SAUVRENEAU Pierre, René

Par Alain Dalançon

Né le 11 mai 1922 à Bourges (Cher) ; ouvrier puis professeur de l’enseignement technique ; militant syndicaliste du SNET puis du SNES ; militant de la FCPE.

Son grand-père était menuisier et son père, Ernest, tourneur sur métaux, était président d’une société d’économie sociale lorsqu’il décéda à l’âge de 43 ans en 1930. Pierre Sauvreneau, qui avait un frère aîné plus âgé, né en 1913, fut donc orphelin de père de bonne heure.

Il reçut une éducation laïque, tout en étant baptisé et ayant fait sa communion. Après l’école communale Pignoux à Bourges, où il obtint le certificat d’études primaires en 1934, il fréquenta le cours complémentaire puis l’école primaire supérieure de garçons de la ville, de 1934 à 1936, abandonna ses études pour cause de maladie en 1936-1937 et séjourna une année à l’Institut hélio marin de Labenne (Landes). À sa sortie, il travailla comme « saute-ruisseau » chez un notaire, puis il obtint à l’école de formation de l’Atelier de Construction de Bourges (ABS) un CAP d’ajusteur en 1940. Sorti troisième de cette école en 1941, il fut embauché par cet établissement replié à Châteauroux (Indre) et ensuite à l’Atelier de Construction de Roanne (Loire). Il fut réfractaire au STO du 1er mai 1943 au 30 septembre 1944.

À la Libération, il reprit son travail d’ouvrier d’État à l’usine d’armement de Roanne et épousa à l’église le 23 avril 1946, Eliane Malivert, éducatrice, qui décéda en novembre 2012. Ils eurent un fils, Alain, devenu secrétaire général de la Fédération Léo Lagrange puis président de l’Union nationale des centres sportifs de plein air.

Syndiqué à la CGT après la guerre, Pierre Sauvreneau adhéra à la CGT-FO après 1948. Puis il passa le concours de professeur technique adjoint de mécanique et fut nommé à la rentrée d’octobre 1952 au cours professionnel du cours complémentaire de Villeurbanne (Rhône), qui devint collège technique municipal en 1954. Il milita alors au Syndicat national de l’enseignement technique dans le courant « autonome » et devint trésorier de la section régionale. Connu par quelques militants nationaux, il fut élu suppléant à la commission administrative nationale en 1956 puis devint titulaire en 1959.

En 1960, Robert Janod, PTA, membre du secrétariat national avec une demi-décharge, réussit le concours d’inspecteur de l’enseignement technique ; Pierre Sauvreneau fut sollicité pour le remplacer par Louis Astre, alors secrétaire national, qui se déplaça et réussit à le convaincre d’accepter d’être permanent. Il entra donc au secrétariat national en septembre 1960, avec une décharge de service à temps complet, nommé pour ordre au lycée Raspail de Paris à partir de 1961. Il conserva cette responsabilité jusqu’à la fin de l’existence du syndicat en 1966 dans l’équipe dirigée par Louis Astre devenu secrétaire général à la rentrée 1961.

Le combat syndical que Pierre Sauvreneau anima, concerna surtout la revalorisation de la carrière des PTA et la mise en place d’un nouveau mode de recrutement. La nouvelle échelle des traitements (indices 225-460, passant à 245-475), fut obtenue grâce aux actions de 1961 et à la ténacité de Georges Lauré, mais il fallut deux années pour mettre au point les nouveaux concours, et encore plus de temps pour obtenir la prise en compte des années de pratiques professionnelles antérieures pour le calcul de la retraite, avec effet rétroactif, mais sans retenues rétroactives, soit des augmentations de leurs pensions de retraite supérieures à 10%. Il représenta également le SNET puis le SNES comme suppléant à la CA nationale de la Fédération de l’Éducation nationale, de 1961 à 1967, et fut secrétaire de la sous-commission des retraités en 1963.

Après la naissance du nouveau SNES, il demeura secrétaire de la catégorie des PTA et membre permanent du secrétariat en 1966-1967. La notoriété qu’il avait acquise lui permit de conserver le secrétariat de catégorie aux premières élections au collège unique en juin 1967 qui virent la liste « Unité et Action » devenir majoritaire. Il fut le seul militant « autonome » à être élu secrétaire d’une catégorie d’actifs contre René Plaisance. Mais il dut abandonner sa décharge et fut affecté au comité d’études pédagogiques et techniques au lycée de Cachan (Val de Marne). Il ne figura alors plus que comme simple candidat sur la liste « Indépendance et Démocratie » aux élections à la CA de 1969 puis « Unité, Indépendance et Démocratie »sur celle de 1971, toujours conduite par Louis Astre.

Après 1969, il fut mis à disposition de la Fédération des conseils de parents d’élèves, et prit sa retraite en 1983. Il avait adhéré en 1973 au Parti socialiste et était toujours adhérent retraité à l’UNSA-Éducation en 2015. Il résidait toujours en 2015 à Roanne (Loire), 10 rue de Bourgogne.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article172648, notice SAUVRENEAU Pierre, René par Alain Dalançon, version mise en ligne le 29 avril 2015, dernière modification le 6 juillet 2015.

Par Alain Dalançon

Pierre Sauvreneau
Pierre Sauvreneau
col. familiale

SOURCES : Arch. IRHSES (L’Enseignement public, Le Travailleur de l’enseignement technique, arch. SNET). — Arch. Nat. du monde du travail Roubaix (fonds Louis Astre, SNET). — Témoignage de Louis Astre. — Renseignements fournis par l’intéressé.

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