BORDAT Denis, Roger

Par Michèle Rault, Nathalie Viet-Depaule

Né le 10 juillet 1923 à Ivry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne) ; mort le 14 août 2010 au Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne) ; éducateur ; délégué général des Centres d’entraînement aux méthodes d’éducation active (CEMEA).

Fils unique d’une épicière à Ivry-Port, qui était originaire d’une famille ouvrière de Corrèze, et d’un ouvrier aux Forges d’Ivry, né en 1893 à Ivry, qui mourut alors qu’il n’avait que quelques mois, Denis Bordat grandit dans sa commune natale. Sa mère ayant été embauchée, à son tour, comme manœuvre aux Forges, il fut gardé par Jeanne Daudonnet dont les amis, des anarcho-syndicalistes, firent son éducation. Il fréquenta l’école primaire d’Ivry-Port puis celle de Vitry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne) où il obtint le Certificat d’études. Il entra ensuite au cours complémentaire d’Ivry-centre et fut un des petits colons de la colonie municipale des Mathes (Charente-Maritime) dont il a tiré un récit sous le titre Colon des années 30.

La déclaration de guerre, alors qu’il était en vacances chez des militants anarchistes du Puy-de-Dôme, l’amena à poursuivre sa scolarité au collège d’Issoire. Il revint à Paris avec l’intention de passer le concours d’entrée à l’École normale, mais se décida finalement pour le collège Turgot afin d’y préparer le brevet supérieur. Dans cet établissement, il fit la rencontre décisive d’Henri Laborde dont il fut l’élève pendant trois ans. En 1941, il fit son premier stage de moniteur aux Centres d’entraînement aux méthodes de pédagogie active qui se mettaient en place. Il se destinait à l’enseignement en tant qu’instituteur mais le STO allait infléchir ses projets. Pour échapper au départ en Allemagne, il quitta son domicile sans laisser d’adresse et rejoignit l’école d’éducateurs spécialisés qui s’ouvrait à Montesson (Yvelines) dans la banlieue parisienne. À la fin de sa formation, il resta à Montesson où il devint pour un an, instructeur à la Maison de correction.

Le 16 septembre 1944, Denis Bordat participa à l’assemblée générale constitutive des Centres d’entraînement aux méthodes de pédagogie active qui allaient devenir les Centres d’entraînement aux méthodes d’éducation active (CEMEA).

Il enseigna pendant deux ans avant d’être mis à disposition des CEMEA en 1946. Il y fit carrière, aux côtés de Gisèle de Failly et d’Henri Laborde. Habitant Ivry-sur-Seine, il fut avec sa femme responsable de la première colonie communale maternelle au château du Bréau (Seine-et-Marne) en 1951.

Quand, en 1969, Gisèle de Failly quitta ses fonctions de déléguée générale des CEMEA qu’elle assumait depuis le décès d’Henri Laborde en 1967, Denis Bordat prit sa succession. Il fut réélu de 1974 à 1979, participant également à la Ligue de l’enseignement, aux Francs et franches camarades, à la Jeunesse au plein air, dont il deviendra le secrétaire général. Ce fut grâce à lui que les CEMEA participèrent au festival d’Avignon initiant une collaboration qui donna naissance aux Amis du Théâtre populaire et aux Rencontres internationales de jeunes d’Avignon.

Son nom est associé à toute les réalisations importantes des CEMEA, notamment les Éditions du Scarabée en 1946, les quatre collections d’ouvrages éducatifs et les quelques revues dont Vers l’éducation nouvelle et Vie sociale.

Il s’était marié à Paris (XIVe arr.) le 10 mars 1945 avec Colette Vasselin qui avait suivi la formation des CEMEA lors d’un stage en Belgique, en 1946

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article17266, notice BORDAT Denis, Roger par Michèle Rault, Nathalie Viet-Depaule, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 12 janvier 2012.

Par Michèle Rault, Nathalie Viet-Depaule

SOURCES : Arch. Com. Ivry-sur-Seine. – Témoignage de Denis Bordat. – Geneviève Poujol, Madeleine Romer, Dictionnaire biographique des militants, L’Harmattan, 1996, p. 52-53 (notice d’Olivier Douard).

ŒUVRE : Masques de papier, Paris, CEMEA, 1946 ; Les Marionnettes, Paris, Éditions du scarabée, 1949 ; Les CEMEA qu’est-ce que c’est ?, Paris, Maspero, 1976 ; avec Bernard Veck, Aux marges de l’école, Paris, Hachette, 1980 ; Apollinaire, Paris, Hachette, 1983 ; Masques de papier, Paris, CEMEA, 1946.

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