DUCASSE Jean-Marie

Par André Balent

Né le 16 juillet 1902 à Lannemezan (Hautes-Pyrénées), fusillé à Castelmaurou (Haute-Garonne) le 27 juin 1944 ; garagiste à Lannemezan (Hautes-Pyrénées) ; résistant des Hautes-Pyrénées (Combat ; MUR ; AS ; réseaux de renseignements et de passages clandestins vers l’Espagne)

Jean-Marie DUCASSE
Jean-Marie DUCASSE
Collection particulière de son fils André Ducasse. Publiée in Charniguet, op. cit., 1994 (cf. les Sources de la notice)

Jean-Marie Ducasse était le fils de Rémi et de Marie-Clémentine Beque. Il se maria avec Georgette Cordova.

Résistant dès 1941, Jean-Marie Ducasse et sa femme Georgette firent partie de réseaux (Action de la R4, Buckmaster, Pernod) qui cachaient des armes et faisait passer en Espagne des aviateurs britanniques et américains. Par ailleurs Jean-Marie Ducasse adhérait au mouvement Combat puis, logiquement aux MUR et à l’AS. En 1944, l’activité des mouvements et réseaux résistants de Lannemezan fut mise à mal par l’activité de Georges Pujol, un résistant montalbanais "retourné" devenu auxiliaire de la SIPO-SD de Toulouse et ayant intégré les Stosstruppen. D’autre part, informée par Georges Pujol la SIPO-SD put faire arrêter par ses auxiliaires français — et non par la Milice, comme on l’a longtemps cru à Lannemezan car les hommes qui participaient à la rafle parlaient français — Ducasse et sa femme (le 30 mai 1944) et douze autres résistants de Lannemezan qui furent conduits à la prison Saint-Michel de Toulouse. Pujol était parfaitement au courant des activités de Ducasse et a participé à la rafle de Lannemezan avec d’autres membres des Stosstruppen.de la Sipo-SD de Toulouse, parmi lesquels Germain Pezon (qui fut fusillé à Toulouse le 9 mai 1946) et dont la déposition a permis d’établir le rôle de Georges Pujol.

Roger Toubiana et Marcel Mercié, fusillés à Castelmaurou furent aussi arrêtés à la suite des dénonciations de Pujol. Toutefois, dans la déposition qu’il fit le 1er septembre 1944 après avoir été arrêté à la suite de la Libération de Toulouse, Georges Pujol indiqua que Toubiana et Charvet furent arrêtés sans qu’il y sans qu’il y eut quelque responsabilité : Toubiana avant son arrestation ; Charvet fut arrêté en même temps que lui, avant son retournement par la Sipo-SD. Georgette, déportée en Allemagne survécut. Par contre Jean-Marie Ducasse après avoir été interné à la prison Saint-Michel de Toulouse (Haute-Garonne) en fut extrait le 27 juin 1944 par la Sipo-SD et fut exécuté par des éléments de la division SS Das Reich dans le bois de la Reulle, près de Castelmaurou (Haute-Garonne). Ducasse fut transporté à Castelmaurou avec Jaume Soldevila (qui échappa à la fusillade), Claude Charvet et un autre détenu non identifié, de fait Charles de Hepcée dont l’identité fut établie bien plus tard.

Jean-Marie Ducasse, fit donc partie des quinze fusillés de Castelmaurou le 27 juin 1944 avec Claude Charvet, Noël Pruneta, Charley De Hepcée, Marcel Mercié, 32 ans ; Roger Toubiana, Roger Cazenave, 29 ans ; Jean-Louis Belvezet, 28 ans ; Raoul Sarda, 43 ans ; Joseph Guillaut.

Son nom figure sur le monument commémoratif de la Résistance à Lannemezan et sur le monument érigé dans la bois de la Reulle à l’endroit où il fut exécuté.

Voir : Lieu d’exécution : Castelmaurou (Haute-Garonne), fusillés sommaires du Bois de La Reulle (ou Reule)

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article170061, notice DUCASSE Jean-Marie par André Balent, version mise en ligne le 22 janvier 2015, dernière modification le 15 février 2018.

Par André Balent

Jean-Marie DUCASSE
Jean-Marie DUCASSE
Collection particulière de son fils André Ducasse. Publiée in Charniguet, op. cit., 1994 (cf. les Sources de la notice)

SOURCES : Arch. dép. Haute-Garonne, 2546 W 102, dossier 113 (Germain Pezon). — Musée de la Résistance et de la déportation de Toulouse, dossier Castelmaurou, extrait de la déclaration de Georges Pujol, 1er septembre 1944. — La Dépêche, Hautes-Pyrénées, "Mémoires de l’été 1944 [à Lannemezan]", 2 juillet 2004. — Le Petit journal, édition Toulousain, 23 juillet 2014. — Simone Charniguet, Lannemezan 1939-1945. Récits et témoignages, Lannemezan, Lannemezan-information, 1994. — José Cubero, Les Hautes-Pyrénées dans la guerre, Pau, éditions Cairn, 2e édition, 2013, 358 p. — Cd-Rom AERI, Haute-Garonne, Michel Goubet, fiche communiquée par Georges Portalès. — Courriels de Jean-Daniel Gaudais, 29 et 30 janvier 2016, 6 mai 2016. — Recherches de Georges Muratet.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément