BODINEAU Georgette [BODINEAU Célestine, Marie, dite, épouse BOURRY]

Par Jean Maitron, Claude Pennetier

Née le 23 décembre 1890 à Chemellier (Maine-et-Loire), morte à Angers le 17 avril 1971 ; ouvrière du textile ; militante syndicaliste et communiste ; membre de la commission exécutive et du Bureau de la CGTU (1933-1935) ; membre du comité central du Parti communiste (1932-1936) ; une des responsables de la commission féminine nationale de la CGT à partir de 1945. Secrétaire générale de la fédération de l’habillement en 1945-1946 ; membre du secrétariat de l’Union départementale CGT du Maine-et-Loire en 1949.

Célestine Bodineau dite Georgette.
Célestine Bodineau dite Georgette.

Fille de cultivateurs, G. Bodineau travailla tout d’abord comme ouvrière en chaussures. Elle adhéra au syndicat unitaire des Cuirs et Peaux et en assura le secrétariat à partir de 1924. Le déclin de l’industrie de la chaussure à Angers l’obligea à changer de profession. Devenue ouvrière du textile dans la région d’Angers - où elle semblait avoir conservé un pied-à-terre 62 rue de Bressigny - et où elle était membre de la coopérative « Angers-Madeleine », G. Bodineau s’installa ensuite à Paris en 1927 comme secrétaire permanente du Syndicat de l’Habillement. Elle était alors membre de la Commission centrale féminine de la CGTU, en devint secrétaire et fut élue au bureau confédéral par le congrès de septembre 1933.
Devenue secrétaire générale de la Fédération unitaire des industries du Vêtement et de la Chapellerie en février 1935, elle était, en 1936, secrétaire générale du syndicat unitaire de l’Habillement de la Seine, secrétaire adjointe du syndicat de la confection pour hommes de la région parisienne et siégeait à la commission exécutive de l’Union des syndicats ouvriers de la région parisienne.
D’un second voyage à Moscou en janvier-avril 1933 (elle s’y était rendue une première fois en 1927 à l’occasion du 10e anniversaire de la Révolution d’Octobre), elle avait été investie par le Profintern d’une mission « d’instructeur » auprès des ouvriers du Vêtement. La même année, le 30 octobre, elle fut condamnée à un mois de prison et 25 F. d’amende pour outrages à agents au cours d’une manifestation de chauffeurs de taxis le 23 octobre, place de l’Opéra. Elle fut libérée le 23 novembre. En juin 1933, elle était membre du Comité national français de lutte contre la guerre et le fascisme (Amsterdam-Pleyel).
En 1930, Georgette Bodineau avait adhéré au Parti communiste et avait été élue à son comité central par le congrès de mars 1932 - VIIe congrès ; elle ne fut pas réélue au VIIIe congrès (janvier 1936).
Georgette Bodineau fut candidate au poste de secrétaire adjointe de la Fédération de l’Habillement au XXe congrès (17-19 septembre 1937). Elle subit un échec, n’obtenant que 223 voix contre 331 voix à Vignard mais fut réélue de 1937 à 1939 à la CE de l’UD-CGT de la région parisienne.
Sous l’Occupation, elle fut arrêtée une première fois le 10 février 1941 sous l’inculpation de propagande communiste et condamnée à un an de réclusion pour détention d’armes (un pistolet 6,35 avait été découvert à son domicile). Elle le fut à nouveau le 26 juillet 1942 et condamnée le 12 juin 1943 à un an de prison et 1 200 F. d’amende. Internée au camp des Tourelles, elle s’en évada dans la nuit du 20 au 21 février 1944.
En septembre 1945 elle devint une des responsables de la commission féminine nationale de la CGT. Début 1945, Georgette Bodineau épousa un nommé Bourry. Au congrès confédéral de mars 1945, elle fut élue membre de la commission administrative de la CGT et, en 1946, secrétaire générale de la Fédération CGT de l’Habillement, elle donna sa démission pour laisser la place aux nouvelles générations. En 1948, elle était encore responsable syndicale de l’Habillement pour la Région parisienne. Elle revint à Angers (Maine-et-Loire), et fut dès 1949 membre du secrétariat de l’UD-CGT comme secrétaire adjointe et archiviste, sous le nom de Bourry.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article17012, notice BODINEAU Georgette [BODINEAU Célestine, Marie, dite, épouse BOURRY] par Jean Maitron, Claude Pennetier, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 6 novembre 2017.

Par Jean Maitron, Claude Pennetier

Célestine Bodineau dite Georgette.
Célestine Bodineau dite Georgette.

SOURCES : Arch. Nat. F7/13115. — Arch. PPo. 300. — Arch. J. Maitron. — Le Travailleur parisien, 1936-1939. — Stéphane Courtois, Le PCF dans la guerre, op. cit. annexe 18. — Extrait des registres de l’État civil de Chemellier, 28 novembre 1980 et d’Angers, 30 mars 1981. — Notes de Slava Liszek.

PHOTOGRAPHIE : Arch. PPo. GB 142 cliché du 12 février 1941.

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