BONNEVILLE Jean, Arnaud, Albert

Par Jacques Girault, Gilles Morin

Né le 30 mars 1925 à Bordeaux (Gironde), mort le 17 août 2007 à Bordeaux ; professeur ; militant de la JOC et de l’ACO ; secrétaire de la fédération de Gironde du MLP (1949) puis de l’UGS (1957), militant communiste (1971-1991) ; responsable de la FEN-CGT, secrétaire de l’Union départementale CGT (1952-1984.

Fils de Jean, Marius, Jules Bonneville employé à la Société générale, d’opinions de gauche, membre de la CGT puis de la CGT-FO, et de Marie, Gabrielle Duthil, employée de commerce-sténo-dactylo, Jean Bonneville fut élevé dans la religion catholique. Il milita dans la Jeunesse ouvrière chrétienne (1945-1949), puis dans l’Action ouvrière catholique. Se définissant comme "catholique critique", il s’affirmait en 2005 "pratiquant épisodique". Élève d’une école primaire supérieure, titulaire du Brevet supérieur, il réussit à obtenir, tout en enseignant, des certificats de licence à la Faculté des sciences de Bordeaux (géologie historique, paléontologie, minéralogie, cristallographie) et au conservatoire national des Arts et Métiers de Bordeaux (mathématiques générales, mathématiques de l’ingénieur).
Bonneville effectua toute sa carrière comme professeur de mathématiques et de physique au centre d’apprentissage devenu collège puis lycée professionnel de Blanquefort (1945-1985). Il se maria religieusement en août 1949 avec Jeannette, Noëlle Crès, professeur de lettres et d’histoire en lycée professionnel. Leurs deux enfants reçurent les sacrements catholiques. Son épouse militait à la Fédération des conseils de parents d’élèves et à la CGT.
Secrétaire de la fédération de Gironde et membre de la direction nationale du Mouvement de libération du peuple (1949) puis de l’Union de la Gauche socialiste (1957), Bonnevile siégea à son bureau national et fut rédacteur de son journal Monde Ouvrier. Il fut élu membre du Comité politique de l’UGS en décembre 1957. Responsable départemental de l’UGS de la Gironde, il s’opposa à la fusion avec le Parti socialiste autonome dans le Parti socialiste unifié et, avec le quart des militants, constitua l’Union pour le Socialisme en octobre 1959. Il était le rédacteur en chef du mensuel ronéoté Union pour le socialisme qui parut jusqu’en 1968. Il participa alors à de nombreuses réunions de cercles d’études socialistes en Aquitaine. Après la dissolution de l’UPS en 1968, il adhéra au Parti communiste français en 1971 et le quitta discrètement en 1991 "pour cause d’espoirs déçus face aux évolutions nécessaires".
Bonneville adhéra en 1946 à la branche "apprentissage » du Syndicat national de l’enseignement technique. Après 1948, il demeura membre du Syndicat national de l’enseignement technique et professionnel et fut membre de sa direction nationale à la fin des années 1950. Il était le responsable en Gironde de la FEN-CGT jusqu’en 1955. Par la suite il s’opposa à la ligne de la CGT qui refusait de syndiquer les autres enseignants. A la fin des années 1960, il s’opposa à la tentative de fusion du SNETP avec le SNETAA-FEN. Il resta le secrétaire départemental puis régional du SNETP qui se transforma en Union nationale des syndicats de l’Éducation nationale jusqu’à sa retraite. Secrétaire de l’Union départementale CGT (1952), il devint le secrétaire de son comité régional dans les années 1970, bénéficiant d’une décharge complète de service. Retraité depuis 1985, il adhérait toujours à l’Union régionale aquitaine des syndicats de l’Éducation nationale.
Bonneville participa pendant les années 1950-1980 à toutes les actions syndicales. En 1962, en raison de menaces lancées par l’OAS, son domicile fut gardé par des militants et il bénéficia personnellement d’une protection officielle. Il avait affiché souvent son désaccord avec la ligne majoritaire de la CGT (soutien aux ouvriers de Berlin-Est en 1953, aux insurgés hongrois en 1956, au printemps de Prague en 1968, au mouvement polonais Solidarnosk en 1980. Il dirigeait de 1971 à 1994 le Centre d’éducation permanente et de formation continue (CEFOC) dans le cadre de la Bourse du Travail et présidait dans la région l’INDECOSA-CGT de création en 1981 à 1990.
Délégué CGT à la Commission de développement économique régionale (1964-1974), Bonneville, au titre de la CGT, fut membre du bureau puis vice-président du Conseil économique et social régional (1974-2001). Il y présenta des rapports (conséquence de la guerre du Golfe sur les industries aéronautiques et de défense en Aquitaine, les formations techniques supérieures dans la région, les perspectives des industries aéronautiques et de défense - 1992 -, les industriels stratégiques - 1995 -, la maintenance aéronautique - 1997 -). Il dirigeait depuis sa création en 1978 le Centre d’étude et de recherche économique et sociale (CERESA).
En outre, Jean Bonneville avait été de 1964 à 1968 le directeur-adjoint de Frères du monde, revue trimestrielle de réflexion et de recherche, créée par les Franciscains de Bordeaux.
A la fin des années 1950, Bonneville fut candidat UGS à des élections cantonales. Il figura régulièrement parmi les candidats sur les listes de gauche aux élections municipales de Bordeaux.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article17229, notice BONNEVILLE Jean, Arnaud, Albert par Jacques Girault, Gilles Morin, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 11 août 2019.

Par Jacques Girault, Gilles Morin

SOURCES : Tribune du Peuple, 14 décembre 1957, 1er mars 1958. — Comptes rendus du Comité politique de l’UGS. — Courrier de l’UGS, 10 octobre 1959. — Tribune socialiste, 26 novembre 1966. — Les Nouvelles, 23 août 2007. — Presse syndicale. — Perspectives Education Formation CGT Educ’Action, novembre 2007. — Renseignements fournis par l’intéressé. — Notes de Mauricette Laprie.

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