BOIDRON François, Marcel

Par Claude Pennetier

Né le 22 novembre 1900 à Thiézac (Cantal), mort en 1987 ; cheminot ; militant communiste ; maire d’Orly (Seine, Val-de-Marne) de 1945 à 1947 puis de 1955 à 1965.

Fils et petit-fils de cheminot, oncle de Guy Môquet*, François Boidron était lui-même employé à la SNCF. Entré à l’âge de seize ans au service d’exploitation du PO, il fit toute sa carrière aux chemins de fer, terminant celle-ci au grade de sous-inspecteur à Paris. Le hasard des mutations le conduisit à Ivry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne) en 1930, où il demeura jusqu’à la guerre. Cadre SNCF, il était resté en dehors de la Résistance - ce qui sera utilisé contre lui -, mais il s’était rapproché du Parti communiste et avait adhéré à la Libération, sous l’influence, entre autre, de son beau-frère Prosper Moquet. Celui-ci lui annonça qu’il avait été choisi pour représenter le PCF dans les instances municipales d’Orly, l’ancien maire communiste du Front populaire, Fernand Dusserre étant jugé indésirable.

Le 16 février 1945, le comité parisien de Libération fit entrer François Boidron au conseil municipal provisoire. Sa femme, Gilberte Boidron, siégeait au CLL au titre de l’Union des femmes françaises (UFF). Élu au conseil municipal à l’issue du scrutin du 29 avril 1945 en 12e position sur 23, il y resta jusqu’en 1971 sans interruption. L’assemblée municipale le désigna aux fonctions de maire du 4 mai 1945 à 1947. Le vieux socialiste Henri Flament, ancien résistant, prit l’avantage, dans un contexte de mise à l’écart des communistes du gouvernement ; François Boidron resta cependant maire adjoint. Sur son échec de 1947, les interprétations divergèrent : dans la tradition communiste locale, il aurait été victime de l’opposition convergente des socialistes et des gaullistes représentés par Irène de Lipowski, auréolée de l’image de son mari, Henri de Lipowski, mort en déportation ; d’autres pensent qu’il a été desservi par les références résistantes de ses concurrents. Il reprit la première magistrature municipale du 9 février 1955 à 1965 et présida à l’aménagement de la nouvelle mairie, dont l’achat avait été acté par son prédécesseur.

Le Parti communiste souhaita son remplacement et envoya un dirigeant national, Gaston Viens*, s’installer à Orly. Aux élections municipales de 1965, François Boidron conduisit la liste d’union démocratique aux côtés de Gaston Viens qui lui succéda.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article17043, notice BOIDRON François, Marcel par Claude Pennetier, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 26 janvier 2016.

Par Claude Pennetier

SOURCES : Arch. Dép. Val-de-Marne, 1 Mi 2426. — G.Blanc-Césan, Les maires du Val-de-Marne, 1988. — Claude Pennetier, Nathalie Viet-Depaule, Itinéraires orlysiens : les militants de l’entre-deux-guerres, Paris, Éditions de l’Atelier, 1994. — État civil de Thiézac : recherches infructueuses.

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