BONNARGENT Albert, Valéry, Augustin

Par Jacques Girault

Né le 10 avril 1909 à Saint-Vaury (Creuse), mort le 14 juin 1987 à Villeneuve-l’Archevêque (Yonne) ; instituteur ; responsable du Syndicat national des instituteurs et de la Fédération de l’éducation nationale dans la Creuse.

Fils d’un tailleur d’habits et d’une lingère, Albert Bonnargent reçut les premiers sacrements catholiques. Encouragé par son instituteur, il prépara et entra à l’École normale d’instituteurs de Guéret (Creuse). Il effectua son service militaire dans un régiment de zouaves au Maroc (avril 1929- octobre 1930).
Bonnargent épousa religieusement Marie Redhon, née le 1er mai 1911 à Saint-Merd-la-Breuille (Creuse), en août 1931 dans la commune de naissance de cette ancienne élève de l’École normale d’institutrices de Guéret dont il avait été le « père ». Leurs deux filles furent seulement baptisées.
Bonnargent exerça comme instituteur à Saint-Vaury, à Marsac, avant d’obtenir en octobre 1931 un poste double à Poussanges où il effectua toute sa carrière jusqu’à sa retraite en 1963 alors qu’il était devenu en 1961 conseiller pédagogique itinérant. Il assurait en même temps les fonctions de secrétaire de mairie. Avec son épouse, ils créèrent une cantine dans leur école à deux classes et avaient une pédagogie active en rapport avec les techniques de l’École moderne (Freinet). Il donnait aussi des cours d’agriculture aux adultes et s’occupait les premières années de la gestion de la mutuelle agricole. Membre du SNI, il militait aussi au Parti socialiste SFIO comme son épouse.
Mobilisé comme sergent en septembre 1939 dans un régiment de pionniers au Blanc (Indre), envoyé dans l’Est, Bonnargent, intendant de son groupe, fut démobilisé en juillet 1940 à Châtellerault (Vienne). Il établit de bons rapports avec les résistants locaux.
Bonnargent, responsable de la section départementale du SNI au début des années 1950, fut le secrétaire de la section départementale de la FEN au début des années 1960. Notamment il conduisait la délégation creusoise lors de la manifestation contre la loi Debré à Vincennes, le 19 juin 1960. Il semblait ne pas suivre les analyses de la majorité nationale de la FEN. Bien que toujours membre du Parti socialiste SFIO, trésorier de la section de la Ligue des droits de l’Homme, il sympathisait avec les militants communistes locaux du Mouvement de défense des exploitants familiaux. Actif au moment de la guerre d’Algérie, il défendit un instituteur creusois, inculpé lors des manifestations pour empêcher le départ pour l’Algérie des rappelés. Dans le même temps, actionnaire des Presses du Massif central, coopérative laïque, il participait à son conseil d’administration. Il animait aussi la Fédération des œuvres laïques qui organisa une colonie de vacances à Saint-Palais-sur-Mer (Charente Maritime).
Après leur retraite, les Bonnargent, membres du Parti socialiste, toujours syndiqués, allèrent habiter dans l’Yonne.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article17179, notice BONNARGENT Albert, Valéry, Augustin par Jacques Girault, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 20 octobre 2008.

Par Jacques Girault

SOURCES : Presse syndicale. — Renseignements fournis par la fille de l’intéressé.

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