BOSC Louis, Joseph

Par Jacques Girault

Né le 17 décembre 1873 à Tourves (Var), mort le 7 juin 1962 à La Londe (Var) ; viticulteur ; « socialiste » puis socialiste SFIO ; adjoint au maire, puis maire (1936-1941) puis à nouveau adjoint au maire de La Londe.

Fils d’un cultivateur, d’opinions de gauche, anticlérical, Bosc ne reçut aucun sacrement religieux, mais se maria à l’Église pour respecter les convictions de son épouse. Il effectua son service militaire dans les dragons puis s’installa à La Londe comme viticulteur-propriétaire et s’y maria en janvier 1904.
Mobilisé pendant la guerre au Maroc, Bosc devint conseiller municipal le 30 novembre 1919. Membre de la commission des finances, il obtint quatre voix sur seize votants, le 10 décembre, lors de la désignation des délégués sénatoriaux. Les conseillers de gauche s’étaient ainsi prononcés sur son nom. Candidat cette fois sur la liste « d’Union républicaine et des intérêts locaux », classée à droite par la préfecture, il fut élu, le 3 mai 1925, avec 271 voix sur 545 inscrits. Troisième adjoint, il fut désigné comme délégué sénatorial en décembre 1926. Membre de la Libre Pensée, de la Ligue des Droits de l’Homme, du cercle, il fut aussi membre du conseil d’administration de la coopérative vinicole de 1921 à 1945 environ.
Bosc entra en désaccord avec ses collègues. Le 27 juillet 1928, il proposait qu’une commission soit désignée pour vérifier les états des cotes personnelles mobilières « en vue d’une répartition plus équitable » des impôts. Le maire s’y opposa. Ce conflit fut-il à l’origine de son adhésion à la SFIO qu’il quitta à la fin de 1933 pour le PSDF ?
Candidat sur la liste « socialiste et d’Union des gauches », le 5 mai 1929, Bosc obtint 241 voix sur 605 inscrits et ne fut pas élu. Le 5 mai 1935, il conduisait une liste « d’intérêt communal » qui regroupait des membres des partis de gauche et qui eut dix élus sur vingt-et-un sièges. Il obtenait personnellement 337 voix sur 735 inscrits et était élu. Pour la désignation du troisième adjoint, il obtint dix voix. Son adversaire refusa de siéger. Au deuxième tour, il obtint onze voix et fut élu. Il était membre des commissions des travaux, de l’hygiène et du cimetière. La préfecture le classait comme les autres opposants, parmi les SFIO alors que la presse les donnait, ce qui est plus vraisemblable, comme membres du PSDF. Il dut rejoindre la section SFIO vers 1936.
En septembre 1935, Bosc obtint dix voix lors de la désignation des délégués sénatoriaux. Avec ses camarades, à la plupart des séances du conseil municipal, il s’opposait aux propositions du maire. Ainsi, sa demande de référendum sur la construction de la mairie et de l’hôtel des postes fut-elle refusée en février 1936. Pour protester contre le projet de construction du boulevard de la Mer, le 3 juillet 1936, il démissionna avec les autres minoritaires. Candidat sur la liste se réclamant du Front populaire, le 27 septembre 1936, il fut élu avec 370 voix sur 640 votants. Aux élections générales qui suivirent, le 8 novembre 1936, sa liste « du Front populaire et d’intérêt communal » fut élue et il obtint personnellement 377 voix sur 730 inscrits. Il devint maire de la commune et présida tout particulièrement la commission des travaux. En mai 1938, il participa au congrès de la Fédération SFIO du Var.
Au début de 1941, se posa la question du maintien ou de la dissolution autoritaire du conseil. Le commissaire spécial de Toulon dans son rapport du 18 février, traçait un portrait peu flatteur de Bosc « peu doué au point de vue intellectuel, il passe pour manquer d’énergie, d’autorité et être mené par ses adjoints ». Ce jugement ne semblait pas correspondre à la réalité. Il tenait, en effet, selon le témoignage de Monsieur Abran, la situation de sa commune bien en main. Ambitieux, il fut à l’origine de nombreux travaux qu’il suivait avec compétence. Le conseil fut suspendu à la fin février 1941.
Bosc retrouva le conseil municipal à la Libération et devint premier adjoint, le 28 août 1944. Il dut, comme les autres socialistes, partager le pouvoir avec les communistes à partir d’octobre 1944. Ce partage avec Bartoli* se fit « sans incident » selon Monsieur Abran. Non élu en avril 1945 comme les autres membres de la SFIO, élu en octobre 1947, il devint adjoint au maire. Réélu en octobre 1947, il devint premier adjoint. Réélu en avril 1953, en dernière position, premier adjoint, il participait aux commissions des finances, des travaux, à la commission scolaire et représentait la commune au syndicat des communes du littoral varois. Il ne se représenta pas en 1959.
Marié, sans enfant, il mourut en 1962.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article17330, notice BOSC Louis, Joseph par Jacques Girault, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 1er avril 2016.

Par Jacques Girault

SOURCES : Arch. Dép. Var, 2 M 7.30.2 ; 2 M 7.31.1 ; 2 M 7.32.1 ; 2 M 7.35.3 ; 3 Z 4.19 ; 4 M 50. — Arch. Com. La Londe. — Presse locale. — Renseignements fournis par Monsieur Abran.

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