PUCCINI Rizieri, Giuseppe, Giovanni [dit Beolino]

Par Françoise Fontanelli Morel

Né le 21 juin 1876 et mort le 3 mars 1973 à Santa Croce Sull’Arno, province de Pise (Toscane) ; ouvrier tanneur, cordonnier ; anarchiste, antimilitariste.

Soldat dans la Marine, il déserta en février 1899 et fit l’objet d’un mandat d’arrêt du tribunal militaire de la Spezia. Il se réfugia à Buenos-Aires où il exerça la profession de cordonnier. Au début du mois de novembre 1902, sans doute pour libérer son frère des obligations militaires, il revint en Italie où il fut traduit devant le tribunal militaire de la Spezia qui le condamna, le 12 décembre 1902, à deux ans et un mois de réclusion qu’il effectuera dans le bagne de Gaeta, province de Latina (Latium), une expérience carcérale dont il gardera un souvenir très vif toute sa vie.

Installé à Santa Croce Sull’Arno, il fit l’objet d’une condamnation à cent jours de prison après sa participation très active à une manifestation contre l’autorité communale et fut libéré en septembre 1906. Il se réfugia alors en France, en compagnie de son épouse, Stefanelli Cesira, où en octobre 1907 le consul général signalait sa présence à Marseille dans les « milieux subversifs ». Le 28 octobre 1908, naissait dans la cité phocéenne, son premier fils, Libero.
Son retour en Italie, durant l’hiver 1908, fut de courte durée et le 10 septembre de la même année il travailla à la raffinerie Saint-Charles (Saint-Louis aujourd’hui) où il ne fut pas réembauché après une grève de trois mois à laquelle il prit une part très active. En effet, il fut de toutes les réunions organisées par le comité de gréve à la Bourse du Travail et proposa même à ses compagnon d’aller manifester avec un drapeau noir, une proposition qui ne fut d’ailleurs pas retenue. Selon les services de police, il fut partisan de « l’action directe » jugée plus efficace et il marqua ses réunions par « l’extrême violence de ses propos ». Une virulence qui conduisit sans doute le commissaire spécial à le proposer, en juillet 1910, à l’inscription sur la liste de contrôle des anarchistes et à une mesure d’expulsion du territoire français.
Il appartenait alors au Comité de Défense Sociale fréquenté essentiellement par des libertaires ou des syndicalistes-révolutionnaires. En juin 1910, Puccini Rizieri demeurait 15, rue Boyer et travaillait dans une tannerie du quartier d’Arenc. Comme de nombreux libertaires italiens, il fréquentait assidument les réunions du cercle libertaire italien « Pietro Gori » de la rue Jobin dans le quartier de la Belle-de-Mai à la tête duquel se trouvait l’anarchiste Nerucci Raffaello. De mai à juillet 1911, il participa à toutes les manifestations et réunions organisées par ce dernier.

D’après la Préfecture de Florence, il rentra à Santa Croce Sull’Arno en août 1911 où employé comme ouvrier tanneur, il prit part à toutes les manifestations anarchistes locales. Le 25 septembre 1911, pour protester contre la conquête de Tripoli et le rappel sous les armes de ses compatriotes, il organisa une manifestation dans les rues de Santa Croce en hommage à l’action de Gaetano Bresci—auteur de l’assassinat du roi Umberto I— et de la révolution sociale qui lui valut d’être condamné à six mois de réclusion.

En mai 1912, suite à de nombreuses actions violentes et de résistance à la force publique lors de meetings ou de manifestations de protestations, un mandat d’arrêt fut lancé contre lui. Il se réfugia de nouveau à Marseille où semble-t-il il demeura jusqu’en 1916, date à laquelle il rentra définitivement en Italie.

Depuis 1912, il travaillait comme « homme de peine » dans un atelier de construction mécanique, chez Mr Labarre, au 375, boulevard National où on le considérait comme un bon ouvrier malgré sa participation active aux grèves des ouvriers métallurgistes. Il demeurait au 44, chemin de Saint-Joseph dans le 15ème arrondissement. Le 21 juin 1914, Puccini Rizzieri prit la parole durant un meeting organisé par les anarchistes, les socialistes et les républicains italiens réfugiés à Marseille. En des termes très virulents et « violemment antimonarchistes », il fit un récit de son séjour au bagne de Gaeta et décrivit les souffrances endurées par les « malheureuses victimes du militarisme italien ». Après avoir insisté sur la nécessité de faire disparaître ces bagnes militaires, il engagea ses compatriotes marseillais à se solidariser des compagnons italiens pour provoquer une révolution sociale qui délivrerait le peuple italien.

Bien que ne faisant l’objet d’aucune « remarque défavorable », il fut surveillé jusqu’en 1936. Dans la petite ville toscane de Santo Croce Sull’Arno, l’anarchisme est resté attaché à deux figures légendaires « il Luccio » (Gino Gianotti) et « il Beolino » (Rizieri Puccini).

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article172265, notice PUCCINI Rizieri, Giuseppe, Giovanni [dit Beolino] par Françoise Fontanelli Morel , version mise en ligne le 12 avril 2015, dernière modification le 12 avril 2015.

Par Françoise Fontanelli Morel

SOURCES : Archivio Centrale di Stato di Roma Casellario Politico Centrale n°13332. — Documents personnels conservés par sa petite-fille. — Arch. Dép. BDR 4 M 2417 rapports n°8513 et 3089 des 4 et 8/06/1910 et 6/07/1910, 4 M 2425 rapports n°2137 et 28897 des 23/05 et 8/07/1911 et n°3194 et 3284 des 22 et 27/06/1914.

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