TARDITO Jean, Michel

Par Gérard Leidet

Né le 19 décembre 1933 à La Ciotat (Bouches-du-Rhône) ; militant syndicaliste (SNI puis SNI-PEGC) ; militant communiste ; conseiller général du Canton d’Aubagne (1976-1988) ; maire d’Aubagne (1987-2001) ; député de la 9e circonscription des Bouches-du-Rhône (1988-1998).

Jean Tardito et son épouse

Jean Tardito était l’aîné d’une famille de quatre enfants. Son père, Joseph Tardito, né le 24 février 1906 à La Ciotat, était menuisier ; sa mère, Thérèse Daumas, née le 11 juin 1907 à La Ciotat également, commise lors de sa naissance, devint aide-soignante à l’hôpital de la commune. Ses parents étaient adhérents à la CGT. Après avoir fréquenté l’école communale de La Ciotat puis de Martigues, il termina ses études primaires à l’école d’Etagnac (Charente). Après la guerre, entre 1945 et 1947, il poursuivit sa scolarité au collège de Chasseneuil-sur-Bonnieure (Charente) avant de rejoindre, pour deux nouvelles années, le cours complémentaire de La Ciotat (1947-1949). Jean Tardito entra alors à l’École normale d’instituteurs d’Aix-en-Provence en octobre 1949 (promotion 1949-1953) ; il y côtoya notamment Georges Thorrand*. A la rentrée d’octobre 1952, en quatrième année, stagiaire, il commença des études à la Faculté des Sciences de Marseille. Nommé instituteur en 1953, d’abord à l’école de La Bouilladisse, il enseigna à l’école de Camp-major d’Aubagne à son retour du service militaire, effectué en pleine guerre d’Algérie durant trente mois (septembre 1954-mars 1957). Il devint un peu plus tard professeur d’enseignement général de collège (PEGC), après avoir obtenu le CAP-CEG en 1965, puis professeur certifié avec l’obtention du CAPES interne prolongeant sa licence es-sciences. Il enseignait alors au collège Joliot-Curie d’Aubagne qu’il ne devait quitter qu’à la rentrée scolaire 1987, l’année même de son premier mandat de maire de la commune.

Jean Tardito adhéra, dès son entrée à l’ENI d’Aix, au Syndicat national des instituteurs. Il fit partie de la commission des Jeunes dans laquelle figuraient également Roger Meï et Georges Thorrand qui suivirent un itinéraire militant identique au sien en rejoignant le Parti communiste français puis en étant élus plus tard, respectivement, maires communistes de Gardanne (1977, mandat toujours en cours en 2015) et de Miramas (1977-1989 puis 1995-2001). Il fut tout au long de son parcours d’instituteur membre du conseil syndical de la section départementale du SNI, puis membre du comité départemental de la Fédération de l’Education nationale. Des militants instituteurs de cette période le marquèrent durablement, parmi lesquels Alfred Bizot, Gabriel Vialle*, Jean Briand, Marius Giraud

Sportif pratiquant, Jean Tardito fréquenta l’Union Athlétique de la Vallée de l’Huveaune et le Ski club d’Aubagne. Sur le plan associatif toujours, il eut des responsabilités au bureau de la Maison des jeunes d’Aubagne et à celui de l’Office du tourisme.

Au contact de « militants remarquables », ses convictions politiques s’étaient affirmées et en 1959 Jean Tardito adhéra au PCF. Georges Lazzarino, Roger Donadio, Guy Hermier et Edmond Garcin l’influencèrent durablement. Tardito suivit au début des années 1960 les écoles de formation du Parti : des sessions de trois jours (au niveau de la cellule de quartier) à une semaine (au niveau de la section locale). Il fut par la suite, pendant plusieurs décennies, membre de la section locale du PCF et ce jusqu’en 2014.

En 1965, Jean Tardito fut élu conseiller municipal. Trois listes étaient en présence : “Liste d’Union Républicaine pour Aubagne et son Avenir“ présentée par le PCF (animée par Edmond Garcin, l’historien Lucien Grimaud et Jean Boireaud), “Liste d’Union Républicaine d’Action Sociale et de défense des Intérêts Communaux“ (présentée par l’avocat Yves Chouquet, maire sortant sans étiquette) et la “Liste d’Union Socialiste pour la Défense et l’Expansion d’Aubagne“ (autour d’Henri Gevaudan, candidat de la SFIO). Le 21 mars 1965, Edmond Garcin était élu maire d’Aubagne. Jean Tardito devint très vite son adjoint. Garcin, réélu en mars 1983, présenta sa démission en cours de mandat, le 12 février 1987 ; le conseil municipal procéda à l’élection d’un nouveau maire, Jean Tardito qui succédait ainsi à celui qui représentait l’autorité municipale depuis plus de vingt années. Il fut réélu maire d’Aubagne aux élections de 1989, 1995 et 2001. A ce titre il présida des syndicats intercommunaux, ainsi que des sociétés d’économie mixte, le conseil d’administration du Centre hospitalier d’Aubagne et la mission locale d’insertion des jeunes. Après son élection, les élus aubagnais ne suivirent pas les consignes du Parti et de l’Association nationale des élus communistes et républicains, pour des raisons largement économiques (niveau des dotations d’État et possibilité de développer la Zone industrielle des Paluds). Il s’agissait alors de créer la Communauté de villes “Garlaban-Huveaune- Sainte Baume“ (GHB) qui eut la singularité de regrouper alors cinq communes dirigées par des maires communistes (Aubagne, Auriol, Roquevaire, La Penne-sur-Huveaune et Cuges-les-Pins (sans continuité territoriale) auxquelles viendra s’adjoindre rapidement Saint-Zacharie. La nouvelle Communauté d’agglomération, l’ “Agglo-Pays d’Aubagne et de l’Etoile“ englobera ensuite GHB et la Communauté de communes de “l’Estello et du Merlancon“ (sauf Gréasque). Sous la présidence de Tardito, l’intercommunalité aubagnaise développa quatre domaines exemplaires : les transports, l’agriculture péri-urbaine, la rénovation des noyaux villageois anciens et la démocratie participative.

Entre 1965 et 2008, Jean Tardito représenta la commune d’Aubagne au Syndicat intercommunal de l’Huveaune, qu’il présida de 1971 à 2008. Le but de cet organisme de coopération était de mettre en œuvre des travaux de prévention et de lutte contre les inondations catastrophiques de « ce fleuve côtier capricieux » (qui prend sa source dans le massif de la Sainte-Baume et se jette à Marseille dans la Méditerranée). Ce syndicat regroupait les communes de Marseille, La Penne-sur-Huveaune, et Aubagne. Elargi plus tard à toutes les communes riveraines, il s’attacha à promouvoir la reconquête des berges en direction des loisirs, de la mise en valeur des paysages et de l’environnement.

Jean Tardito devint conseiller général (1976-1988) puis fut élu député de la 9eme circonscription des Bouches-du-Rhône le 12 juin 1988, après avoir affronté, et battu au second tour, le représentant du Front national Ronald Perdomo. Il siégea alors à la Commission des finances de l’Assemblée nationale et au Conseil national des missions locales. Réélu dans cette fonction le 28 mars 1993 et le 1er juin 1997, il annonça le 16 juillet 1998 qu’il remettait son mandat de député des Bouches-du-Rhône afin de se consacrer pleinement à son mandat de maire d’Aubagne. Âgé alors de soixante-quatre ans, Jean Tardito, qui avait été élu pour un troisième mandat en 1997, expliqua qu’il entendait anticiper « dans l’esprit » la future loi sur le cumul des mandats. Une élection législative partielle eut lieu fin septembre au cours de laquelle, Alain Belviso , candidat du PCF, lui succéda pour peu de temps (27 septembre 1998-3 février 1999), avant que la circonscription n’échut à Bernard Deflesselles, candidat UDF-DL.

En septembre 2001, son premier adjoint, Daniel Fontaine, instituteur et membre du PCF qui lui succéda comme maire d’Aubagne, Tardito demeurant néanmoins conseiller municipal jusqu’en 2008. Durant ces années de mandats électifs, il eut comme objectif permanent d’impulser, avec ses équipes successives, le développement économique et urbain, la pérennité de l’agriculture péri-urbaine, la protection des paysages et la mise en valeur du patrimoine culturel et humain : « Avec le souci constant, disait-il, de la place de chacun(e) dans un environnement de progrès humain au sein d’une société équilibrée et pacifique », comme l’indiquent toujours les panneaux d’entrée de ville, “Aubagne ville de paix“, symbole du travail d’éducation à la paix menée dans la commune depuis les années 1980.

En 2015, Jean Tardito était toujours membre de la section départementale du SNUIPP13 et du PCF. Il résidait à Aubagne, route de Lascours. Il avait été nommé Chevalier de la Légion d’honneur en 2002. Il se maria le 15 septembre 1956 à La Ciotat avec Renée Verdier, ancienne directrice d’école primaire. Le couple eut deux filles. Il était officier des Palmes académiques

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article173358, notice TARDITO Jean, Michel par Gérard Leidet, version mise en ligne le 29 mai 2015, dernière modification le 29 octobre 2015.

Par Gérard Leidet

Jean Tardito et son épouse

SOURCES : Arch. com. Aubagne. — Archives de la Fédération des Bouches-du-Rhône du PCF. — Bulletin du syndicat des institutrices et instituteurs des Bouches-du-Rhône, année 1959. –– Les Echos, 16 juillet 1998. — Réponses au questionnaire du militant, 2 février 2015 et 20 mars 2015. — Entretien avec le militant, mars 2015. — Notes de Patrick Magro. — DBMOMS, Notice Edmond Garcin.

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