SOREL Alfred, Israël

Par Alain Dalançon, Jacques Girault

Né le 11 mai 1931 à Oran (Algérie) ; instituteur en Seine-et-Oise ; militant syndicaliste, membre du BN du SNI puis du SNI-PEGC, membre de la CA puis du BFN de la FEN, responsable national de la tendance « Unité et Action » ; militant du PCF, adjoint au maire d’Argenteuil (Val-d’Oise), conseiller général du Val-d’Oise.

A. Sorel dans sa classe à Houilles en 1951-1952.
A. Sorel dans sa classe à Houilles en 1951-1952.

Son père, originaire de l’Orne, catholique non pratiquant, en conflit avec ses parents, partit pour l’Algérie où il devint agent de police puis gendarme. Sa mère, juive d’origine espagnole, divorcée, mère de deux garçons de son premier mariage, se conformait aux pratiques de sa religion. Avec l’accord de son mari, elle fit circoncire son fils Alfred. Son père critiquait souvent l’attitude méprisante de ses collègues vis-à-vis des « indigènes » qui désignaient affectueusement son garçon comme « le fils du chibani ». Sa mère, comme sa famille, en voulait à la France, surtout après l’abolition du décret Crémieux, et elle considéra le débarquement américain de novembre 1942 comme une libération par rapport au gouvernement du Maréchal Pétain. Elle se félicita de l’engagement de l’un de ses fils dans l’armée d’Afrique.

Ses parents eurent aussi une fille et, malgré leurs ressources modestes, favorisèrent la scolarité de leurs enfants. La famille habitait à Ammi-Moussa, village dépourvu d’électricité et d’eau courante, à 160 kilomètres d’Oran. Alfred Sorel fréquenta son école à classe unique dont l’institutrice le présenta au concours des bourses. Son échec à l’examen du lycée d’Oran fut compensé par sa réussite à celui du collège moderne. Il était encouragé par son oncle, directeur d’école à Tlemcen, qui devint pour lui un modèle. Sa mère vint habiter à Oran pour lui éviter l’internat ou la pension chez un particulier. Puis, son père ayant obtenu sa mutation pour Miliana, il fréquenta son collège où seuls les jeunes européens étaient scolarisés, les élèves « indigènes » fréquentant une école spéciale.

Alfred Sorel fut reçu premier au concours d’entrée à l’École normale d’instituteurs français d’Alger-Bouzareah en 1947. Au bout d’un an, son père, supportant de moins en moins l’atmosphère coloniale, obtint en 1948 sa mutation pour la gendarmerie d’Étampes (Seine-et-Oise). Ses parents s’affirmèrent désormais comme des sympathisants communistes. Refusé à l’ENI de Paris (Auteuil), il fut admis à l’ENI de Versailles (Seine-et-Oise) en 1948. L’année suivante, il découvrit le marxisme en classe de philosophie et devint l’ami de Daniel Renard, élève bachelier du lycée d’Orléans, arrivé en année de formation professionnelle, militant de l’Union de la jeunesse républicaine de France et du Parti communiste français. À son contact, il adhéra au PCF en janvier 1949 et ils fondèrent une cellule à l’ENI, dont il devint le secrétaire en quatrième année, en 1951.

Marqué par sa formation pédagogique, il voulut enseigner aux enfants de la classe ouvrière en milieu urbain. Il exerça comme instituteur à Houilles (Seine-et-Oise) d’octobre 1951 à 1954, puis, à partir de 1955, à l’école neuve Joliot-Curie à Argenteuil, ville à municipalité communiste. Il y resta jusqu’à sa retraite tout en étant détaché comme permanent syndical à partir de 1966.

Il se maria en juillet 1954 à Paris avec Etya Tartakowsky, future professeur agrégée d’histoire. Ils eurent trois enfants et habitèrent jusqu’en 1955 dans le XXe arrondissement de Paris, puis vécurent dans un appartement HLM d’Argenteuil.

Alfred Sorel adhéra au Syndicat national des instituteurs en octobre 1950. En 1952, il participa à une école centrale de la CGT, fut associé à la direction nationale de la FEN-CGT mais dut abandonner le mandat qu’il y détenait dans la région parisienne pour pouvoir continuer à siéger à la commission nationale des jeunes du SNI, Denis Forestier s’étant formellement opposé à cette double responsabilité. Il fut ensuite confirmé régulièrement comme membre de la CNJ où il défendit les revendications des élèves-maîtres.

Il prit part au stage central organisé par le PCF pour les instituteurs communistes en avril 1954, après l’appel du bureau politique à ne militer qu’au SNI. Il approuva sans réserve cette orientation, estimant que ses collègues communistes devaient militer dans leur milieu. Il considérait que l’enseignement primaire devait préparer des enfants du peuple à la poursuite de leurs études. Compte tenu de la forte influence socialiste parmi les instituteurs, il pensait que la lutte parmi eux permettrait de mieux définir la place de l’enseignement dans la société française et de rappeler aux instituteurs communistes qu’il fallait être à la fois instituteurs et communistes.

Encouragé par Georges Fournial, Alfred Sorel commença à militer pour structurer des commissions sur l’enseignement dans les fédérations du PCF de la région parisienne. Il était en même temps secrétaire d’une cellule et du comité de la section communiste d’Houilles jusqu’en 1955, et fit partie du comité de la fédération communiste de Seine-et-Oise à partir de 1959. Il entra au comité de rédaction de la revue L’École et la Nation en 1956, puis fut intégré dans la commission auprès du comité central qui suivait les questions de l’enseignement à partir de 1958. Sur décision du secrétariat du PCF du 23 août 1960, il participa au collectif resserré (six militants) autour de Georges Fournial et de Maurice Perche, qui se transforma en commission (dix militants) « pour suivre le travail parmi des instituteurs » sous la responsabilité de Roland Leroy, et à la commission « pour préparer le travail dans la FEN » décidée par le secrétariat (14 juin 1961). Furent alors organisées des réunions dans toutes les fédérations, avec souvent la présence de Sorel, notamment dans celles où la force relative du PCF parmi les enseignants rendait possible la conquête de la majorité par le courant des « unitaires ». Fournial prenant sa retraite, la direction du PCF décida en septembre 1961, que, pour les prochaines élections au bureau national du SNI, il conduirait la liste des « unitaires ».

Alfred Sorel était déjà bien connu au SNI puisqu’il avait été régulièrement candidat aux élections du BN depuis 1953 et élu en décembre 1959, occupant le cinquième siège détenu par les « ex-cégétistes ». Au conseil national de décembre 1960, par suite d’une absence d’accord en commission, il présenta la motion appelant à voter “non“ au référendum sur l’autodétermination en Algérie (669 mandats, contre 1 123 à la motion majoritaire qui refusait de prendre position). Par ailleurs, il était bien implanté dans son département où, de membre du conseil syndical, il était devenu membre du bureau. Il fut élu en décembre 1961 et reconnu comme leader de la liste des « unitaires » qui conserva ses cinq sièges ; il fut réélu comme tel en 1963 et 1965. Du même coup, il siégea à la commission paritaire centrale à partir des élections de 1965 et à la commission administrative fédérale de la FEN au titre de son syndicat.

Il apparut comme le militant principal du courant « Bouches-du-Rhône » lors du congrès de la FEN en novembre 1961 lors du débat sur l’Algérie. À la motion de la majorité, approuvant la nécessité d’une solution qui maintiendrait une coopération avec la France, le courant « unitaire » opposait une motion favorable à une indépendance sans condition. La direction de la FEN souhaitait une position unanime et Sorel, au terme d’un long débat, parvint à surmonter les réticences de certains délégués de son courant, pour approuver un compromis acceptable.

Jeune militant communiste, investi de la confiance de la direction de son parti, il travailla d’abord dans la continuité de l’orientation des « unitaires » définie après la fin de la FEN-CGT à double affiliation individuelle en 1954, refusant en particulier le système des tendances. L’attestaient les dénominations des listes qu’il conduisit : « Le prestige du SNI dépend d’une orientation correcte et ferme et de la vraie démocratie syndicale » en 1961, puis « Pour un SNI toujours plus uni et plus fort » en 1963 et 1965, obtenant à chaque fois environ 27 % des mandats. Les motions soumises à la discussion des syndiqués avant les congrès annuels émanaient toujours des sections départementales (Bouches-du-Rhône, Marne, Ardèche, Calvados, Hautes-Pyrénées, Côtes-du-Nord…). La liste appelait, en fonction du contexte, à voter pour ou contre le rapport moral d’activité de la direction « autonome », ou bien ne se prononçait pas, en proposant un texte d’analyse.

Ainsi en 1962, alors que s’installait le régime présidentiel avec l’élection du président de République au suffrage universel, Alfred Sorel fut à plusieurs reprises amené à critiquer la direction de son syndicat. Il lui reprochait notamment de ne pas faire l’analyse du régime gaulliste lié au grand capital, tout comme la SFIO, la CGT-FO et la CFTC, et donc, au lieu de « clarifier » les problèmes, « de les obscurcir et de participer plus ou moins directement aux mystifications gaullistes », en particulier la planification et le marché commun. Il écrivit sur ce sujet un article dans L’Ecole libératrice de juin 1962, « Quand les banques gouvernent… », auquel le secrétaire général Pierre Desvalois répondit sous le titre « Procès d’intention ». Avec les quatre autres élus au BN de sa liste, il appela à refuser de voter le rapport moral. Au congrès de juillet de la même année, il dénonça la convergence entre le SNI et le gouvernement sur la réforme de l’enseignement et, tout en se félicitant du développement de la scolarisation dans les collèges d’enseignement général, estimant qu’ils prenaient place dans une réforme opposée au Plan Langevin-Wallon, créant un enseignement court sans perspective. Sorel, dans le même temps, s’inscrivait dans un débat interne au PCF à propos de l’enseignement dont la politique scolaire continuait à privilégier la formation primaire ou héritée du primaire supérieur ou de l’enseignement professionnel et à sous-estimer le secondaire et le supérieur. Cette politique pouvait freiner le développement de la prise en considération des revendications enseignantes dans cette période d’« explosion scolaire ».

En revanche, en 1965, dans le contexte de la candidature unique de la gauche de François Mitterrand à l’élection présidentielle, et du développement des luttes syndicales unitaires qui se concrétisa par l’accord d’unité d’action CGT-CFDT du 10 janvier 1966, il appela à voter pour le rapport moral et même pour la motion d’orientation. Il appréciait aussi positivement les progrès réalisés par le SNI dans le domaine de la formation des maîtres dans l’optique de la réalisation du Plan Langevin-Wallon, avec une première étape à bac+2, sous l’impulsion de Jeanne Lordon pour laquelle il avait beaucoup de considération. Il appelait par ailleurs, comme la CGT, dans le texte pour l’élection au BN, à la participation du SNI à l’élaboration par les « forces démocratiques » d’un « programme commun », « à établir et à promouvoir dans le cadre d’un régime démocratique ».

Puis en 1966 et 1967, la liste fit publier une contribution critique au débat mais sans consigne de vote. Dans ces années, Alfred Sorel fit opérer progressivement un virage visant à organiser et affirmer l’existence d’un courant de pensée au sein du SNI et de la FEN. Il apprit beaucoup de l’expérience dite « hors-tendances » depuis 1960 dans la section du SNI de la Seine-et-Oise, dont il était secrétaire-adjoint, avec son ami et camarade Daniel Renard, secrétaire de la section FEN. Puis il devint secrétaire de la section du Val-d’Oise du SNI à la création du département en 1966. Il ressentait la nécessité d’un réel débat parmi les « unitaires » au cours de ses déplacements dans les départements pour harmoniser les positions avant les congrès nationaux du SNI et de la FEN. Il en profitait pour rencontrer aussi les instituteurs communistes, ce que les dirigeants autonomes du SNI et de la FEN lui reprochèrent parfois. De leur côté, les unitaires de la liste « B » du Syndicat national de l’enseignement secondaire et « UASE » du Syndicat national de l’enseignement technique, dont les syndicats fusionnèrent dans un nouveau SNES en 1966, avaient commencé à organiser une tendance « Unité et Action » dans le but de conquérir la majorité. Mais il fallait convaincre de la justesse de la position des militants qui avaient déconseillé la pratique des tendances dans un passé récent, tactique bien admise chez les instituteurs. Avec Gérard Alaphilippe, devenu le principal militant communiste de la liste « B » dans le SNES, il rencontra Henri Krasucki, responsable des intellectuels au BP du PCF, pour lui exposer la nécessité pour les communistes de s’investir dans la création d’un courant dans la FEN, « unitaire, ouvert et démocratique ». Cette démarche de sommet ne resta pas isolée.

En décembre 1967, après la prise de la direction du SNES par U-A, la liste unitaire changea de nom : « Pour l’unité, l’action, l’efficacité du SNI ». Cette liste progressa sensiblement, obtenant 10 sièges contre 18 à la majorité autonome, et 2 à l’École émancipée. Après le mouvement de mai-juin 1968 que prit corps l’organisation du courant de pensée « Unité et Action » dans le SNI et la FEN, dans laquelle Alfred Sorel joua un rôle déterminant. Elle se concrétisa par la création en octobre 1970 d’un bulletin Unité et Action qui se transforma en Revue U et A en 1972, dont le comité de rédaction réunissait l’ensemble des membres « unitaires » de la CA fédérale. Pour moins dépendre de la logistique du PCF pour son fonctionnement, par exemple Sorel faisait effectuer les tirages de son matériel et financer d’autres frais par la mairie d’Argenteuil, le courant se dota progressivement d’une trésorerie autonome. Un secrétariat permanent fut mis en place se réunissant chaque semaine dans un local du SNES, avec des correspondants départementaux et locaux, permettant à la fois d’informer, de s’informer et de débattre. Des réunions décentralisées, des journées nationales de réflexion furent organisées, des propositions furent soumises au débat avant les congrès et les élections, un travail de mise au point d’un programme revendicatif complet fut mis en route… Alfred Sorel devint le porte-parole national du courant “Unité et Action“ dans le SNI et la FEN. Son sens de l’écoute, sa capacité à opérer des synthèses et sa connaissance du terrain et des militants, en firent un leader incontesté, dont la parole était toujours écoutée par tous dans les réunions internes et les congrès. Au même moment, pour se dégager du temps et dans un souci démonstratif, il quitta le comité de rédaction de L’École et la Nation, et le comité fédéral de Seine-et-Oise Nord, succédant à partir de 1965 à celui de Seine-et-Oise dont il était membre depuis 1959.

Aux élections du BN du SNI de 1970, désormais organisées tous les trois ans, la liste « pour l’unité et l’action du SNI » qu’il conduisait, connut une progression importante (11 sièges contre 17 à UID et 2 à l’EE). Ajoutée à l’ancrage de la tendance U-A au SNES et au passage de plusieurs syndicats du second degré et du supérieur à U-A (SNEP, SNESup, SNPEN, SNCS), une telle progression fit craindre aux dirigeants UID de perdre la majorité fédérale, au moment où était négocié et signé le programme commun de gouvernement de la gauche. Les débats et combats de tendances connurent dans la décennie 1970 une nouvelle acuité. Les confrontations furent sévères avec les secrétaires généraux du SNI, André Ouliac puis Guy Georges, et les secrétaires généraux de la FEN, James Marangé puis André Henry. Sans agressivité verbale, sans tomber non plus dans la classique rivalité entre syndicats catégoriels, Alfred Sorel argumentait de façon personnelle et persuasive en faveur de l’unité d’action syndicale contre la politique gouvernementale, en faisant la différence avec l’orientation des autonomes qui eux-mêmes s’organisaient en tendance « Unité, Indépendance et Démocratie ».

Il intervenait sur le fond de la stratégie syndicale, laissant à d’autres le soin d’intervenir contre le projet de l’École fondamentale (Daniel Renard), pour la formation des maîtres (Désiré-Nicolas-Charles) ou sur les libertés dans le monde, y compris dans les pays socialistes (André Belleville). Ce qui ne l’empêchait pas de connaître de mieux en mieux les situations et les revendications des diverses catégories, y compris non-enseignantes, afin de les réunir dans l’action commune à partir de leurs propres préoccupations. Il exposa à la CA de la FEN (19 novembre 1970) et dans la Revue U et A en 1973 un panorama cohérent du programme revendicatif qui devrait être celui de la FEN. Défenseur du programme commun de gouvernement de la gauche, il faisait à la majorité UID l’offre d’un rapprochement sur la base d’un accord loyal. Il estimait que le meilleur moyen de trouver une issue politique à gauche était de mener hardiment l’action syndicale unitaire contre les accords salariaux, les orientations du Plan et pour l’augmentation des budgets alors que la majorité UID continuait à préférer la recherche d’une politique contractuelle.

Dans le dernier lustre de la décennie, après le rapprochement UID avec le Parti socialiste et la rupture du Programme commun de la gauche, les tensions politiques s’envenimèrent, d’autant que la majorité réussissait à faire reculer la progression d’U-A dans le SNI. Alfred Sorel fut réélu au BN du SNI en février 1976 mais sa liste en restait à 10 élus contre 19 à UID et un à EE. Lors de la transformation du syndicat en SNI-PEGC au congrès de juillet de la même année, sa tendance fit des propositions statutaires pour un fonctionnement plus démocratique du syndicat qui ne furent pas retenues. Si les débats ne manquèrent pas à l’intérieur d’U-A au sujet de la réactualisation du Programme commun de la gauche, une position commune fut trouvée et Jean Petite, militant socialiste connu, présenta la motion U-A au congrès de la FEN en 1978. Alfred Sorel, qui n’était pas hostile à l’objectif du SNES de constituer un grand syndicat du second degré dans la FEN, s’opposait à la syndicalisation des PEGC par le SNES. Aussi le monopole de la syndicalisation des PEGC par le nouveau syndicat fut-il voté à la quasi-unanimité. Alfred Sorel favorisa la participation des sections UA de la FEN à des actions unitaires auxquelles n’appelait pas la direction fédérale, comme la Marche sur Paris en mars 1979, ce qui aggravait encore l’accusation portée contre lui d’animer une FEN-bis. A ceux qui l’accusaient à la rentrée 1980 de porter atteinte à l’unité de la FEN, il répondait que ceux qui freinaient les luttes qui la mettaient en péril et que les mesures disciplinaires contre certains syndicats ne règleraient rien. Il dénonça en même temps les propos anticommunistes des dirigeants UID en soulignant qu’il y avait à UA beaucoup de non-communistes mais aucun anticommuniste.

Après l’élection de François Mitterrand à la présidence de la République en mai 1981 et l’entrée de quatre ministres communistes au gouvernement, il fut partisan de pratiquer un syndicalisme constructif mais actif et vigilant. Un an après, en mai 1982, il estimait qu’il ne « fallait pas taire inquiétude et mécontentement ». En septembre, il indiquait que le « gouvernement a besoin d’un mouvement syndical fort et uni », et que la FEN ne pouvait accepter la baisse du pouvoir d’achat.

À partir du début des années 1980, Alfred Sorel commença à passer le témoin de ses responsabilités syndicales à des militants plus jeunes, en essayant d’y intégrer des femmes (Christiane Journeau, Yolande Magois, Mireille Rustin, Evelyne Mathonnière…). Il laissa la conduite de la liste U-A au BN du SNI-Pegc à Joël Derrien. En revanche il conserva jusqu’à la retraite ses mandats à la FEN. Il fit donc partie du nouveau Bureau fédéral national créé en 1982, mais qui ne correspondait pas au souhait d’U-A de mettre en place un exécutif partagé. Il fut réélu dans cette fonction en 1985. Il avait cependant préparé la relève, notamment avec Michel Veylit et Raphaël Szajnfeld qui lui succéda en 1986 comme porte-parole fédéral de la tendance.

Avec son départ à la retraite, il choisit d’augmenter son engagement dans le PCF. De 1985 à 1990, il devint rédacteur en chef de L’École et la Nation, devenue supplément de l’hebdomadaire communiste Révolution. Il redevint membre du comité de la fédération communiste du Val-d’Oise de 1987 à 1996.

Dans le même temps, Sorel s’investissait sur le terrain municipal. Élu conseiller municipal d’Argenteuil en 1977 et réélu en 1983, il devint adjoint délégué à la culture. Dans cette tâche, il obtint la transformation de la petite école de musique en école nationale. En même temps, il organisa le 150e anniversaire de la naissance de Claude Monet, ce qui donna lieu à des activités fécondes dans les écoles et centres de loisirs de la ville. 

En 1992, candidat communiste au Conseil général dans le canton d’Argenteuil, il fut élu au deuxième tour dans une triangulaire contre des candidats de droite et du Front national. Il y procéda à la rénovation de la Zone à Urbaniser en Priorité, devenue le quartier neuf du Val d’Argent. À la fin des années 1990, n’ayant plus de mandat municipal, il vint habiter Paris.

Après l’exclusion du SNES et de la FEN, Alfred Sorel, attaché qu’il était à son syndicat, se demanda un moment comment rester au sein de la FEN avec les militants U-A du SNI-PEGC. Mais il participa à la création du SNUIPP et de la Fédération syndicale unitaire. Au début des années 2000, il participait aux séminaires internes du centre de recherches de la FSU et accepta de faire partie du CA de l’IRHSES et du comité de parrainage de l’HIMASE.

Alfred Sorel signa divers appels dans le cadre de la campagne du référendum en 2004-2005 "Pour une Europe de la création et de la diversité culturelle" (2004) ou "Non d’espoir pour construire une autre Europe" (juin 2005).

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article172975, notice SOREL Alfred, Israël par Alain Dalançon, Jacques Girault, version mise en ligne le 14 mai 2015, dernière modification le 1er avril 2017.

Par Alain Dalançon, Jacques Girault

A. Sorel dans sa classe à Houilles en 1951-1952.
A. Sorel dans sa classe à Houilles en 1951-1952.
Congrès FEN-CGT de 1953. © IRHSES
Congrès FEN-CGT de 1953. © IRHSES
Rencontre internationale 1974
Rencontre internationale 1974
De gauche à droite : Monique Vuaillat, Jacques Rouyer, Alfred Sorel, Gérar
d Alaphilippe
Congrès FEN 1978 © IRHSES
Congrès FEN 1978 © IRHSES
Marche sur Paris 1979 © IRHSES
Marche sur Paris 1979 © IRHSES
de gauche à droite, Raphaël Szajnfeld, Yolande Magois, Jean Petite, Jacques Rouyer, Daniel Renard, Alfred Sorel ; derrière Jack Ralite.
De gauche à droite, 1992, É. Sorel, A.Sorel, D. Renard, Marcelle Renard.
De gauche à droite, 1992, É. Sorel, A.Sorel, D. Renard, Marcelle Renard.

SOURCES : Archives du Comité national du PCF. – Arch. IRHSES (archives UA…). — Presse syndicale nationale. — Laurent Frajerman L’interaction entre la Fédération de l’Éducation nationale et sa principal minorité, le courant “unitaire“, 1944-1959, Thèse, Université de Paris I, 2003. — Alain Dalançon, Histoire du SNES, tome 2 (1967-1973), IRHSES, 2007. — Renseignements fournis à J. Girault par l’intéressé au début des années 2000. — Notes d’É. Sorel.

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