SÉGUÉLA Roseline épouse TOURNIL

Par Jacques Girault

Née le 29 octobre 1943 au Fossat (Ariège) ; institutrice en Ariège ; militante du SNI ; militante du PCF, maire de Laroque d’Olmes, puis conseillère municipale de Lavelanet.

Roseline Tournil (devant) lors d’un repas collectif en 1970
Roseline Tournil (devant) lors d’un repas collectif en 1970
organisé par la municipalité de Laroque d’Olmes à l’occasion de la réception de sportifs des démocraties populaires.

Ses parents, cultivateurs (métayers) installés près de Lavelanet en 1949, devenus commerçants en 1961, eurent deux garçons, futurs militants communistes, dont Gilbert Séguéla*, et une fille. Militant de la Confédération générale agricole, son père, fils d’une victime lors de combats de Verdun, adhéra au Parti communiste français en 1947. Sa famille maternelle était de culture protestante. Bien qu’athées, ses parents la firent baptisée au temple. Elle fit sa communion « pour faire plaisir à ma grand-mère que j’adorais ».

Roseline Séguéla, élève du cours complémentaire de Lavelanet, entra à l’Ecole normale d’institutrices de Foix en 1960. Après une année comme étudiante à la Faculté des Sciences de Toulouse (Haute-Garonne), elle revint à l’ENI en 1964. Institutrice en classe unique à Orgeix (1965-1966) et à Saint-Julien-de-Gras-Capou (1966-1967), elle obtint un poste à l’école Irène Joliot-Curie de Laroque d’Olmes en 1967 qu’elle dirigea de 1976 à 1990, avant d’obtenir la direction de l’école George Sand à Lavelanet jusqu’en 1994. Elle abandonna cette responsabilité pour protester contre la fermeture de cinq classes à Lavelanet « malgré une action forte des enseignants, des parents d’élèves et de la Fédération syndicale unitaire. Le Syndicat des enseignants (FEN) ne soutint pas notre mouvement. » Titulaire remplaçante (1994-1997), elle prit sa retraite en 1998 après une dernière année comme institutrice à l’école maternelle de Villeneuve d’Olmes.

Membre du Syndicat national des instituteurs, Roseline Séguéla fut membre du conseil syndical de la section départementale du SNI pour la tendance « Unité et Action », minoritaire, avec Paul Bégou de 1967 à 1970. En 1992, elle participa à la création du SNUIPP en Ariège. Membre du conseil syndical de la section départementale de 1993 à 2000, elle resta syndiquée après sa retraite.

Membre des Jeunesses communistes (1960), militante active de l’Union des étudiants communistes à Toulouse (1963-1964), elle adhéra au PCF en 1964 à Lavelanet. Secrétaire de sa cellule, membre du comité de la section communiste de Lavelanet, elle devint secrétaire de la section communiste de Laroque d’Olmes. Membre du comité de la fédération communiste de 1966 à 1977, elle suivit l’école fédérale d’une semaine à Tarbes (Hautes-Pyrénées) en 1967. Élue au bureau fédéral (1968-1971), elle fut responsable des intellectuels, puis des femmes.

Elle se maria uniquement civilement en juin 1971 à Laroque d’Olmes avec Jean-François Tournil, ouvrier puis artisan carrossier, fils de Républicains espagnols, sympathisant communiste. Ils eurent une fille.

Élue conseillère municipale de Laroque d’Olmes en 1971, Roseline Tournil fut adjointe au maire jusqu’à la dissolution du conseil municipal en 1974 après le refus de voter le budget présenté par le maire Urbain Rouch, ancien communiste, autoritaire. La nouvelle liste de ce dernier comprenant des membres de la droite locale, l’emporta sur celle conduite par Roseline Tournil. Rouch, après sa suspension de 1975, fut remplacé par un conseiller de droite qui termina le mandat. Élue en tête de la liste « d’union de la gauche pour une gestion sociale, humaine et démocratique », à majorité communiste, au deuxième tour des élections municipales de 1977 (957 voix), réélue au premier tour en 1983 (1 014 voix), maire de la commune depuis 1977, elle réalisa, avec son équipe, l’assainissement, la réfection ou l’aménagement de l’éclairage public, de l’église, du stade, des bâtiments scolaires et communaux. Elle créa la zone industrielle du Moulin-d’Enfour, plusieurs lotissements, une école de musique et un centre de loisirs. Comme maire, elle participa aux actions de défense de l’industrie textile locale. En 1982, sa commune fut la première signataire dans le département du contrat de solidarité avec l’Etat discuté avec le syndicat CGT des communaux. Après six mois de maladie, Roseline Tournil démissionna en septembre 1987 de ses fonctions de maire tout en restant conseillère municipale jusqu’en 1995 après sa réélection en 1989. Elle fut candidate au Conseil général dans le canton de Mirepoix en 1982, puis dans l’élection cantonale partielle de 1984.

Habitant avec son mari à Lavelanet, Roseline Tournil, élue conseillère municipale de la commune sur une liste d’union de la gauche conduite par le socialiste Jean-Pierre Bel de 2001 à 2008, fut déléguée à l’action sociale et responsable du Centre communal d’action sociale.

Membre da la section communiste du Pays d’Olmes-Mirepoix, en 2007, elle milita « avec enthousiasme pour la création en Ariège des collectifs antilibéraux (EGAL 09) ». Trésorière du collectif Pays d’Olmes-Mirepoix, elle soutint « l’ouverture à d’autres forces de la gauche antilibérale aux élections législatives de 2007 » et anima les collectifs Front de Gauche. Elle signa dans les années 2000 des pétitions émanant du Front de Gauche et figura parmi les 1 000 premières signataires en 2012 d’un appel « aux parlementaires pour qu’ils votent NON au traité budgétaire », appel initié par le Mouvement politique d’éducation populaire.

Elle militait au Secours populaire depuis 1990 et assura son secrétariat (1991-2001). Par la suite, elle fut active dans le Réseau Education Sans Frontières, action qui prolongeait son rôle dans l’accueil des demandeurs d’asile quand elle était conseillère municipale.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article174633, notice SÉGUÉLA Roseline épouse TOURNIL par Jacques Girault , version mise en ligne le 19 juillet 2015, dernière modification le 19 juillet 2015.

Par Jacques Girault

Roseline Tournil (devant) lors d’un repas collectif en 1970
Roseline Tournil (devant) lors d’un repas collectif en 1970
organisé par la municipalité de Laroque d’Olmes à l’occasion de la réception de sportifs des démocraties populaires.
Roseline Tournil en 1980.
Roseline Tournil en 1980.

SOURCES : Archives du comité national du PCF. — Divers sites Internet. — Presse locale. — Renseignements fournis par l’intéressée.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément