BOSSIÈRE Roger

Par Claude Pennetier

Né le 22 mars 1922 à Mailly-la-Ville (Yonne), mort le 3 août 2006 à Evreux (Eure) ; ajusteur puis technicien ; animateur des Auberges de jeunesses (MIAJ) ; militant syndicaliste révolutionnaire et libertaire.

Fils de cultivateurs devenus épiciers, Roger Bossière assista le 5 mars 1932 aux obsèques de Zéphirin Camélinat dans sa ville natale. Il obtint le CEP, puis le CAP d’ajusteur. Il entra dans la vie professionnelle chez Morane et Saunier à Puteaux (Seine) puis devint technicien.

Très tôt, il fut attiré par l’anarchie et écrivit, sous le nom de Régor, des articles dans Le Révolté, organe de la Fédération nationale des jeunesses libertaires, et dans Terre libre, organe de la Fédération anarchiste de langue française. Il avait symapthisé dès l’vant-guerre avec Maximilien Rubel*.

Pendant l’Occupation avec Jean et Anne Justus, Pavel et Clara Thalman, Maximilien Rubel, il participa à la création du Groupe révolutionnaire prolétarien (GRP), groupe qui publiait un bulletin clandestin : Le Réveil prolétarien. Roger Bossière quitta ce groupe à l’automne 1943 et se rapprocha du mouvement trotskyste. Avec Marcel Pelletier et Raymond Hirzel créa une fraction clandestine opposée à la défense de l’URSS au sein du PCI. qui, en mars 1944, était en cours d’unification. Il représenta le groupe Octobre à la direction régionale parisienne avec Privas (CCI) et Essel (POI) d’avril à juillet 1944, sous le nom de Lever. La fraction prit le nom de « Contre le courant ». Mais au moment de la Libération, Bossière fut exclu pour six mois de la fraction. Il ne participa donc pas à la création de l’Organisation communiste révolutionnaire (OCR) en octobre 1944. Il fut à nouveau admis à l’OCR au printemps 1945. Entre-temps, Marcel Pelletier, Raymond Hirzel et quelques autres scissionnèrent de l’OCR et créèrent le groupe communiste révolutionnaire « Contre le courant », début 1945. L’OCR cessa d’exister au cours de l’année 1946.

Bossière milita à partir de 1947 au Mouvement laïque des Auberges de jeunesse, particulièrement du Mouvement indépendant des auberges de jeunesses (MIAJ), scission libertaire au sein de la Fédération unie des auberges de jeunesse en 1951. Par la suite, il fut membre de groupes ultra-gauche et conseillistes comme le Groupe communiste de conseils. Il fut lié à divers mouvements culturels : Amis d’Istrati, Spartacus, avant de rejoindre en 1974 le noyau de la Révolution prolétarienne. Il adhéra en 1991 à Alternative libertaire et resta un militant très actif jusqu’à fin 2000. Il habitait dans l’Eure mais restait très attaché à sa ville d’origine, Mailly-la-Ville où il participa en 2002 à l’hommage à un autre enfant du pays, le communard, socialiste puis communiste Zéphirin Camélinat, faisant partager au public du banquet sa connaissance des textes et chansons du mouvement ouvrier.

Il s’était marié en janvier 1956 à Boulogne-Billancourt avec Madeline Goëtzmann. Son épouse, secrétaire, partagea son militantisme. C’était « un grand idéaliste bien déçu à la fin de sa vie » écrivit-elle après son décès.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article17342, notice BOSSIÈRE Roger par Claude Pennetier, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 16 juin 2011.

Par Claude Pennetier

SOURCES : Le Monde, 12 août 2006. — Alternative libertaire, octobre 2006. — Lettre de Mme Bossière, Garennes-sur-Eure et note de Roger Bossière, 24 avril 2003. — Note de Sylvain Boulouque.

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