SOUCHEYRE Maurice

Par Jacques Girault

Né le 29 juillet 1929 à Paris (XVe arr.), mort le 16 décembre 2006 à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) ; instituteur ; militant communiste ; adjoint au maire de Saint-Denis, conseiller régional, conseiller général.

Maurice Soucheyre dans les années 1970
Maurice Soucheyre dans les années 1970

Son père, ouvrier devenu contremaître dans une usine d’Aubervilliers, vint habiter à Saint-Denis en 1938 et resta en captivité en Allemagne de l’été 1940 au printemps 1945. Sa mère pendant la guerre aida la Résistance. Maurice Soucheyre reçut les premiers sacrements catholiques. Boursier, il sortit de l’École normale d’instituteurs de Paris-Auteuil en 1949 et devint instituteur à l’école primaire du quartier Pleyel à Saint-Denis. Membre du Syndicat national des instituteurs, il fut le secrétaire de la commission des jeunes de la région parisienne de la FEN-CGT jusqu’en 1954. Après 1954, il continua à militer dans le seul SNI. Il dirigea des colonies de vacances de la ville de Saint-Denis où sa future épouse était monitrice. Il devint en 1960 professeur d’enseignement général des collèges, en poste au collège Marville à Saint-Denis jusqu’en 1965.

Il se maria en mars 1960 à la mairie de Saint-Denis avec une future bibliothécaire à la bibliothèque municipale, fille d’un contrôleur des PTT à Tours (Indre-et-Loire). Le couple eut trois enfants.

Maurice Soucheyre adhéra au Parti communiste français en 1947. Il fut blessé par la police lors d’une manifestation en faveur des époux Rosenberg devant l’ambassade américaine en 1952. Il suivit « avec ardeur » le stage pour les instituteurs communistes organisé en 1955 par le PCF.

Membre du comité de la section communiste de Saint-Denis, il entra au comité de la fédération Seine-Nord-Est en 1956, responsable de l’enfance et des questions scolaires et y resta pendant quatre ans. Il participa à la création d’un comité du Mouvement de la Paix dans le quartier Pleyel. Membre actif de l’Association nationale des élus communistes et républicains, il collabora à sa commission culturelle jusqu’en 1983.

Élu conseiller municipal en 1953, Maurice Soucheyre devint huitième adjoint au maire de Saint-Denis en 1956, responsable de l’enseignement. Il participa à la mise en place et au fonctionnement du réseau scolaire et universitaire de 1953 à 1973. Réélu en 1959 sixième adjoint, responsable de l’enseignement et de l’enfance, il devint premier adjoint au maire en 1965, délégué à l’enseignement et aux affaires culturelles. En 1971, président du groupe communiste dans le conseil municipal, confirmé comme premier adjoint, il fut chargé des affaires communales, de l’enseignement, de la culture et des sports. Il devint en 1971 le vice-président de la Fédération nationale des communes pour la culture. En cours de mandat, en 1973, ses délégations furent modifiées et il eut la responsabilité de l’aménagement et de l’urbanisme. Dans le nouveau mandat en 1977, toujours premier adjoint, il conserva la délégation à l’administration générale complétée par celle de la planification. En 1979, elle se transforma et devint délégation à la planification, à l’urbanisme opérationnel et aux affaires culturelles, délégation reconduite en 1983 et en 1989, ramenée à partir de 1991 au seul domaine de l’aménagement et de l’urbanisme. Il abandonna ces fonctions en 1995.

Dans le cadre de ses responsabilités, il apporta tout le soutien de la municipalité au théâtre Gérard Philipe et sa transformation en centre national d’art dramatique. Il fonda le Festival de Musique de Saint-Denis en 1968 et participa aux créations du conservatoire municipal de musique et de danse, de l’école municipale d’arts plastiques, du cinéma. Il préconisa la création d’un service municipal d’archéologie.

Il décida l’installation du Musée d’Art et d’Histoire dans le Carmel en 1981, favorisant sa relance par des expositions. Il écrivit notamment une introduction au catalogue de l’exposition Paul Eluard en 1982.

Pendant cette période, il présida l’office d’HLM à partir de 1978-1979. Au titre de la municipalité, il fit partie des conseils d’administration des sociétés d’aménagement urbain de cette ville en pleine rénovation où se libéraient divers espaces anciennement industrialisés, notamment la société d’étude de la zone périphérique projetée avec l’arrivée du métro Saint-Denis-Basilique.

Il proposa la création du Centre de promotion du livre pour la jeunesse qui fut à l’origine du Salon du livre et de la presse de jeunesse qu’il présida à sa naissance à Saint-Denis puis joua un rôle actif dans le soutien apporté par le Conseil général après son transfert à Montreuil, en tant que président du centre de promotion du Livre de jeunesse de Seine-Saint-Denis. Il présida l’association « Musique 93 » et fut le vice-président du comité « Idéaux de 89 en 93 ».

Soucheyre fut le suppléant du député communiste Marcelin Berthelot élu en 1968, en 1973 et en 1978 (Pierre Zarka, élu député) dans la deuxième circonscription de Saint-Denis.

Désigné comme conseiller régional en 1986, membre de la commission des affaires culturelles, élu conseiller général en 1988, il devint aussitôt le vice-président du Conseil général, chargé de la jeunesse et des sports, de la culture. A partir de 1992, s’ajoutèrent des questions de l’enseignement supérieur et de la recherche. Dans le cadre de cette dernière responsabilité, il accordait la priorité à l’université de Paris VIII. Soucheyre fut en 1994 le président de la Maison de la Culture de la Seine-Saint-Denis, créée en 1973.

Soucheyre, au cœur des difficultés du PCF en Seine-Saint-Denis, refusa tout soutien au mouvement des « Rénovateurs » autour du maire Patrick Braouezec. En 1994, pour les élections cantonales, il annonça qu’il ne se représenterait pas. Le courant « rénovateur » imposa alors la candidature de Didier Paillard, adjoint au maire comme « candidat d’un large comité de soutien ». Après avoir examiné plusieurs candidatures, y compris celle du secrétaire de la section communiste (Pierre Quay-Thévenon), le PCF demanda à Maurice Soucheyre de reconsidérer sa position et d’être le candidat communiste dans cette élection. Soucheyre, que la presse présentait comme un communiste « orthodoxe », accepta de se représenter, avec le soutien des instances communistes locale, fédérale et nationale. Devancé (20,9 % des suffrages exprimés) au premier tour, il appela à voter pour Didier Paillard (27,7 %) au deuxième tour, et l’année suivante, il mit fin à son mandat électif à Saint-Denis. Après cette période tendue, la détente dans les rapports avec l’ensemble des communistes dionysiens l’emporta. Il prit sa retraite définitive en 1999.

Après avoir été incinéré au crématorium des Joncherolles, il fut enterré au cimetière communal de Saint-Denis. Lors des obsèques, les interventions saluèrent son engagement de communiste dans la lignée des valeurs de la Révolution française, de la Commune de Paris et de la Résistance.

Ses archives furent déposées après son décès aux archives municipales de Saint-Denis.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article173980, notice SOUCHEYRE Maurice par Jacques Girault, version mise en ligne le 15 juin 2015, dernière modification le 26 décembre 2018.

Par Jacques Girault

Maurice Soucheyre dans les années 1970
Maurice Soucheyre dans les années 1970
Maurice Soucheyre lors de sa candidature aux élections cantonales de 1994.
Maurice Soucheyre lors de sa candidature aux élections cantonales de 1994.

SOURCES : Arch. Mun. Saint-Denis, fonds M. Soucheyre, inventaire sur Internet. — Archives du comité national du PCF. — Presse nationale. — Renseignements fournis par Aurélien Soucheyre. — Notes de Gérard Réquigny. — Jacques Marsaud, Passion commune. Secrétaire de mairie en banlieue rouge, Les Éditions de l’Atelier, 2018, p. 88 et suite, p.95-97.

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