NEHR Charles, René

Par Gilles Morin

Né le 30 juin 1914 à Paris (XVIIIe arr.) ; ouvrier mécanicien, journaliste, économiste ; militant socialiste SFIO puis PPF ; syndicaliste FO

Fils de Lucien et de Marthe Tritsch, Charles Nehr se maria le 17 septembre 1937 à Paris (XVIIe arr.) avec Hélène Charlut, née le 5/9/1913 à Écrouves (Meurthe-et-Moselle). Il était père de trois enfants.

Titulaire du baccalauréat, de certificats de licences ès sciences, mathématique générale et mécanique rationnelle, il fut engagé volontaire et fit son service militaire au 37e Régiment d’aviation au Maroc de novembre 1932 à novembre 1934. Mobilisé en 1939, il fut démobilisé le 6 août 1940 comme caporal.

Secrétaire de section des jeunesses socialistes, de 1928 à 1939, Charles Nehr était membre de la 18e section SFIO (il habitait 75 rue Vauvenargues). Il avait été appréhendé le 22 mai 1935 pour distribution de tracts.

Mécanicien aux établissements Burrought, machines à écrire de janvier 1937 à janvier 1943, après cette date, Charles Nehr a été employé au service général du contrôle économique.

Charles Nerh s’engagea dans les mouvements collaborationnistes en direction de la Jeunesse. Il s’occupait de l’organisation du Comité Jeunesse de France du 18e en mars 1941, était membre du bureau fédéral de ce comité et collaborait à Jeunesse. L’année suivante, il était secrétaire général de la Jeunesse impériale sportive. Il a également appartenu au PPF et a été employé dans un bureau d’embauche allemand. Il résidait à Paris, 3 rue de l’Abbé Rousselot (XVIIe) depuis juillet 1942.

Arrêté à la Libération, le 27 août 1944, transféré au camp de Drancy, le 1er septembre 1944, il a été écroué à Fresnes le 23 décembre suivant. Il était détenu au sanatorium pénitentiaire de Liancourt en 1948, puis fut condamné le 6 juin 1946 par la Cour de Justice de la Seine à 10 ans de Travaux forcés, à la confiscation de ses biens et à l’indignité nationale à vie et à 10 ans d’interdiction de séjour pour atteinte à la sûreté extérieure de l’État. Il avait été accusé d’avoir provoqué l’arrestation par les autorités d’occupation d’une femme qui fut déportée par la suite. Interné au camp de Seclin (Nord), il fut libéré le 16 juillet 1949 après avoir bénéficié d’une remise de peine. La confiscation de ses biens fut ramenée à une amende de 10 000 francs. Il bénéficia d’une remise de son interdiction de séjour par décret en date du 10 avril 1950.

En 1959, Charles Nerh était secrétaire de l’Association française pour la reproduction des documents fondée en 1957. Il était rédacteur en chef de Documents. En 1960, il était ingénieur en organisation et professeur au Collège libre des Sciences sociales et économiques. Il était encore chef du service des relations publiques de la Confédération des industries céramiques de France.
En février 1966, il devint chef du service d’études économiques à l’agence financière du bassin Seine-Normandie, après avoir été directeur du comité français de l’UNICEF. Il était président de l’association "Cercle des Amis du Prix Nobel de littérature" et du Comité européen d’information sur la productivité appliquée depuis 1960 au moins.

Secrétaire national du Syndicat national FO du Ministère de l’environnement et des organismes rattachés, affiliée à la Fédération des travaux publics et des transports FO en 1973, il fut atteint d’un mal incurable et était gravement handicapé (tétraplégique) dans sa mobilité cinq ans plus tard. Gabriel Ventejol intervint en sa faveur auprès du préfet de police pour l’attribution d’un panonceau GIC.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article171007, notice NEHR Charles, René par Gilles Morin, version mise en ligne le 26 février 2015, dernière modification le 9 septembre 2019.

Par Gilles Morin

SOURCES : Arch. PPo, 1W0293/62728 ; 77W1829/196562 ; 77W1416 dossier Comité Jeunesse de France.

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