PILHES Victor, Apollinaire, Ferdinand

Par Jean Maitron

Né le 11 septembre 1817 à Tarascon (Ariège), mort à l’asile de Charenton le 2 novembre 1879 ; commis-voyageur ; commissaire du Gouvernement provisoire dans l’Ariège ; représentant de l’Ariège à la Législative ; ami de Blanqui et de Proudhon.

coll. Musée d’histoire vivante.
Communiqué par Véronique Fau-Vincenti

Après des études secondaires dans une maison religieuse de Mirepoix, Victor Pilhes entreprit des études de médecine à Toulouse, puis à Paris. Il les abandonna et, en 1842, devint commis-voyageur pour une maison de tissus. Il militait dans les sociétés secrètes républicaines sous la monarchie de juillet. En 1847, avec Proudhon, il tenta vainement de faire paraître le journal Le Peuple. Une amitié de vingt ans devait lier les deux hommes. Pilhes et Chaudey seront d’ailleurs les exécuteurs testamentaires de Proudhon.

En février 1848, avec les hommes de La Réforme, il fut un des acteurs de la révolution qui devait aboutir à la chute de la monarchie. En mars, il signa le manifeste des sociétés secrètes qui demandait la solution de la question sociale par la proclamation du droit au travail, du droit à l’instruction, et par l’établissement de l’enseignement gratuit. Il était membre de la Société Républicaine Centrale de Blanqui. Nommé commissaire du Gouvernement provisoire dans l’Ariège, il s’y heurta à une forte opposition et n’arriva pas à asseoir son autorité. Il ne resta en fonction que du 22 mars au 7 juin. Il échoua aux élections du 23 avril 1848 à la Constituante.

Il fut élu représentant de l’Ariège à la Législative, en 1849. Il participa, dans les bureaux de la Démocratie pacifique de Considerant, à la préparation de l’affaire du 13 juin 1849. Il affirma qu’il avait 10 000 fusils à la disposition des conjurés. Martin Nadaud prétend qu’il ne le vit pas au Conservatoire des Arts et Métiers. Cela ne l’empêcha pas d’être arrêté et d’être condamné, le 13 novembre 1849, par la Haute Cour de Versailles, à la déportation. La peine fut commuée en détention. Il fut successivement enfermé à Doullens, puis à Belle-Île. En 1853, Proudhon obtint qu’il fût transféré à Sainte-Pélagie. Le 25 février 1854, Pilhes bénéficia d’une mesure de grâce.

Il ne cessa cependant de faire figure d’opposant à l’Empire. Dans les premiers jours de janvier 1856, sa présence était signalée à Mulhouse où il faisait du recrutement pour la Marianne. En 1868, il contribuait à la fondation du journal La Démocratie. Il y écrivit quelques articles et s’associa, d’autre part, à l’action de Blanqui. Le 23 janvier 1869, à la veille du plébiscite, il signait un appel conviant les républicains à l’abstention, appel que publia La Démocratie. Le 14 août 1870, il participait avec les blanquistes à la vaine attaque de la caserne des pompiers de la Villette et, le 3 septembre au soir, à la manifestation qui, se dirigeant vers la Bastille, préparait le mouvement et la victoire des républicains le lendemain. Il collabora à La Patrie en danger, quotidien blanquiste, 7 septembre-8 décembre 1870, et signa le 6 septembre 1870 la déclaration tirée en affiche La Patrie en danger, qui commençait par la phrase : « En présence de l’ennemi, plus de partis ni de nuances... » (voir Eudes).

Élu au commandement du 212e bataillon de la garde nationale, Pilhes prit part à la défense de Paris et se battit courageusement à Champigny et à Choisy-le-Roi. Il s’associa, à ses débuts, à l’insurrection de la Commune, mais y participa peu. Il semble qu’il ait été surtout préoccupé par le souci de délivrer Blanqui, condamné à la déportation pour sa participation à la journée du 31 octobre et emprisonné en province. Aussi, peu après le 18 mars, quitta-t-il Paris pour Toulouse en compagnie de Granger pour s’informer du sort de Blanqui.

À la fin de sa vie, sous la présidence de Jules Grévy, Pilhes obtint un petit emploi au palais de l’Élysée. Devenu apoplectique, il fut envoyé aux frais de l’État à l’asile de Charenton où il mourut.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article173938, notice PILHES Victor, Apollinaire, Ferdinand par Jean Maitron, version mise en ligne le 13 juin 2015, dernière modification le 5 août 2019.

Par Jean Maitron

coll. Musée d’histoire vivante.
Communiqué par Véronique Fau-Vincenti

SOURCES : Arch. Nat., BB 21/589 et BB 30/416, P. 1328. — Arch. PPo., fichier alphabétique et B a/1224 (ce dossier porte la mention Pil Victor, né à Aulus, Ariège, en 1828). — Martin Nadaud, Mémoires de Léonard..., édition Follain-Duveau, 1949. — Ph. Morère, Victor Pilhes, Foix, 1924.

ICONOGRAPHIE : Portrait reproduit dans l’ouvrage de Morère.

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