RONCO Théodore, Pierre (dit Théo)

Par Marc Giovaninetti, Jean-Michel Steiner

Né le 8 mai 1929 à Lorette (Loire), mort le 21 mars 2006 à Toulon (Var) ; ouvrier métallurgiste puis journaliste ; militant du PCF de la Loire, de Paris, puis du Var, secrétaire de la fédération PCF de la Loire puis du Var, envoyé spécial de l’Humanité au Vietnam (1965-1972).

Théo Ronco, reporter au Vietnam en guerre
Théo Ronco, reporter au Vietnam en guerre

Fils d’une famille modeste de la vallée industrielle du Gier, de Charles Ronco, verrier, et de Zélie Berlier, ménagère, Théo Ronco, orphelin de père, se loua comme berger pendant la Seconde guerre mondiale pour aider sa mère. Il devint ensuite ouvrier métallurgiste, comme beaucoup d’habitants de la vallée, travaillant aux ateliers Deville à la Grand-Croix puis aux Forges de Rive-de-Gier (Loire). Militant syndical, il fut sensibilisé aux problèmes coloniaux, milita contre la guerre d’Indochine puis contre celle d’Algérie, ce qui l’amena à adhérer au PCF à 25 ans, en 1954. Il devint alors un des principaux rédacteurs du quotidien Le Patriote de Saint-Étienne.

Membre du bureau de la section de Rive-de-Gier, il fut élu au comité fédéral en 1956, en même temps que membre du bureau départemental des jeunes de l’UJCF. Devenu secrétaire de section, il fut élu au bureau fédéral en 1960 et effectua le stage d’un mois à l’école du parti à Paris. En mai 1962, il devint permanent dans sa fédération, chargé de la formation des jeunes. En mars 1964, il fut candidat du PCF au conseil général dans le canton de Rive-de-Gier, et en mai, il fut promu au secrétariat fédéral comme chargé de la propagande.

Le journaliste autodidacte quitta alors la région, appelé pour un stage à l’Humanité par Étienne Fajon, son directeur. Ce dernier lui proposa en septembre 1965 le poste d’envoyé permanent de l’organe central du PCF au Vietnam. Théo Ronco resta pendant sept ans dans le pays en guerre, prenant de nombreux risques pour assurer ses reportages et secourir les victimes des bombardements américains, et nouant de fidèles relations avec la population.

Rentré à Paris, Théo Ronco devint un membre important de la section de politique extérieure du PCF, spécialisé dans les questions asiatiques, la « coordination des commissions de travail » et les « missions délicates » pour lesquelles était louées, outre son « courage », sa probité et sa grande « discrétion ». Il écrivait toujours occasionnellement des articles sur le Vietnam à destination des revues communistes, notamment pour l’Humanité-Dimanche ou la Nouvelle Critique. Il travaillait alors régulièrement au siège du Colonel Fabien, sous la direction de Jean Kanapa et Jacques Denis. En février-mars 1976, il accompagna le premier comme membre de la délégation française, conduite par Gaston Plissonnier, au XXVe congrès du PCUS à Moscou. Il prépara le voyage au Vietnam de décembre 1977 - janvier 1978 de Raymond Guyot, l’ancien dirigeant de la section internationale et membre du Conseil mondial de la Paix

En novembre 1978, Théo Ronco épousa à La Seyne-sur-Mer Danielle De March (divorcée d’un premier mariage), première secrétaire de la fédération communiste du Var de 1965 à 1994, membre du comité central du Parti communiste français de 1970 à 1996, et bientôt députée européenne. Il s’installa alors avec son épouse à Toulon, et la seconda au secrétariat fédéral du Var. Il intervint dans plusieurs conflits sociaux, notamment pour la défense des chantiers navals.

À partir de 1999, Théo Ronco souffrit des premiers symptômes d’un cancer consécutif à son exposition à l’« agent orange », le défoliant répandu par l’aviation américaine pendant ses années passées au Vietnam. Il avait alors souvent aidé à secourir les victimes de la dioxine qu’il contenait. En juillet 2001, Danielle De March démissionna de toutes les responsabilités politiques et électives qu’elle exerçait encore, pour se consacrer à soigner son mari. Théo Ronco succomba à la maladie en mars 2006. Lors de ses obsèques au funérarium de Cuers, des hommages lui furent rendus par Henri Martin au nom des vétérans du PCF, et par Bernard Barbagelata pour la fédération du Var.

Son épouse se consacra alors à l’écriture, notamment la rédaction de livres autobiographiques, dont deux particulièrement consacrés à Théo Ronco. Elle réunit aussi en un ouvrage tous les articles écrits par son mari lorsqu’il était correspondant au Vietnam entre 1965 et 1972.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article173283, notice RONCO Théodore, Pierre (dit Théo) par Marc Giovaninetti, Jean-Michel Steiner, version mise en ligne le 8 septembre 2015, dernière modification le 8 septembre 2015.

Par Marc Giovaninetti, Jean-Michel Steiner

Théo Ronco, reporter au Vietnam en guerre
Théo Ronco, reporter au Vietnam en guerre

SOURCES : Archives du comité national du PCF. — Archives du PCF aux arch. dép. de Seine-Saint-Denis, 283 J 81. ― Articles de Théo Ronco dans l’Humanité-Dimanche (not. n° 193, novembre 1968, n° 65, juillet 1972, n° 24, novembre 1978), la Nouvelle Critique (not. n° 72, mars 1974). ― José Fort, « Théo Ronco est mort », l’Humanité, v. 24 mars 2006. ― Danielle De March, Cet homme face au soleil, Manugraph, 2005 ; Les Mots de flammes, Transbordeurs, 2008. ― Daniel Durand, président du Centre d’études et de documentation sur l’histoire, la culture et la mémoire du mouvement ouvrier dans la Loire, « La presse quotidienne régionale face à l’avènement du gaullisme », intervention au colloque du 24 janvier 2009, site cedmo42.free.fr. — État civil.

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