SOMME Joseph, Marie, Martin

Par Jacques Girault

Né le 10 septembre 1905 à Bacourt (Moselle), mort le 2 février 1999 à Poissy (Yvelines) ; instituteur en Moselle ; militant syndicaliste ; militant socialiste.

Fils d’un agent d’assurances qui cultivait aussi une petite exploitation agricole, Joseph Somme reçut une « formation religieuse très poussée ». Plus tard, son comportement à l’égard de la religion se modifia notamment en raison du comportement du clergé mosellan. Après sa scolarité primaire débutée en Allemagne et poursuivie en France dans le secondaire, de 1920 à 1922, il suivit l’école préparatoire à l’école normale selon le système allemand. Entré à l’École normale d’instituteurs de Montigny-les-Metz en 1922, il obtint le brevet supérieur et fut titulaire du certificat d’aptitude pédagogique en 1925. Il effectua son service militaire. Il enseigna à Rosselange à partir de 1927.

Somme se maria religieusement en décembre 1933 à Angevillers (Moselle) avec une institutrice remplaçante originaire de la Haute-Savoie, fille d’un fromager. Après la guerre, elle devint la présidente des amis des Éclaireurs de France. Le couple eut deux enfants qui reçurent les sacrements catholiques.

Somme adhéra à la section du Syndicat national (CGT) en 1927. Il fut secrétaire de la sous-section de Metz dans les années 1930 et membre du conseil syndical de la section départementale du Syndicat national des instituteurs sous le Front populaire qui luttait pour l’introduction des lois laïques en Moselle. Gréviste en février 1934, il fut gréviste le 30 novembre 1938 alors que ses camarades du conseil syndical s’y opposaient. En accord avec les positions pacifistes de la direction nationale du SNI, il approuva la campagne contre la guerre de la fin de 1938. Comprenant la position de [Léon Blum- >16964] concernant la non-intervention pendant la guerre d’Espagne, il participa aux actions syndicales pour aider les Républicains espagnols. Il devint en 1935 un des délégués départementaux de la Mutuelle assurances automobiles des instituteurs de France et conserva cette responsabilité jusqu’à sa retraite en 1964. Membre de la Ligue de l’Enseignement et de la Ligue des droits de l’Homme, il créa une coopérative dans sa classe.

Somme adhéra au Parti socialiste SFIO en 1936 et créa la section socialiste de Rosselange dont il fut le secrétaire. Il vota au premier tour des élections législatives pour le candidat communiste.

Joseph Somme, mobilisé au début de la guerre, fut, après sa démobilisation, expulsé de Moselle par l’occupant allemand. Il ne participa pas à la Résistance.

Après la guerre, Somme retrouva son poste d’instituteur à Rosselange puis fut nommé à Metz-Chambière à la fin des années 1940. Il obtint la direction de l’école de Metz-Saint-Vincent en 1953.

Toujours membre du conseil syndical, responsable de la sous-section de Metz-Campagne, Joseph Somme devint le secrétaire général de la section du SNI le 17 avril 1947 après le décès de Fernand Jobard. Il conserva cette responsabilité jusqu’en mai 1952. En janvier 1948, il devint secrétaire-adjoint de la section départementale de la Fédération de l’Éducation nationale dont Étienne Camy-Peyret était le secrétaire. Le bulletin L’École de France refléta leurs divergences. Il fut assesseur au congrès national du SNI à Paris, le 19 juillet 1950. Il fut membre suppléant de la commission administrative fédérale de 1949 à 1953.

Contrastant avec l’ouverture d’esprit et la modération de Fernand Jobard, Joseph Somme, dont l’anticatholicisme ne faisait que grandir, polémiqua avec les enseignants affiliés au SGEN dans la presse régionale, dans L’École de France et dans les actions engagées. Ses outrances purent blesser les instituteurs croyants jusque dans les années 1960. Pour les jeunes enseignants, il « incarnait la laïcité face au cléricalisme ambiant en Moselle et à l’échelon national (loi Barangé). » (André Prochasson).

Parallèlement depuis 1946, Joseph Somme fut administrateur de la Mutuelle assurances automobiles des instituteurs de France depuis 1946, futur responsable de la section “ßiens et immeubles“.

Toujours socialiste SFIO, Somme était un des responsables des sections de Rosselange puis de Metz.

Retraité en 1964, comme son épouse devenue directrice de l’école maternelle de la rue Saint-Médard à Metz, Joseph Somme alla habiter Nice (Alpes-Maritimes) avec son épouse, où il donna des cours particuliers d’Allemand aux élèves du lycée.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article173481, notice SOMME Joseph, Marie, Martin par Jacques Girault, version mise en ligne le 2 juin 2015, dernière modification le 4 juin 2015.

Par Jacques Girault

SOURCES : Arch. de l’OURS, fédération socialiste SFIO de la Moselle. – Renseignements fournis en 1975. – Presse syndicale. – Notes de Paul Berger et d’André Prochasson.

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