubila conduisait un véhicule qui appartenait à son compagnon, Valentin Laffite. Ils furent amenés, en fin d’après-midi, à Martres-Tolosane où se regroupèrent, le soir du 10 juin, les divers détachements du régiment Deutschland de la division Das Reich. Michel Goubet (op. cit. fait également intervenir un groupe de militaires allemands venus de Saint-Girons (Ariège), accompagnés de policiers de la Sipo-Sd et de la Milice de cette ville. Il a expliqué par ailleurs que les fusillés de Pentens à Martres-Tolosane, y ont été amenés dans la camionnette qu’ils réquisitionnèrent, après avoir arrêtés, Vincent Laffite et Charles Boubila. Quoiqu’il en soit, ils furent fusillés par des éléments de la 10e compagnie du régiment Deutschland de la 2 SS Panzer Division Das Reich commandés par le lieutenant Gross (Penaud, op. cit., p. 386).

Charles Boubila fut abattu avec six autres résistants ou civils (Valentin Lafitte, Joseph Roumens, Claude Salmon, Stanislas Dudkowski, Aimé, Désiré Loubon, et un inconnu) à Pentens, dans les bois de Martres-Tolosane, à la limite de la commune de Boussens .Les corps furent découverts le lendemain vers 17 heures. Une stèle fut élevée à Pentens afin de perpétuer leur mémoire.

Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Sabarat (Ariège).

Voir Martres-Tolosane (Haute-Garonne), 10 juin 1944

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article175002, notice BOUBILA Charles, Jean par André Balent, version mise en ligne le 12 août 2015, dernière modification le 20 octobre 2019.

Par André Balent

SOURCES : Arch. dép. Ariège, 64 J 23, fonds Claude Delpla, diverses notes manuscrites de Claude Delpla, d’après des archives et des témoignages. — Michel Goubet, « La répression allemande et milicienne dans la vallée du Salat et aux alentours. 10 et 11 juin 1944 » in La résistance en Haute-Garonne, CDROM, Paris, AERI (Association pour des études sur la résistance intérieure), 2009. — Guy Penaud, La « Das Reich » 2e SS Panzer Division, préface d’Yves Guéna, introduction de Roger Ranoux, Périgueux, La Lauze, 2e édition, 2005, 558 p. p. 386, p. 521. — Roger Prost, « En Comminges sous l’occupation. Événements après le 6 juin", Revue du Comminges, Revue d’histoire, d’archéologie et de sciences naturelles du Comminges et des Pyrénées centrales bulletin de la Société des études du Comminges à Saint-Gaudens et de l’Académie Julien Sacaze à Bagnères-de-Luchon, 109, 1994, pp. 404-443 [pp. 406-407]— Site MemorialGenWeb.consulté le 12 juillet 2019. — Notes de Jean-Pierre Besse.

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