VERCOUTER Cécile, Émilienne, Nelly [épouse RYON Cécile]

Par André Caudron

Née le 25 mai 1924 à Lille (Nord) ; sténodactylo, présidente fédérale de la JOCF, militante de mouvements familiaux, membre du comité central du MLO.

Ryon Cécile
Ryon Cécile

La plus jeune des quatre enfants, toutes des filles, d’un ébéniste lillois, Alphonse Vercouter, et de sa femme d’origine belge, Lucie Hoffmann, née à Tournai, Cécile Vercouter suivit des études de sténodactylo. Elle exerça ce métier ensuite comme bien des filles de sa génération et de son milieu, la petite bourgeoisie. De même que ses sœurs, en particulier l’aînée, Élisabeth, future épouse Feldmann, Cécile Vercouter s’engagea dans les rangs de la Jeunesse ouvrière chrétienne féminine (JOCF) qui lui confia vers la fin de la guerre les fonctions de présidente de la fédération de Lille-centre. Sa sœur Élisabeth assurait alors la même tâche pour la Ligue ouvrière chrétienne féminine (LOCF).

Le 5 juin 1948 à Lille, le mariage de Cécile Vercouter avec Gilbert Ryon, dessinateur industriel, fut typique de nombreuses unions de l’époque. Les deux jeunes gens venaient du mouvement de la jeunesse chrétienne et ils allaient donner autour d’eux l’image du couple militant. Membres du Mouvement populaire des familles (MPF), issu de la LOC, ils intégreront ensuite le Mouvement de libération du peuple (MLP), puis le Mouvement de libération ouvrière (MLO) et enfin l’Action catholique ouvrière (ACO) lorsque celle-ci fut constituée en mars 1950-octobre 1951.

Tandis que Gilbert Ryon, qui aura trois enfants, poursuivait sa carrière syndicale à la CFTC puis à la CFDT, sa femme poursuivait une forte activité militante dans les associations familiales. Ils allaient obtenir tous deux des responsabilités qui les appelèrent à effectuer des itinéraires hors du cadre régional. Gilbert Ryon, de son côté, entrait au bureau de la Fédération des syndicats chrétiens du textile en 1951. Dès lors, il devait se rendre de temps à autre, environ tous les trois mois, à Paris. Sa femme, devenue mère de famille, accédait à la même époque au comité central du MLO où sa présence était nécessaire au même rythme dans la capitale. Ce couple exemplaire sut gérer habilement ses soucis éducatifs et son temps, de manière à ce que jamais les deux parents ne soient absents en même temps de leur maison de Lambersart (Nord).

Cécile Ryon était l’une des quatre déléguées septentrionales à siéger au comité central du MLO, sur une trentaine de personnes. Le MLO prenait alors une évolution consacrée quasiment seule à « l’éducation populaire ». Pour Cécile Ryon, ce changement de cap paraissait néfaste au mouvement. Mais au congrès de 1966, 10 % des délégués la rejoignaient dans la contestation. En 1962 notamment, dans les débats internes, la volonté s’était dégagée d’une action de formation et de prise de conscience visant surtout le développement culturel . Dans de nombreux déplacements et prises de paroles, Cécile Ryon avait aussi eu à cœur de défendre en réunion l’objectif de l’indépendance algérienne. Elle fut membre de la CFDT dont son marié était un dirigeant régional.

La retraite professionnelles venue, elle continua de se dévouer dans les rangs du MLO, jusqu’à la fin des années 1980 avec le concours de femmes et d’hommes plus jeunes. Elle tenait en même temps à transcrire des pages de sa vie militante, notamment dans les Cahiers du GRMF (Groupement pour la recherche sur les mouvements familiaux). Elle est restée très active aussi longtemps que la santé du mari, ancien animateur régional de la CFDT, ne nécessita pas tous ses soins.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article172940, notice VERCOUTER Cécile, Émilienne, Nelly [épouse RYON Cécile] par André Caudron, version mise en ligne le 10 mai 2015, dernière modification le 29 septembre 2018.

Par André Caudron

Ryon Cécile
Ryon Cécile
Gilbert Ryon, ">
Cécile Ryon et Gilbert Ryon,

SOURCES : Cahiers du GRMF, n° 5, Vingt ans de luttes ouvrières et familiales, Forest-sur-Marque, 1988. — Paroles de militants, CFTC/CFDT du Nord-Pas-de-Calais 1925-1985, Lille 1990. — André Caudron, Dictionnaire du monde religieux dans la France contemporaine, 4. Lille-Flandres, Beauchesne et Université Charles de Gaulle, Lille, 1990.

fiches auteur-e-s