BOUDOT René

Par Jean-Marie Moine

Né le 6 juin 1907 à Longuyon (Meurthe-et-Moselle), mort le 4 juin 1990 à Longwy (Meurthe-et-Moselle) ; cheminot puis sidérurgiste ; militant de la JOC (1935-1938), permanent régional du MPF (1941-1949) ; militant de la CFTC puis de la CGT, président du cartel intersyndical dans le bassin sidérurgique du Nord de son département (1948) ; administrateur de plusieurs caisses de Sécurité sociale ; militant de l’UGS, du PSU puis du parti socialiste.

Fils d’un fondeur de haut fourneau devenu douanier, il découvrit au Havre, où l’avait conduit la mutation de son père pendant la Première Guerre mondiale, le christianisme. Sa famille n’était pas réellement pratiquante. De retour à Longwy en 1919, il passa son brevet élémentaire et travailla chez un huissier avant d’entrer comme employé à la Compagnie de l’Est en 1925. Il fréquenta un cercle ACJF et lors de son service militaire à Amiens en 1928-1929, il devint le responsable d’un cercle catholique de soldats. À partir de 1935, il implanta la JOC dans le Pays-Haut, avec l’appui d’un responsable de celle-ci : Marcel Montcel. Membre du syndicat CFTC des cheminots, il organisa la CFTC dans la sidérurgie du bassin de Longwy au temps du Front populaire. En 1938, marié et père de deux enfants (il en aura huit), il se désengagea de la JOC et s’occupa de la LOC qui la prolongeait pour les adultes.

Fait prisonnier en 1940, libéré en 1942, il devint permanent national et responsable régional du Mouvement populaire des familles. C’est à l’occasion de ses passages à Paris qu’il approcha le groupe Économie et Humanisme du père Lebret. Sous son impulsion le MPF connut un large développement en Lorraine où il organisa des campagnes sur le logement ou le pouvoir d’achat de la classe ouvrière. Lors des grandes grèves de septembre 1948, il présida le cartel intersyndical regroupant CGT, CFTC et MPF. Étroitement associé à l’expérience de prêtres ouvriers, Boudot démissionna du MPF en 1949 et, faute de pouvoir réintégrer la SNCF, entra comme magasinier dans une usine sidérurgique où il resta jusqu’à sa pré-retraite en 1968. Il adhéra à la CGT dont il demeura un militant de base (délégué du personnel). En 1952, il participa au Congrès des peuples pour la paix, à Vienne (Autriche).

La Sécurité sociale lui permit de donner une autre dimension à son action militante. Il fut administrateur de la Caisse primaire de Longwy, de la Caisse régionale du Nord-Est, de l’URCSSAF et surtout de la Caisse des Allocations familiales de Meurthe-et-Moselle pendant une trentaine d’années.

D’abord proche du MRP, candidat dissident de celui-ci avec l’abbé Pierre* en 1952, René Boudot appartint ensuite à l’UGS, au PSU puis au PS. Excellent connaisseur du marxisme sur lequel il a donné des cours, lecteur assidu des Pères de l’Église, il a beaucoup réfléchi sur la théologie du travail. Il mourut en laissant une immense bibliothèque et un exceptionnel fonds d’archives sur le mouvement ouvrier du Pays-Haut rassemblées par un réseau de collecte patiemment organisé.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article17445, notice BOUDOT René par Jean-Marie Moine, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 12 décembre 2008.

Par Jean-Marie Moine

SOURCES : La Lorraine Sociale, 20 août 1938. — Le Réveil Ouvrier, 9 octobre 1948. — J.-F. Grandbastien, « Les débuts du MRP en Meurthe-et-Moselle, 1945-1946 », Annales de l’Est, 1971, 2, pp. 129-156. — Témoignage et archives de l’intéressé. — Jean-Marie Moine, Le Feu sacré, René Boudot (1907-1990). Un militant ouvrier chrétien du Pays-Haut, 1996 (ouvrage en attente de publication). — Note de Et. Kagan.

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