BOUGROS Fernand, Charles

Par Pierre Schill

Né le 4 novembre 1894 à Paris (XIVe arr.), mort le 10 mai 1968 à Romainville (Seine-Saint-Denis) ; employé de commerce à Metz (Moselle) puis à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) et enfin fonctionnaire du ministère du travail ; militant de la SFIO et de la CGT ; secrétaire de la section de la Ligue des droits de l’Homme de Romainville (Seine-Saint-Denis) ; conseiller municipal de Romainville de 1947 à 1959.

Fils de Charles Gabriel, employé de commerce, né en 1858 à Vierzon (Cher) et de Mathilde Marie née Giraudier en 1868, brodeuse, Fernand Bougros était l’aîné d’une famille de cinq enfants dont le père était employé de commerce et la mère institutrice. Il entreprit des études secondaires au lycée Chaptal à Paris où il obtint en 1912 son baccalauréat scientifique. Il commença des études de droit qui furent interrompues par la guerre. Appelé sous les drapeaux en novembre 1914, il ne souhaita pas effectuer de stage d’officier et fut envoyé au front où il participa notamment aux combats de Verdun (Meuse). Il fut démobilisé avec le grade de sergent-major en 1919 après avoir passé plusieurs mois en Sarre car il parlait l’allemand. Il obtint la Croix de guerre et décida de rester en Moselle où il trouva un emploi à la fin de l’année 1919 dans le secteur coopératif. Grâce à ses études juridiques, il fut notamment à l’origine de la constitution de services du contentieux. Son emploi était assimilé à celui d’un employé de commerce.
Fernand Bougros commença à militer à la SFIO alors qu’il était encore lycéen ce qui lui valut d’être renvoyé l’année de son baccalauréat. Il continua à militer au lendemain de la guerre et après le congrès de Tours resta fidèle au parti socialiste
En avril 1921, il était déjà considéré par la police de Metz comme un des membres les plus influents du mouvement ouvrier mosellan. Il créa notamment une section SFIO et devint l’un des membres les plus actifs de la fédération mosellane.
Il fut candidat, en septième position, aux élections législatives du 11 mai 1924 en Moselle sur la liste de l’Entente des gauches. Il obtint 7 857 voix et la liste socialiste une moyenne de 8 138 voix pour 113 434 suffrages exprimés (7,2 %) sur 114 880 votants et 137 994 électeurs inscrits. La liste de l’Union républicaine lorraine (droite) remporta les élections en obtenant une moyenne de 57 620 voix.
Fernand Bougros participa aux congrès confédéral de la CGT d’août 1925 à Paris. Il représentait l’UD de la Moselle.
En mai 1928, suite à la faillite de la coopérative où il travaillait, Fernand Bougros quitta la Moselle et s’installa en région parisienne où il travailla au service du contentieux d’une entreprise de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis). En 1933 ou 1934, il intégra le ministère du travail où il fut affecté au service de l’inspection, d’abord en tant que contrôleur puis en tant qu’inspecteur.
Résidant à Romainville (Seine-Saint-Denis), il milita à la section locale de la SFIO dont il devint vite le principal animateur. Il se présenta, sans succès, aux élections municipales et aux élections cantonales. Fernand Bougros milita aussi à la Fédération ouvrière et paysanne et à la Ligue des droits de l’homme de Romainville. Il joua un rôle actif au sein de l’association humanitaire en s’occupant notamment du secteur de la main-d’œuvre immigrée et c’est à ce titre qu’il fut chargé de l’entraide aux antifascistes allemands fuyant le nazisme.
Fernand Bougros continua à militer au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Il fut élu au conseil municipal de Romainville en 1947 sur la liste SFIO. Réélu en 1953, il fut désigné par le conseil municipal pour le représenter à la commission « habitat » et à la commission paritaire locale. À partir de juin 1954, il fut aussi élu représentant du conseil au conseil d’administration de l’OPHLM de Romainville.
Passionné de littérature et de musique, Fernand Bougros avait assuré la critique théâtrale d’un journal messin.
Candidat socialiste aux élections cantonales de mars 1959 dans le département de la Seine pour le 30e secteur (Noisy-Romainville), il ne fut pas élu.
Fernand Bougros était décoré de la Croix de guerre 1914-1918.
Marié en septembre 1915 à Malakoff (Seine) avec Berthe Emma, née Toulouse, en 1889 à Meuvy (Haute-Marne), il eut huit enfants.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article17462, notice BOUGROS Fernand, Charles par Pierre Schill, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 20 octobre 2008.

Par Pierre Schill

SOURCES : Archives de Paris, V4E 9634. — Arch. Dép. Moselle, 301 M 77. — E.L. Baudon, Les élections en Moselle, 1919-1956, Metz, 1956, 94 p. — Renseignements fournis par les archives municipales de Romainville (Seine-Saint-Denis) et par Yvonne Cauderon née Bougros, sa fille.

ICONOGRAPHIE : Photographie d’une fête champêtre organisée par la SFIO en région parisienne (14 septembre 1930) : Fernand Bougros est le premier adulte de la rangée de droite derrière quatre enfants dont trois des siens (collection personnelle d’Yvonne Cauderon).

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