Né le 22 février 1932 à Tivaouane (Sénégal), mort le 13 mai 2015 à Dakar (Sénégal) ; enseignant, formateur de formateurs, responsable du service des études à la BCEAO ; militant de la Fédération des Étudiants d’Afrique Noire en France (Feanf), de l’Association des Étudiants Sénégalais en France (AESF) ; membre du Parti Africain de l’Indépendance (PAI) et du Parti communiste français (PCF) ; membre du Syndicat des Professeurs Africains du Sénégal (SPAS) ; intellectuel critique.

« ….un étudiant qui est un pur produit tropical de la Renaissance, du Siècle des Lumières et du XXe siècle dominé par la pensée de Marx »
Telle est la phrase avec laquelle Amady Aly Dieng conclut le deuxième volume de ses Mémoires d’un étudiant africain. Sa biographie permet de saisir, largement grâce à ses propres récits, les fragments de la biographie collective que serait celle des étudiants africains de la fin des années 50 et du début des années 60, imprégnés de culture classique et de culture marxiste, et qui ont par la suite, occupé des postes dans les universités africaines. Mais contrairement à d’autres qui ont effectué d’assez radicales reconversions, Amady Aly Dieng est resté un intellectuel critique, et sans compromis.
Amady Aly Dieng est né le 22 février 1932 à Tivaouane , « la septième gare du chemin de fer Dakar-Saint-Louis » . Sa mère, Aminata Diallo, est métisse de peul et de Soninké. Son père Baïdy Dieng, halpuular, est de mère peule. Baïdy Dieng a été embauché au chemin de fer de l’AOF le 16 juin 1927 comme écrivain public. En 1929, il passe un examen pour être reclassé comme facteur auxiliaire. Nommé facteur stagiaire le 1er juillet 1931, il est titularisé le 1er juillet 1932. De 1934 à 1935, il est affecté à Kidira, ville multi-ethnique et multilingue qui marquera passablement Amady Aly Dieng. Chez eux, on parle wolof. Au retour à Diourbel, Amady Aly Dieng est initié à l’apprentissage du Coran par le demi-frère de son père : Ahamadou Samba Dia puis confié à un marabout Toucouleur Thierno Amadou Diallo. Il apprend ainsi à lire et écrire. Il est inscrit au cours préparatoire de la 1ere année de l’école primaire régionale de Diourbel en octobre 1939 – le cours préparatoire compte alors 110 élèves – mais continue à fréquenter l’école coranique le mercredi. Viens la période de restrictions de la guerre puis le Certificat d’études primaires qu’Amady Aly Dieng obtient en juin 1945. Après un premier échec au concours d’entrée à l’Ecole Blanchot, il passe, sur les conseils d’un ami de son père, Alioune Sow, l’examen d’entrée au lycée Faidherbe de Saint-Louis, qui avait été le premier lycée d’AOF et par lequel passèrent bien des élites. Malgré les réticences de l’administration – qui a du mal à concevoir qu’un Africain fasse du latin-il y est inscrit en section A (avec latin). Il loge – hormis une année chez un ami d’Alioune Sow chez qui il se sent mal – à l’internat dont il garde d’excellents souvenirs. Il en parlera comme d’un « magnifique instrument de formation, d’émulation, d’échanges et de discipline ». Il choisit le grec en 4eme.
L’enseignement délivré au lycée, par des enseignants sous-qualifiés, ne lui semble souvent pas à la hauteur, à quelques exceptions près comme ce professeur de philosophie qui lit à ses élèves des extraits de Nietzsche et de Valéry. Amady Aly Dieng est un excellent élève. Il reçoit un 2eme prix de philosophie et un deuxième prix de physique. Il lit les classiques (Balzac, Stendhal, Zola etc), connait Racine, Corneille et surtout Molière qu’il apprécie. Il a par des camarades ses premiers contacts avec la bibliothèque marxiste. En classe de philosophie, il devient maître d’internat. Il va aussi connaître à Saint-Louis les premières actions militantes, lors d’une grève de restaurant lancée pour protester contre la mauvaise qualité de la nourriture (voir aussi Camara Ousmane ). C’est alors qu’il entend parler pour la première fois du PCF et de Jacques Duclos dont l’administration croit à l’influence sur les grévistes. Tout cela ne l’empêche pas de réussir un baccalauréat dont l’oral se passe alors à Dakar. En 1951-52, il crée pendant les vacances scolaires à Diourbel une association intitulée « Les amis de la culture ». L’ association est affiliée au Conseil mondial de la jeunesse lui-même section de la World Assembly of Youth, rivale de la FMJD. Cette création répond à un souci anti-colonialiste : répandre la culture en général et la culture africaine en particulier. L’association organise des soirées théâtrales, des conférences, crée de concert avec l’association de la jeunesse scolaire du Siné-Saloum dirigé par Ousmane Camara un journal : Lien culturel.

A l’Institut des Hautes études de Dakar – qui ne deviendra université qu’en 1957 -, où il arrive en octobre 1952, il est inscrit en lettres mais suit aussi les cours de droit. Il milite à l’Association Générale des Étudiants de Dakar (AGED) où les étudiants français sont encore prépondérants, et souhaitent faire adhérer l’association à l’Union nationale des Étudiants de France (UNEF). Mais l’AGED évolue, devient aussi plus revendicative. Les activités culturelles de l’association se développent, notamment sous l’impulsion de Tidiane Baïdy Ly, qui revenait de France où il militait à la Fédération des Étudiants d’Afrique Noire en France (FEANF) . Elle propose des conférences, des soirées théâtrales et festives. En 1953 est créé en son sein un cercle d’études dont le principal animateur est Camara Khaly Basile, un étudiant en lettres qui se réclame du marxisme, et qui, lui aussi revient de France. Camara Khaly Basile a aussi accès, grâce à sa connaissance de l’anglais aux textes de la littérature négro-américaine. Amady Aly Dieng devient en 1955 secrétaire général de l’Association Générale des Étudiants de Dakar (AGED), après avoir été secrétaire général de l’Association musulmane des étudiants africains (AMEA) qui cherche alors « à introduire dans l’Islam une dose de rationalisme » et travaille en étroite collaboration avec l’association des étudiants catholiques africains. Il est aussi, en 1955, membre de la commission du journal : Dakar-Etudiant. Il va peser pour que l’association change de nom ce qui sera fait en 1956. L’AGED devient l’Union Générale des Étudiants d’Afrique de l’Ouest (UGEAO). Sa place à l’AGED l’a amené à faire de multiples voyages : Il en est le délégué à Vienne, en janvier 1955 lors d’une réunion conjointe de l’Entraide mondiale universitaire et de l’Union Internationale Étudiante (UIE). Il y rencontre notamment Jacques Vergès, et y est invité à Prague, au secrétariat international de l’UIE, de même qu’au Ve festival de la jeunesse et des étudiants à Varsovie. Il se rend ensuite, en 1956, au congrès de l’UNEF à Strasbourg, où il rencontre Roger Garaudy. Il est invité en URSS, et visite Moscou et Bakou. Ce 1er séjour lui laisse une impression mitigée. Par contre, alors qu’il retourne en Union soviétique en juillet 1957 pour le festival mondial de la jeunesse et des étudiants, l’accueil triomphal fait aux délégations africaines vient à bout de toutes les résistances. De Moscou, il va à Pékin en train, voyage au cours duquel il lit les Principes du léninisme de Staline, offert par leur interprète. En septembre de la même année il représente l’UGEAO à la conférence du COSEC, à Ibadan. Le même mois, il est présent au 3e congrès interterritorial du Rassemblement Démocratique Africain (RDA) à Bamako. Il mène ainsi la vie itinérante du militant étudiant. De congrès en congrès il proteste au nom de l’AGED-UGEAO contre la mauvaise qualité de l’enseignement délivré à l’Institut des Hautes études de Dakar. En revenant de Chine, il apprend qu’il a été reçu au concours de l’École Nationale de la France d’Outre-Mer qu’il avait passé en dilettante au mois de juin. Il a adhéré brièvement à l’Union Progressiste Sénégalaise (UPS) de Senghor en 57 et a milité à la section de Fan Hok. A Paris, il adhère au Parti Africain de l’Indépendance (PAI), fondé à Thiès en 1957 sur des bases marxistes.
Il arrive donc à Paris en octobre 1957. Il est d’abord hébergé dans la chambre d’un ami à la résidence universitaire Jean Zay d’Antony puis obtient une chambre à la Maison de la France d’Outre-mer 5FOM) (Cité universitaire du boulevard Jourdan). Il partage cette chambre avec Ousmane Camara (lien) d’abord puis avec le futur président du Sénégal Abdou Diouf. Il aura ensuite une chambre individuelle, puis logera avec sa femme au 69 boulevard Poniatowski, à la Maison des états de l’Afrique de l’Ouest. La Maison de la FOM comme le boulevard Poniatowski sont alors des hauts lieux du militantisme étudiant.
A l’ENFOM, il choisit la voie pour devenir administrateur. Il bénéficie alors d’un confortable salaire de fonctionnaire stagiaire (75000 francs). Il est parallèlement inscrit à la Faculté de droit et des sciences économiques de Paris. Cela ne l’empêche pas de militer, un militantisme qui va lui valoir son expulsion de l’ENFOM. Durant ses vacances il a organisé plusieurs meetings pour appeler à voter non au referendum de 1958, au cinéma Triumph à côté de la gare de Diourbel. Le commandant de cercle le dénonce au directeur de l’ENFOM. Il est donc exclu de l’ENFOM. Les interventions de Mamadou Dia et de Senghor lui permettent de devenir auditeur libre pouvant prétendre au brevet de l’école. Mais il refuse ce compromis de même que l’inscription qu’on lui propose à l’Ecole d’Economie et Humanisme. Finalement il obtient une bourse pour continuer un Doctorat à la Faculté de Droit et des sciences économiques.
Parallèlement à ses études, qu’il ne sacrifiera pas pour autant, il poursuit sa vie militante.
Il y a un noyau PAI au pavillon de la FOM. On organise des discussions sur : Que faire ? Un pas en avant, deux pas en arrière ; Impérialisme, stade suprême du capitalisme ; l’État et la Révolution ; Les principes du léninisme (Staline) ; Les principes fondamentaux du marxisme de Georges Politzer. Chaque semaine, un membre a le soin de faire une minute politique où il analyse les grands évènements du monde. S’effectue aussi le contrôle des tâches confiées aux membres du parti. Outre le PAI, Amady Aly Dieng adhère au Parti communiste. Il milite avec Ousmane Camara à la cellule des provinces de France de la cité universitaire, où on fait la « minute politique » à partir des journaux parisiens. Mais il n’y restera qu’un an car il est :
« Mal à l’aise dans ce parti très ouvriériste et anti-intellectuel. »
Il a, de plus, de très sérieuses divergences avec le PC sur la question algérienne.
Cela ne l’empêche nullement de parfaire sa culture marxiste. Il fréquente à Paris la librairie du PC et la librairie du Globe qui vend les éditions du Progrès. A Sainte-Geneviève, il lit l’histoire de la philosophie de J.T.Desanti et la Théorie matérialiste de la connaissance de Garaudy. Il assiste aux semaines de la pensée marxiste organisées par le Centre d’études et de recherches marxistes(CERM) dirigé par Roger Garaudy. Certaines ont beaucoup d’échos, telle celle sur la Dialectique de la nature où intervient JP Sartre.
Il suit aussi les cours de l’Université nouvelle, alors dirigée par Luce Langevin, de 63 à 66 en même temps que son épouse Adamadian Diallo, étudiante en physique-chimie à la Sorbonne. 19 conférences , éditées en fascicules y sont consacrées à l’œuvre de Marx-Engels . Les conférenciers sont Georges Cogniot, Pierre Juquin, Jacques Chambaz, Gilbert Mury, Paul Labérenne, Roger Garaudy, Guy Besse, Jean Bruhat. Même s’il juge certains conférenciers remarquables, et admet que l’Université nouvelle aide à compléter le bagage universitaire, il juge la formation globalement insatisfaisante. Cela l’amène avec quelques camarades à souhaiter la compléter en faisant appel à des intellectuels communistes français pour les initier à la lecture du Capital : Maurice Godelier, André Bouvier-Ajam, Jean Bruhat. Mais le groupe ne vit pas longtemps à la suite du décès de Baïdy Dieng survenu en février 65 qui le retient 3 mois au Sénégal. Les formations marxistes ici citées – CERM qui délivrent des cours élémentaires sanctionnés par des examens – et Université nouvelle à un niveau plus élevé sont obligatoires pour les militants du PAI.
Tout au long de son séjour parisien (11 ans au total), il suit de près les débats qui traversent alors le parti communiste. Il connait Althusser qu’il admire.

Poursuite de la Vie militante

Il milite à la FEANF (lien), qui lui était déjà familière de par ses multiples contacts et délégations. Il continue alors les voyages entamés à l’AGED et UGEAO. Il représente la FEANF à la conférence des peuples africains d’Accra du 5 au 13 décembre 1958. Il revient à Paris pour le congrès annuel de la FEANF, fin décembre et y est élu vice-président chargé des affaires culturelles. Ses délégations le mènent ensuite au conseil de l’UIE à Varsovie en janvier 1959, qui ne lui donne pas une impression très favorable de la Pologne. Il représente la FEANF, dont les organisateurs se méfient d’ailleurs du radicalisme, au 2e congrès des écrivains et artistes noirs à Rome (26 mars au 1er avril 1959). Il doit s’y battre pour que les représentants de la Fédération puissent participer aux commissions de travail. « Les organisateurs et certains participants surtout américains considéraient que la FEANF était une organisation communiste qu’il fallait neutraliser ». Il représente la FEANF à la conférence du CIE-COSEC à Lima (Pérou) du 15 au 22 février 1959. Il la représente encore à la semaine culturelle de Rennes, au 7E festival de la jeunesse et des étudiants pour la paix et l’amitié (Vienne, 26 juillet-4 aout 1959). A la FEANF, il fait partie de la tendance « extrémiste » avec Ousmane Camara, alors qu’autour d’Hamat Ba sont regroupés les modérés. Au congrès de décembre 1959 de la fédération, il est élu rédacteur en chef du journal l’Etudiant d’Afrique noire , auquel il lui faudra trouver un imprimeur que n’impressionne pas les pressions. Ce sera un nommé Castro « qui est un juif et l’essentiel de son équipe semblait être constitué de juifs. C’était un phénomène qui m’avait paru curieux. Mais à la réflexion, je m’étais dit que les juifs et les Nègres ont été considérés comme des exclus de l’humanité et que, dans ces conditions, ils pouvaient mener spontanément une lutte commune. »
Pendant les vacances scolaires 1959-60 il retourne en Chine avec une délégation de la FEANF pour deux mois de visites et conférences. Il y participe au banquet donné par Chou-En-Lai en l’honneur de Ferhat Abbas. Il assiste à la conférence des peuples afro-asiatiques de Conakry (11-15 avril 60).Il y côtoie notamment Félix Moumié, Frantz Fanon, Medhi Ben Barka.
En décembre 1960 il est élu président de la FEANF, charge qu’il exercera pendant deux ans. C’est l’époque où le PAI est majoritaire dans le Comité exécutif de la fédération (7 sur 14). Amady Aly Dieng en est membre, et sa candidature a été décidée lors de réunions du MEPAI (Mouvement des étudiants du PAI). C’est l’époque aussi de nombreuses expulsions du territoire à la suite notamment de la manifestation à l’occasion de l’assassinat de Lumumba et/ou à la demande des gouvernements africains. Amady Aly Dieng est néanmoins opposé au mot d’ordre que certains défendent à la FEANF de « désertion des universités françaises pour les universités des pays socialistes ». Il est délégué de la FEANF au premier congrès syndical panafricain à Casablanca, en mai 1961. En juillet 1961, il est à Moscou pour un séminaire organisé par les jeunes soviétiques. Puis, en juillet 62, à Prague pour le festival de la jeunesse et des étudiants.
Il participe à de nombreuses conférences-débats. Il porte par exemple la contradiction à René Dumont, fait une conférence sur les Damnés de la terre.
A partir de 63, il se détourne progressivement de la FEANF, car il éprouve une lassitude à l’égard des polémiques entre pro-soviétiques et pro-chinois. Il assiste pour la dernière fois au XIXe congrès, en décembre 1965 et est écoeuré par la tournure prise par ce congrès dominé par des « maoïstes ». Il y a d’ailleurs un conflit de ligne politique entre l’Association des Étudiants Sénégalais en France (AESF), où il s’est désormais investi, et la FEANF.
Pour l’AESF, Il organise à Poniatowski une série de conférences : Il fait lui-même une conférence sur la négritude.
En 1966, il est chargé par le MEPAI d’aller voir, en compagnie de Magatte Thiam (lien), le fondateur du PAI Majhemout Diop qui est alors à Prague. Il en revient assez dégoûté par l’attitude de Majhemout et la vie partisane en général. A partir de 1967 et de son retour à Dakar, il ne milite plus jamais dans un parti.
Vie professionnelle
Après la suppression de sa bourse, pour raisons politiques, il vit de petits boulots. Son épouse et lui obtiennent des postes d’instituteurs : « Mon épouse et moi nous avions pu obtenir des postes d’instituteurs grâce à l’intervention d’une jeune guinéenne, Georgette Diallo qui connaissait le chef de service. Nous habitions à la Résidence Poniatowski qui n’était pas loin de notre lieu de travail. Nos deux traitements d’instituteurs nous permettaient de vivre et de payer les frais de la pension de mon fils aîné né le 20 mars 1965 et de ma fille Aminata née le 5 juin 1966 ». En 1964-65, il a un poste de moniteur sous la supervision de Jean Guitton. L’année suivante, il est chargé de travaux pratiques au lycée Montaigne.
Mais la charge de famille rend leur vie compliquée. Sa femme se voit obligée de rentrer à Dakar, où elle obtient une bourse de la mairie pour continuer ses études. Elle y termine une licence. Elle est logée à la Cité universitaire. Amady Aly Dieng l’y rejoint en juillet 1967. Ils déménagent pour un appartement en location-vente dans les immeubles situés tout près du siège de la SICAP, où il vit toujours.
Amady Aly Dieng est recruté à l’université en sciences économiques, comme assistant du Professeur Dufour. Il soutient sa thèse consacrée au « Rôle du système bancaire en Afrique de l’Ouest ». Mais, considéré comme communiste, il est remercié de l’université en 1971. Il n’a pourtant alors plus de rôle politique et se contente d’être adhérent du syndicat SPAS. Il est alors recruté comme économiste principal à la BCEAO, dont le gouverneur est Abdoulaye Fadiga, qu’il a connu à la FEANF. Il en dirige le service des études de 1977 à 1984. Il y reste jusqu’à sa retraite, à 55ans. Il a également été admis au Conseil économique et social en qualité d’associé. Il a néanmoins continué à donner des cours à l’université, et à y participer aux débats et activités. Il publie aussi plusieurs ouvrages consacrés au marxisme en Afrique, à l’histoire de la FEANF - qui prouvent l’importance qu’a eu pour lui le passage par la fédération -, ainsi que des biographies (Blaise Diagne, Lamine Gueye). Il se considère toujours comme un marxiste critique. Il est connu au Sénégal aujourd’hui comme l’éternel dissident mais aussi comme celui qui n’a jamais renié ses idéaux de jeunesse et n’a fait aucun compromis. « Il ne s’est pas métamorphosé en brandissant ostensiblement, dans la rue, un long chapelet à la place du Manifeste du Parti communiste ou du Livre rouge ».

OEUVRES : A.A. Dieng, Le rôle du système bancaire dans le développement économique des pays de l’Union monétaire ouest-africaine, L’Harmattan, 1971, 2 vol. ; Classes sociales et mode de production esclavagiste en Afrique de l’Ouest, Paris, Centre d’études et de recherches marxistes, Odéon-diffusion, 1974, 43f. multigr. ; Hegel, Marx et les problèmes de l’Afrique noire, Paris, Nubia, Dakar, Sankoré, 1978, 159p. ; Le Marxisme et l’Afrique noire : bilan d’un débat sur l’universalité du marxisme, Paris, Nubia, 1985 ; Contribution à l’étude des problèmes philosophiques en Afrique noire, Paris, Nubia, 1983 ; Hegel, Marx, Engels et les problèmes de l’Afrique noire, Dakar, Sankoré, 1978, 159 p. ; Blaise Diagne, député noir de l’Afrique, Paris, Dakar, Chaka, 1990, 187 p. ; Lamine Gueye, Dakar, l’Harmattan-Sénégal, 2013 ; Les premiers pas de la Fédération des étudiants d’Afrique noire en France, FEANF, 1950-1955 : de l’Union française à Bandung, Paris, Budapest, Torino, L’Harmattan, 2003 ; Les grands combats de la Fédération des étudiants d’Afrique noire : de Bandung aux Indépendances, 1955-1960, Paris, L’Harmattan, 2009, 267 p. ; Histoire des organisations d’étudiants africains en France : 1900-1950, Dakar, L’Harmattan-Sénégal, 2011, 243 p. ; Dir., Les étudiants africains et la littérature négro-africaine d’expression française , Mankon, Bamenda, Langaa Research, 2009, 166p. ; Dir., Le Sénégal à la veille du troisième millénaire, Paris, Montréal, Budapest, L’Harmattan, 2000, 489 p. ; Dir., Pensée sociale critique pour le XXIe siècle : mélanges en l’honneur de Samir Amin, Paris, Budapest, Torino, L’Harmattan, 2003, 529 p.

SOURCES : A.A.Dieng, Mémoires d’un étudiant africain, Dakar, Codesria, 2011, 2 vol. Volume 1 : de l’école régionale de Diourbel à l’université de Paris (1945-1960) (Consultable en ligne) ; volume 2 : de l’université de Paris à mon retour au Sénégal (1960-1967) (Consultable en ligne) ; Abderrahmane Ngaïdé, Entretien avec Amady Aly Dieng : Lecture critique d’un demi-siècle de paradoxes, Dakar, CODESRIA, 2012, 148 p ; Momar Coumba Diop et Mamadou Diouf, Amady Aly Dieng, « La trajectoire d’un dissident africain », in : Les Cahiers de l’alternance, n°15, mars 2012, pp. 251-256. Entretiens avec Amady Aly Dieng, Dakar, janvier 2015

Françoise Blum

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