ROHAUT René

Par Jacques Girault

Instituteur dans le Calvados ; militant du SNI.

René Rohaut, instituteur et directeur de l’école de la rue du Chemin vert à Caen, était membre du conseil syndical de la section départemental du Syndicat national des instituteurs au début des années 1950, chargé dans un premier temps de la commission des ruraux. Il devint secrétaire général de la section en 1953-1954 et le demeura jusqu’en 1961-1962, refusant le partage des responsabilités, dans une pratique collégiale, avec la future tendance « Unité et Action », forte dans sa section syndicale. Parallèlement il était le secrétaire de la section départementale de la Fédération de l’Éducation nationale à partir de 1950.

Délégué à la réunion du conseil national du SNI, le 27 décembre 1950, il intervint sur la question des salaires, sur laquelle il avait publié des articles dans le bulletin de sa section départementale. L’un d’entre eux réclamant l’abrogation des zones de salaires avait été refusé en 1948 par L’École libératrice. Les positions du SNI sur la question évoluant, un nouvel article de Rohaut fut signalé en 1951 par Yves Caps dans la rubrique sur la vie des sections. Il exposait alors les trois questions urgentes : la revalorisation, la suppression des zones de salaires, la justice fiscale. Cette analyse devint la position du SNI adoptée par le congrès de juillet 1951. A la rentrée scolaire d’octobre 1951, lors de la réunion du conseil national, Rohaut apporta son expérience pour la défense de l’école laïque.

Après avoir été assesseur dans une séance du congrès de Paris, le 17 juillet 1952, lors du congrès national à Pau (Pyrénées-Atlantiques), assesseur de la séance consacrée à l’enseignement post-agricole, il intervint le 15 juillet 1953 dans la journée consacrée à la défense des cours complémentaires. Les maîtres, selon lui, pouvaient recevoir une formation spéciale « à condition qu’ils restent instituteurs ». Il fut alors nommé dans la commission chargée de préparer le texte sur la réforme de l’enseignement. Il reprit la parole dans une autre séance pour donner son accord dans la recherche par le SNI de l’unité d’action syndicale avec la CFTC.

Elu au Conseil départemental de l’enseignement primaire en 1951, Rohaut participa à la démission collective pour protester contre la politique répressive du gouvernement et sa politique antilaïque à la fin de 1953. Lors des élections en janvier 1954, il fut réélu avec beaucoup plus de voix qu’en 1951.

Lors du congrès national de 1955, il intervint dans la séance de discussion du rapport moral, le 21 juillet sur la question de la suppression des zones de salaires qu’il souhaita à nouveau. Lors de la discussion dans la journée pédagogique, précédant le congrès de 1957, il présenta l’expérience du conseil pédagogique de sa section départementale dans la séquence consacrée à la « Liaison entre l’enseignement technique des écoles normales et l’enseignement technique pratique des écoles d’application ». Lors de la réunion du conseil national du SNI, le 31 mars 1958, il condamna l’utilisation des retraités pour surveiller les examens. Assesseur au congrès de Brest (Finistère), il avait défendu l’idée que les instituteurs ne devaient enseigner que dans le primaire lors de la journée pédagogique, le 17 juillet 1958, consacrée à « L’évolution mentale des enfants au cours de la pré-scolarité ». Ses positions furent précisées lors de la réunion du conseil national, le 4 juillet 1959. Après le rapport de Robert Coustal sur les relations entre le SNI et l’Association nationale des professeurs de cours complémentaires, il estima que l’on accordait trop de place à l’ANPCC et que le SNI devrait continuer ses réflexions sur les cours complémentaires puis s’opposa à la résolution proclamant l’incompatibilité d’appartenance des militants du SNI à l’ANPCC.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article170384, notice ROHAUT René par Jacques Girault, version mise en ligne le 5 février 2015, dernière modification le 5 février 2015.

Par Jacques Girault

SOURCES : Presse syndicale. — Notes de Guy Julienne.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément