BON Clément, Georges

Par Jacques Girault

Né le 5 mai 1917 à La Roche-sur-Foron (Haute-Savoie), mort le 22 décembre 2000 à Poisat (Isère) ; instituteur ; résistant ; militant socialiste puis communiste en Isère ; militant syndicaliste du SNI et de la FEN.

Fils d’un marbrier installé à son compte en 1919, anticlérical, sixième enfant d’une famille de sept, Clément Bon ne reçut pas d’instruction religieuse à la différence de ses sœurs. Il fréquenta un cours complémentaire et entra à l’École normale d’instituteurs de Grenoble. Après avoir été surveillant d’externat pendant quelques mois, il commença comme instituteur en 1936 à Chavanoz. Il exerça dans diverses communes du département dont Massieu où il se maria en mars 1939 avec une institutrice ; le couple eut quatre enfants. Clément Bon adhéra à la section socialiste SFIO de Saint-Geoire-en-Valdaine.

Bon fut appelé sous les drapeaux le 16 septembre 1939. Après trois mois de peloton à Clermont-Ferrand, il entra à l’école des officiers de réserve de Saint-Maixent jusqu’au 10 mai 1940. Avec son unité, il fut démobilisé en Ariège en août et reprit son service d’enseignant. En relations avec ses amis socialistes, à partir de l’été 1942, il constitua deux sizaines affiliées à l’Armée secrète à Massieu. À la suite d’arrestations, il fut envoyé en décembre 1943 dans les Pyrénées. De retour en janvier 1944, avec sa trentaine, il dirigea des opérations de sabotage. Puis il fut désigné comme chef des MUR dans le sous-secteur de Saint-Geoire-en-Valdaine. Il présida le comité cantonal de Libération et fut détaché au Comité départemental de Libération pour participer aux commissions de l’éducation, du travail et de l’agriculture. Il présida la commission politique chargée notamment de préparer les élections à partir du 5 juillet 1945.

Bon enseigna à Bernin à partir de 1950 et obtint sa mutation pour Saint-Martin-d’Hères, municipalité communiste, en 1956 où il resta jusqu’à sa retraite en 1973 comme directeur de l’école Vaillant-Couturier.

Membre du Syndicat national des instituteurs avant la guerre, Bon devint responsable de la sous-section du canton de Saint-Geoire-en-Valdaine en octobre 1947 et fut élu, le 21 juin 1948, membre de la Commission administrative paritaire départementale où il resta jusqu’en 1954, et de ce fait participa comme membre de droit au bureau de la section départementale du SNI. Il milita peu dans la FEN-CGT en raison de ses multiples tâches et accepta la décision de 1954 du bureau politique du PCF de demander aux instituteurs de ne militer qu’au SNI.

Bon, secrétaire aux affaires administratives du SNI, retrouva le conseil syndical de 1954 à 1958, puis à nouveau en 1962, occupant à partir de janvier 1963 la responsabilité de secrétaire adjoint de la section dans un bureau regroupant majoritaires et minoritaires avec un secrétaire général « autonome ». Délégué au congrès du SNI, le 8 juillet 1963, il appela à voter le rapport moral évoquant l’accord entre les tendances en Isère pour définir un programme d’action. Il redevint en 1961 membre de la CAPD. En 1964, après une progression électorale de la liste « Unité et Action », il occupa la responsabilité de secrétaire aux affaires administratives jusqu’en 1966. Il écrivait régulièrement dans L’École libérée, organe du syndicat. Lors du congrès national du SNI, le 5 juillet 1964, dans la discussion du rapport moral, il demanda aux majoritaires « d’éviter de mettre en doute la sincérité des camarades autres tendances » et préconisa la recherche d’un texte commun d’orientation.

Animateur du comité cantonal d’action laïque, Bon organisa la campagne de signatures de la pétition laïque contre la loi Debré en 1959. Après avoir été membre de la commission administrative et du bureau en 1963, il fut, à partir de février 1965, secrétaire de la section départementale de la Fédération de l’éducation nationale. Il composa notamment, avec des assistantes sociales syndiquées, un document sur la santé scolaire qui fut diffusé par la FEN dans toutes les sections départementales. Il fut au cœur des événements de Mai 1968 dans l’Isère comme porte-parole des fédérations de fonctionnaires. Il témoigna sur ces journées dans Points de repères, revue de l’IRHSES, en février 1995. Il ne se représenta pas lors du congrès de la section départementale de la FEN en février 1971, tout en demeurant à la commission administrative. Il fut de 1962 à 1972 secrétaire départemental du comité de liaison des fonctionnaires.

Bon, secrétaire du Comité départemental d’action laïque au milieu des années 1950, participa à fin des années 1950 et au début des années 1960 au bureau de la Fédération des œuvres laïques. Il présida l’Association pour l’alphabétisation et l’enseignement du français aux travailleurs immigrés.

Bon adhéra au Parti communiste français en 1945. Il devint secrétaire de la section communiste de Bernin en 1950 et fut candidat aux élections municipales en 1953. Puis, membre du comité de la fédération communiste de l’Isère en février 1953, il le demeura jusqu’en 1966, participant épisodiquement aux réunions du bureau fédéral. Il fut notamment chargé en 1955 d’organiser dans le département la campagne publique de défense de l’école laïque. Secrétaire de la section communiste de Saint-Martin-d’Hères de 1959 à 1964, animateur d’un actif comité antifasciste, il organisa, à partir de 1971, la défense de l’usine Brun comme secrétaire du comité de défense de l’usine et en 1974 le maintien de l’usine fut acquis.

Clément Bon fut membre du conseil départemental du Mouvement de la Paix.

Parallèlement, Bon participait aux recherches historiques menées par les militants syndicaux et communistes sur le mouvement ouvrier en Isère. Se présentant comme « historien amateur », il écrivit plusieurs ouvrages et articles toujours bien informés. Il collaborait régulièrement à la vie de l’Institut CGT d’Histoire sociale Rhône-Alpes et publiait des articles entre 1994 et 1996. En outre, de 1974 à 1977, il collabora à l’hebdomadaire communiste Le Travailleur alpin avec une rubrique sur les luttes dans les entreprises.

Bon habitait Poisat dans les dernières années de sa vie.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article17122, notice BON Clément, Georges par Jacques Girault, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 23 octobre 2018.

Par Jacques Girault

SOURCES : Renseignements fournis par la mairie de Saint-Martin-d’Hères et par la famille de l’intéressé. — Arch. comité national du PCF. — Cahiers d’Histoire de l’Institut CGT Rhône-Alpes.

ŒUVRES : {Etapes sur la route des succès. Naissance et développement de l’Union départementale CGT de l’Isère}, 1978, {Trente ans de socialisme dans l’Isère}, Les imprimeurs réunis, 1980, {La nuit du 4 août 2089}, Saint-Martin-d’Hères, 1989, 273 p., {Le boulier de l’espérance : un quartier de Saint-Martin-d’Hères au temps de la guerre froide : la Croix-Rouge : roman historique}, 1996, 203 p., {Les biscuits Brun. Jalons sur un parcours glorieux, mais… tourmenté}, Saint-Martin-d’Hères, 1997.

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