LO Mamadou

Par Françoise Blum

Né le 7 juin 1933 à Dakar (Sénégal) ; Mouvement des Étudiants du Parti Africain de l’Indépendance (MEPAI) ; Fédération des Étudiants d’Afrique Noire en France (FEANF) ; Association des Étudiants Sénégalais en France (AESF)

Mamadou Lô nous offre l’exemple d’un militant étudiant très actif en France, où il fait ses études supérieures, mais qui ne milite plus après son retour au Sénégal, sinon à travers des causes qu’il défend grâce à son métier d’avocat.

Mamadou Lô est né à Dakar, sur le plateau, le 7 juin 1933. Son père, un maître coranique originaire du Kayor est hostile à l’idée de mettre ses enfants à l’école française. Sa mère –une léboue- , au contraire les y incite et obtient gain de cause car ses 4 enfants iront à l’école. Après le certificat d’études, réussi en 1948, c’est au collège des Maristes que Mamadou Lô poursuit sa scolarité, puis au lycée Van Vollenhoven de Dakar, un des 2 lycées de l’AOF, aujourd’hui lycée Lamine Gueye. Il passe un baccalauréat lettres classiques et obtient dans la foulée une bourse pour aller préparer en France le concours de l’École Nationale de la France d’Outre-mer (ENFOM). Il est inscrit (et interne) au lycée Louis-le-Grand. Mais il ne passe pas l’ENFOM car il est affecté au bout de ses 2 années à Louis-le-Grand à l’Ecole de formation des magistrats, récemment ouverte. Cela fait suite à un vœu de Babacar Gueye alors garde des sceaux de s’assurer l’appui d’un personnel compétent. Mamadou Lô, fait ainsi, comme l’a fait avant lui Ousmane Camara (lien), deux ans d’études mais ne continue pas la troisième année d’application. Il poursuit néanmoins le droit à la Sorbonne, obtient une licence puis deux DES (Droit public et sciences politiques). Il est inscrit brièvement à Sciences po qu’il abandonne de facto pour cause de militantisme à la Fédération des Étudiants d’Afrique Noire en France (FEANF). Il est en effet élu secrétaire général au congrès de décembre 1960. Il est membre également du Mouvement des Étudiants du Parti Africain de I’Indépendance (MEPAI), branche étudiante du parti marxiste créé à Thiès en 1957. A l’époque le Comité exécutif de la FEANF est d’ailleurs composé majoritairement des membres du MEPAI, qui fait en quelque sorte les élections. Mamadou Lô connait alors les réunions, conférences, meetings et voyages inhérents à la fonction. Il rencontre ainsi Ben Bella en Algérie, Sukarno en Indonésie, Mao et Chou-En-Laï en Chine. Il discute du soutien de Nkrumah (qui offrira d’ailleurs ultérieurement un siège à la FEANF), avec l’ambassadeur du Ghana à Londres. Pendant ses études en Sorbonne, Mamadou Lô loge au 69 boulevard Poniatowski (familièrement appelé Ponia), propriété des Etats d’Afrique de l’Ouest, et qui est un des hauts-lieux de la FEANF. Il milite également à l’Association des Étudiants Sénégalais en France (AESF). Si l’on considère les combats idéologiques qui agitent alors la FEANF, il se situe plutôt du côté pro-soviétique que du côté pro-chinois et également du côté de ceux (en fait la majorité de l’AESF) qui considèrent que l’impérialisme français reste l’ennemi principal alors que pour d’autres, tels Robert Dossou ou Alpha Condé, c’est l’impérialisme américain qu’il faut maintenant combattre. A son retour au Sénégal, probablement en 1968-1969, Mamadou Lô enseigne à l’université mais très vite il va abandonner pour ouvrir un cabinet et se consacrer au métier d’avocat. Il entre au barreau en 1974. Il ne milite plus alors et se consacre à un métier qui l’amène à défendre des causes comme celle de Cheikh-Anta Diop, car il reste profondément hostile à Senghor.
Il a épousé à son retour au Sénégal, une cousine, Nyahara Mboye, qui a fait des études en France et au Canada. Cette « endogamie » n’a rien d’étonnant, son père lui ayant toujours rappelé qu’il devait se souvenir d’appartenir à une « bonne famille ».

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article170640, notice LO Mamadou par Françoise Blum, version mise en ligne le 14 février 2015, dernière modification le 14 février 2015.

Par Françoise Blum

SOURCES : Entretien avec Mamadou Lô , Dakar, janvier 2015

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