SAGELOLI Michel, Joseph, Pierre [SAGELOLI à l’état civil et sur de nombreux documents officiels comme les PV du conseil municipal ; écrit parfois SAGELOLY, y compris dans des actes publics à commencer par l’état civil].

Par André Balent

Né le 28 septembre 1899 à Céret, mort le 2 avril 1990 à Céret ; préparateur en pharmacie puis droguiste détaillant à Céret ; militant du Parti socialiste SFIO puis du PS ; conseiller municipal de Céret ; maire de Céret ; conseiller général de Céret ; conseiller régional du Languedoc-Roussillon.

Michel Sageloli (à gauche) et Fernand Braudel (à droite), Céret, années 1980
Michel Sageloli (à gauche) et Fernand Braudel (à droite), Céret, années 1980
extrait de l’autobiographie de Michel Sageloli, op. cit., p.117, recadrage André Balent

Nous ignorons pourquoi Michel Sageloli a fait orthographier son patronyme « Sageloly » alors que devenu maire et conseiller général de Céret il était devenu un « homme public » connu au-delà de sa commune et de son canton. Ce fut à partir des années 1960 qu’il orthographia volontiers son nom avec un « y », sans que, semble-til, cette graphie ait été modifiée par une décision d’un tribunal.Ce fut celle-ci qui a été retenue pour la publication posthume de ses mémoires citées dans les sources de la présente notice. Sa mère, Marie-Anne Blanc, était âgée de trente-huit ans à la naissance de son fils Michel. Elle était native de Taillet (Pyrénées-Orientales), sur le contrefort vallespirien des Hautes Aspres. Aimé Sageloly (1922-1987), militant communiste de Céret et de Prades, adjoint au maire de Céret (1983-1987) dont le patronyme était orthographié avec un « y » était l’un de ses cousins. .

Le père de Michel Sageloli, Jean, était né en 1852 à Céret. C’était le fils d’un « cerclier » originaire de Serralongue (Pyrénées-Orientales), commune du Haut-Vallespir. Ce dernier avait trouvé davantage de débouchés à Céret pour son activité professionnelle car on y fabriquait beaucoup de tonneaux en bois de châtaigner pour les olives produites alors en quantité près de cette localité. Jean Sageloli travaillait comme brassier et mossenyer (chef d’équipe) d’un grand propriétaire par ailleurs fonctionnaire. Il était cependant propriétaire de terres et de la maison qu’il avait achetée, rue Saint-François, dans la vieille ville de Céret. Michel Sageloli faisait partie d’une nombreuse fratrie, avec plusieurs sœurs et un frère.

Michel Sageloli put, après sa scolarité primaire, fréquenter le cours complémentaire de la ville. À l’issue de la deuxième année de cours complémentaire, il fut accepté par Laguerre, pharmacien de 2e classe à Amélie-les-Bains afin de suivre dans son officine une formation afin d’obtenir, comme cela était encore possible, un diplôme dans cette profession. Ce fut à cette époque qu’il devint, selon son témoignage, un lecteur assidu et éclectique. Mobilisé le 17 avril 1918, il dut interrompre son stage professionnel à l’officine.

Il fut incorporé au 52e RI. En mai et en juin 1918, ce régiment fut affecté dans les Flandres, puis en juillet 1918 en Champagne. En novembre, il était en Lorraine. Michel Sageloli qui, dans ses mémoires, s’attarde peu sur son expérience de la Première Guerre mondiale, évoque un séjour à Sedan (Ardennes). Le jour de l’armistice, il se trouvait à Céret, bénéficiant d’une permission. Le 20 décembre 1918, il fut affecté à la 7e section d’infirmiers militaires (SIM), puis, à la 2e SIM, le 28 septembre 1919 et enfin à la 15e SIM le 8 mars 1920. Le 1er juillet 1920, il avait été promu caporal. Du 8 février 1920 au 14 février 1921, infirmier de la section de marche du Levant, il était, d’après ses mémoires, en garnison à Beyrouth (Liban). Démobilisé le 6 juin 1921, il était de retour à Céret le 14 avril 1921. Mais il fut rappelé sous les drapeaux peu de temps après, le 3 mai et incorporé à la 16e SIM, unité l’Armée du Rhin qui occupait la Rhénanie. Il fut définitivement rendu à la vie civile le 6 juin 1921.

À son retour de l’Armée, Sageloli ne put poursuivre ses stages afin d’embrasser la profession de pharmacien et préparer l’examen. Ce dernier avait été supprimé et désormais, seule l’Université ouvrait permettait d’accéder à la profession de pharmacien. Pendant quelque temps, il fut employé comme préparateur par Paul Montalt pharmacien à Céret, avant de s’installer en 1927 comme droguiste-quincailler, rue Saint-Férréol (la « Droguerie moderne »). Il ouvrit dans sa boutique un rayon de fournitures pour les artiste peintres ce qui lui permit de côtoyer ceux qui séjournèrent plus ou moins longuement à Céret.

Michel Sageloli se maria à Céret le 30 avril 1927 avec Juliette, Françoise, Marie Mer. Il eut deux enfants, une fille et un fils. Ce dernier, prénommé aussi Michel, médecin à Toulouse (Haute-Garonne) fut brièvement maire (divers droite) de Céret (18 juin 1995-28 juillet 1996) entre les mandats du socialiste Henri Sicre, ami et successeur de Michel Sageloli, maire de 1983 à 1995 et de 1996 à 2001. Leur fille, Yvette, fut professeur d’Anglais à Montpellier (Hérault) et revint à Céret à sa retraite.

Sageloli devint l’ami de Paul Montalt, par ailleurs président du Céret sportif Club qui commençait à s’illustrer dans le rugby à XV. Sageloli joua dans ce club et participa à de nombreux matchs au poste de trois-quart-aile. Sageloli fut président du Céret sportif en 1954-1955 lorsque le club monta en première division.

Mais Montalt était aussi un homme de culture et il recevait chez lui les intellectuels du cru, l’historien Michel Aribaud ; Joseph Parayre érudit, passionné de littérature et futur député et sénateur SFIO de Céret ; puis plus tard : les instituteurs Victor Crastre — qui, à Paris, collaborateur de Clarté fréquentait les surréalistes — et Ludovic Massé qui n’allait pas tarder à commencer une carrière littéraire ; les frères Henri et Paul Guitard — qui collabora à l’Humanité après avoir adhéré au PC — et d’autres encore. Ce groupe créa une troupe de théâtre amateur dont Sageloli fut l’un des acteurs. Comme la plupart de ses amis, Sageloli fréquenta les plasticiens qui, séjournaient temporairement dans la ville ou les environs ou, pour certains, s’y étant établis à demeure. Ses activités professionnelles l’amenèrent à fournir de la peinture aux artistes. Il noua des liens plus ou moins solides avec quelques-uns d’entre eux — Pierre Brune, le sculpteur Manolo Hugué ami de Picasso, André Masson, Soutine, Pinkus Krémègne, Juan Gris, Marc Chagall parmi ceux qui furent présents dans la ville entre 1921 et 1939 — et s’initia aux courants d’avant-garde de l’art moderne dont il devint un amateur éclairé. Avant et après la Seconde Guerre mondiale, il offrit aux artistes désireux de trouver un gîte discret et isolé son casot (petit édifice agricole au milieu d’une de ses propriétés) du mas Ventós. Comme beaucoup de Cérétans et d’artistes installés dans la ville, Sageloli devint aussi un féru de tauromachie et le resta sa vie durant.

Avant la Seconde Guerre mondiale, Michel Sageloli ne participa pas à la vie politique locale dominée par la figure d’un maire éclairé, le radical Onuphre Tarris et de son premier adjoint socialiste SFIO bientôt député puis sénateur des Pyrénées-Orientales, Joseph Parayre. Mais nous savons qu’il sympathisait avec la SFIO — peut-être était-il un adhérent de base comme semble le suggérer un document de 1944 cité plus bas ? —. En 1937, Tristan Tzara séjourna à Céret ville proche de la frontière franco-espagnole afin de s’informer de l’évolution de la guerre civile. Sageloli explique dans ses mémoires que, pendant quinze jours, Tzara vint à heure fixe écouter pendant deux heures les émissions de la radio espagnole, sur son récepteur poste, afin de suivre l’évolution d’un conflit sur lequel il livrait ses commentaires. Avec des amis de la localité voisine du Boulou, il se rendit pendant quelques jours à Barcelone en septembre 1937. Il fut déçu, écrivit-il longtemps après, par « l’absence de coordination et de cohésion » du camp républicain. En février 1939, il fut, à Céret, aux premières loges de la Retirada dont le spectacle fut « une vision de désespoir, de tristesse et d’accablement ».

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il fut à nouveau rappelé sous les drapeaux. Rappelé le 26 août 1939, il gagna, le 2 septembre, le centre mobilisateur 144 (Arles-sur-Rhône, Bouches-du-Rhône où il resta pendant un mois environ), puis Compiègne où il demeura huit mois dans un hôpital militaire. Début avril, il fut affecté à Perpignan. Il fut démobilisé le 11 août 1940.

Michel Sageloli ne participa pas à la Résistance dans une ville où elle fut particulièrement active et diversifiée et développa des formes originales d’unité d’action. Dans ses mémoires, il s’est contenté a posteriori de reprendre dans leurs grandes lignes ce que les historiens — en particulier Jean Larrieu et Ramon Gual — en ont dit, plusieurs décennies après. Il se contente dans ses mémoires de retracer des épisodes de sa résistance occasionnelle, en dehors des structures clandestines organisées par ses concitoyens. À deux reprises, ainsi qu’il l’expliqua dans ses mémoires éditées après sa mort, il contribua à l’ « évasion » vers l’Espagne de personnes qui rejoignaient les forces françaises d’Afrique du Nord. Le 11 juin 1944, il fut arrêté par les Allemands qui le maintinrent en détention pendant deux jours et le relâchèrent faute de preuves. Il fut aussi requis au titre du STO afin d’effectuer des travaux près de Céret, au fort de Bellegade (Le Perthus) où les Allemands renforçaient la défense de la frontière franco-espagnole. À la libération, il fut inscrit sur une liste dactylographiée de collaborationnistes confectionnée selon toute vraisemblance par des résistants de Céret. Mais celle-ci, si elle indique les noms de personnes dont les sympathies vichystes et ou pro-allemandes ont ensuite été prouvées, elle en insère d’autres sur des critères pas toujours très objectifs. À propos de Michel Sageloli, on peut lire la mention suivante : « Ancien socialiste tout dévoué aux Allemands avec qui il fait des parties de chasse comme invité ». Il est certain qu’il ne fut pas donné suite à ces accusations ainsi que la prouvent les engagements politiques publics de Sageloli à partir de 1945.

S’il ne figura pas parmi les conseillers du conseil provisoire installé en 1944, il fut élu de la nouvelle municipalité élue en mai 1945 et présidée par Gaston Cardonne communiste. Michel Sageloli, dans ses mémoires a affirmé que, rapporteur des arts et des sports, il aurait proposé la création du musée d’art moderne de Céret — une institution qui, depuis, a fait le renom de Céret — lors d’une réunion du conseil municipal du 15 janvier 1946 qui aurait évoqué aussi la désignation d’un « comité du musée » avec la poète cérétan Pierre Camo et l’artiste Pierre Brune. Mais, à l’exception de la séance d’installation du conseil élu en 1945, les feuillets correspondant aux procès-verbaux des réunions du conseil sous le mandat de Gaston Cardonne ont disparu des registres. Aussi, on ne peut que se rallier à l’analyse d’Yves Duchâteau (référence citée dans les sources). L’idée de la création en revint en premier lieu au maire d’avant 1940, Onuphre Tarris, et à l’artiste Pierre Brune qui essayèrent de concrétiser le vœu de Michel Aribaud, un Cérétan lettré et amateur d’art, archiviste municipal. Une délibération en fut votée dès 1934. Restait à trouver un local pour ce musée. Le conseil municipal élu en octobre 1947 et présidé par le socialiste Henri Guitard vota dès sa première séance une délibération concernant la destination de la prison désaffectée. Mais ce ne fut que le 7 octobre 1948 que le principe de la création du musée fut adopté : Pierre Brune, avec l’appui de Picasso et de Matisse, avait exercé des pressions sur les élus cérétans afin que prospérât le projet adopté dès 1934. Il convainquit définitivement Henri Guitard. Comme on le voit la réalité n’a rien à voir avec ce qu’a pu raconter Michel Sageloli qui ne s’était pas présenté aux élections municipales de 1947.

Les élections de mai 1953 permirent à Michel Sageloli de réintégrer le conseil municipal de Céret toujours présidé par Henri Guitard. Mais il ne fut pas élu « adjoint aux Beaux-Arts », ainsi qu’il l’affirma dans ses mémoires éditées post mortem. Le procès-verbal de la séance du 26 mai fait état de l’élection de quatre adjoints, mais de celle de Sageloli. Il est vrai qu’il continua à manifester beaucoup d’intérêt pour les « Beaux-Arts », nouant des liens avec Picasso lorsque ce dernier revint à plusieurs reprises à Céret de 1953 à 1955. Ce ne fut que en tant que conseiller municipal qu’il s’occupa des dossiers des Beaux-Arts. Quoiqu’il ait pu raconter dan ses mémoires il ne fut pas pour grand chose dans la création de la bibliothèque de Céret. Celle-ci vit le jour grâce en au legs de Francesc Irla, réfugié de la Retirada et frère du président de la Generalitat en exil, qui avait choisi de vivre à Céret et qui fit donation à la villle de sa très riche bibliothèque.

La mort prématurée du maire Henri Guitard, le 12 novembre 1963, obligea le conseil municipal à élire un maire de transition, l’adjoint socialiste Marcel Parayre, frère de l’ancien sénateur Joseph Parayre. Au second tour des élections municipales (21 mars 1965), Sageloli conduisit une liste d’union de la gauche issue de la fusion avec celle du PCF fut élue en totalité. Elle intégrait notamment Pierre Mau, communiste, qui devint adjoint au maire. Sageloli fut réélu en mars 1971 et en mars 1977. Il renonça à se représenter en 1983, laissant la place à Henri Sicre (PS). Pendant ses mandats successifs, Michel Sageloli accompagna la modernisation et l’expansion urbaine de Céret. Il impulsa la construction de HLM, la création de logements, celle du collège Jean-Amade pris en charge en 1982 par le conseil général et celle d’une zone industrielle et, enfin, celle d’une maison de retraite. Il favorisa aussi la création de la Casa catalana de la cultura dans l’ancien couvent Sainte-Thérèse restauré : parmi les activités et expositions permanentes ou temporaires qu’elle abrita, notons l’installation d’une salle d’archéologie dont la responsabilité fut confiée à Françoise Claustre (1937-2006) qui fut prise en otage dans le Tibesti (Tchad) et qui, après sa libération en 1977, s’installa en Roussillon où elle poursuivit ses recherches archéologiques.

Sageloli présida aussi à la mise en place du jumelege de Céret avec Vienna (Virginie, États-Unis) dont le maître d’œuvre fut Robert Mercader, fils de Félix Mercader ancien maire (1944-1949) de Perpignan, émigré aux Etats-Unis et devenu citoyen américain.

Toujours intéressé par l’art, il soutint le musée d’Art moderne de Céret qui accrut ses collections mais qui fit une mue qualitative décisive après qu’il eut abandonné son mandat de maire. En août 1965, il présida l’accueil de Salvador Dali qui effectua une entrée mémorable à Céret avant de parcourir triomphalement la ville et gagner Perpignan dans un train spécial. Jusquà sa mort, Michel Sageloli adhéra à l’Association des amis du Musée d’Art moderne de Céret et dont il fut le président d’honneur.

Michel Sageloli fut élu conseiller général du canton de Céret (SFIO) en 1964 et réélu en 1970 et 1976. Lors de ce dernier scrutin il fut élu dès le premier tour avec l’investiture du PS, recueillant 56,70 % des suffrages exprimés. Il distançait son cousin Aimé Sageloly* (PCF, 31, 22 % ) et le candidat de la droite Lucien Culell. Il ne se représenta pas en 1982. Au conseil général, il manifesta un soutien sans faille à son vice-président et "homme fort", devenu président en 1973, Léon-Jean Grégory qui, longtemps adhérent de la SFIO, avait refusé la FGDS et l’adhésion au PS créé à Épinay. Sageloli fut particulièrement fier d’avoir été associé aux grandes réalisations du conseil général impulsées par Grégory. Dans cette assemblée, celui-ci s’appuyait sur une majorité allant des socialistes aux modérés en passant par les radicaux en contradiction avec l’union de la gauche telle qu’elle s’affirma dès 1965 et se concrétisa dans les années 1970 autour d’un programme commun de gouvernement. Sageloli qui avait adhéré au PS d’Épinay faisait donc partie de la majorité départementale et entretenait aussi des relations d’amitié avec Grégory dont il admirait la puissance de travail et la gestion. Or, aux élections départementales de 1976, l’Union de la gauche l’emportait, du moins en théorie. Avec huit élus, le PCF (Voir Costa Henri) devenait la première force du conseil général devant les autres partis de l’union de la gauche, le PS (six élus dont Michel Sageloli) et le MRG (un élu). Les autres forces totalisaient neuf sièges. André Tourné pouvait espérer devenir le président communiste du conseil général. C’était sans compter sur les socialistes qui demeuraient indéfectiblement favorables à Léon-Jean Grégory parmi lesquels Sageloli. Voulant préserver son avenir dans son parti et désireux de favoriser l’élection de Grégory à la présidence, il demeura alité, le jour de l’élection du président (17 mars 1976) alors que , doyen d’âge, il aurait dû, présider la séance. Jacqueline Alduy, conseillère générale socialiste d’Arles-sur-Tech était absente pour les mêmes motifs. Plusieurs socialistes (Émile Roudayre, Guy Malé) et le radical de gauche Gaston Pams refusèrent de voter pour Tourné comme cela avait été convenu entre les représentants des trois fédérations départementales des partis de l’union de la gauche et penchaient en faveur du président sortant. Pierre Estève, conseiller général socialiste de Saint-Paul-de-Fenouillet, et deux membres du bureau fédéral du PCF, Roger Semper et Nicolas Dreyfus mettant à profit une suspension de séance, allèrent à Céret afin de convaincre Sageloli de se rendre à Perpignan au conseil général lui prposant même de mettre à sa disposition une ambulance. Rien n’y fit, il refusa de quitter son lit. Les partisans de l’Union de la gauche et ceux du président sortant se retrouvèrent à égalité (onze contre onze) et, du fait de la « maladie » de Sageloli, Grégory, candidat contre Tourné fut élu au bénéfice de l’âge. En récompense de son « soutien » à Grégory, Sageloli, fut reconduit à la commission départementale et fut réélu président.

Sageloli fut aussi président du syndicat intercommunal scolaire et de transports (SIST) de Céret. Il s’insérait ainsi dans une structure, l‘Union départementale des SIST, créée et animée par Léon-Jean Grégory

Membre dès 1973 du conseil régional du Languedoc-Roussillon qui n’était pas encore une collectivité territoriale de plein exercice, Sageloli ne fut toutefois pas réélu en mars 1976, par le conseil général afin de représenter le département des Pyrénées-Orientales dans cette assemblée.

Mutualiste, il adhérait à la société de secours mutuel Saint-Roch de Céret et en fut le président. À ce titre, il fut administrateur de l’Union des sociétés de secours mutuels La Roussillonnaise (Mutualité française)

Michel Sageloli prit donc sa retraite politique en 1983. Il demeura adhérant, du PS jusqu’à son décès. Les dernières années de sa vie, il fréquentait assidument la bibliothèque de Céret où il consignait sur des cahiers ses souvenirs, qui, mis en forme, furent édités de façon posthume. Dans ce livre, il se donne souvent le beau rôle, parfois au détriment de la réalité des faits qu’il était censé relater avec fidélité. Parfois, également, il « oublie » certains épisodes, comme celui, cocasse et dérangeant de l’élection du président du conseil général en 1976. Sous un abord bonhomme et affable, Sageloli était volontiers roublard et parfois un brin hâbleur.

Michel Sageloli devint aussi un ami proche de l‘historien Fernand Braudel (1902-1985) qui possédait une maison à Taillet, village des Hautes Aspres près de Céret où il écrivit, au moins en partie, L’identité de la France. Paradoxalement ce fut Braudel qui, dans cet ouvrage, où l’on trouve des allusions et des références au Vallespir et aux Hautes Aspres — mais il écrivit que Sageloli avait été président du conseil général, fonction qu’il n’a jamais exercée —, parla mieux que Sageloli de son ami, compagnon de promenades cérétanes. En effet, dans ses mémoires il se contenta de reprendre ce que l’on disait de Braudel dans des encyclopédies.

Ses obsèques religieuses en l’église baroque Saint-Pierre de Céret rassembla de nombreuses personnalités politiques de toutes tendances du département. On y nota également la présence du biologiste et anthropologue du Collège de France, Jacques Ruffié (1921-2004), ancien résistant originaire de Limoux (Aude) ayant des liens étroits avec le Roussillon et qui connaissait Sageloli depuis les années 1960. À ce moment–là, Ruffié exerçait des responsabilités au ministère de la Culture qui l’avait délégué. Michel Sageloli était chevalier de la Légion d’Honneur. Il existe à Céret une avenue Michel-Sageloli.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article172352, notice SAGELOLI Michel, Joseph, Pierre [SAGELOLI à l'état civil et sur de nombreux documents officiels comme les PV du conseil municipal ; écrit parfois SAGELOLY, y compris dans des actes publics à commencer par l'état civil]. par André Balent, version mise en ligne le 19 avril 2015, dernière modification le 19 août 2017.

Par André Balent

Michel Sageloli (à gauche) et Fernand Braudel (à droite), Céret, années 1980
Michel Sageloli (à gauche) et Fernand Braudel (à droite), Céret, années 1980
extrait de l’autobiographie de Michel Sageloli, op. cit., p.117, recadrage André Balent

ŒUVRE : L’autobiographie citée dans les sources.

SOURCES : Arch. Dép. Pyrénées-Orientales, 1 R 550, f° 551 ; 26 W 41, suspects (1944), listes du CDL, liste de Cérétans. — Arch. Com. Céret, registre des délibérations et procès-verbaux des séances du conseil municipal ; état civil, acte de naissance de Michel Sageloli et mentions marginales. — L’Indépendant, 4 et 5 avril 1990. — Fernand Braudel, L’identité de la France. Les hommes et les choses. Une ‘‘économie paysanne’’ jusqu’au XXe siècle, Paris, France-Loisirs, 1995, pp. 429, 430 [1e édition , Arthaud, 1986] . — Yves Duchâteau, La Mecque du cubisme 1900-1950, le demi-siècle qui a fait entrer Céret dans l’histoire de l’Art, Céret, Alter ego éditions, 2011, 361 p. — Jacques Lahousse, « Le ‘‘Vieux lion’’ est mort », L’Indépendant, 4 avril 1990. — Louis Monich, Histoires rocambolesques de l’élection cantonale 1976 en Roussillon, Perpignan, Trabucaire, 1996, 191 p. [ pp. 44, 137-143, 156, p. 187].à la 2e — Michel Sageloly [Sageloli], Le XXème siècle à Céret où je suis né au Moyen-Âge, Céret, Presses du Courrier de Céret, 2000, 191 p. — Entretien avec Yves Duchâteau, ancien professeur de Lettres au collège Jean-Amade de Céret, ancien conseiller municipal de Céret (1971-1977), historien de l’art, Céret, 3 avril 2015. — Entretien téléphonique avec Michel Arnaudiès, artiste peintre, élu municipal socialiste de Céret (conseiller, premier adjoint) dans les municipalités de Michel Sageloli (1977-1983) puis d’Henri Sicre (1983-1995), 17 avril 2015.
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