BOCQUET Françoise

Par Daniel Hémery

Née le 10 septembre 1899 à Auchel (Pas-de-Calais), morte le 24 février 1973 à Arras ; fonctionnaire à la préfecture du Pas-de-Calais ; militante communiste et syndicale ; membre du comité fédéral du Pas-de-Calais du Parti communiste français ; conseillère municipale communiste d’Arras.

Françoise Bocquet était issue d’une famille du bassin minier proche du Parti communiste. Son père, receveur des contributions indirectes à Auchel, était un sympathisant du PCF et fut membre de la CGT jusqu’à son décès. Sa sœur, directrice du Service social de Gennevilliers, et son beau-frère, dessinateur industriel, furent tous deux militants communistes, la première à partir de 1938, le second dès 1934.
Titulaire du brevet élémentaire et du diplôme de fin d’études secondaires, Françoise Bocquet fit une carrière de fonctionnaire, d’abord comme rédactrice puis comme chef de bureau, à la préfecture du Pas-de-Calais, tout en s’engageant très jeune dans le mouvement syndical. Elle adhéra en août 1920 à la CGT à Arras et fut à plusieurs reprises secrétaire de la section syndicale CGT de la préfecture. Elle sympathisa très tôt avec le communisme. À partir de 1934, elle fut secrétaire-adjointe du comité arrageois du Comité mondial des femmes contre la guerre et le fascisme, ainsi que de la section locale des Amis de l’Union soviétique. Dans la biographie qu’elle remit en 1947 au Parti communiste elle déclara, à propos du Pacte germano-soviétique : « J’ai été troublée, mais instinctivement je pensais que l’URSS ne pouvait se tromper ni s’allier à l’Allemagne hitlérienne. Je me suis documentée auprès de ma famille, ayant compris la position de l’URSS, je l’ai toujours défendue. »
Le 1er janvier 1946, elle adhéra au PCF, cellule Maurice Thorez (préfecture du Pas-de-Calais), et, cette année-là, devint secrétaire à la propagande de la section d’Arras. C’est une militante de valeur, active dans de nombreuse organisations, notamment le Syndicat des Employés de Préfecture CGT, dont elle fut secrétaire-adjointe en 1946-1947, l’Union locale CGT et l’Union des Femmes Françaises, dont elle fut également secrétaire-adjointe, en 1946-1947 pour la première et depuis 1944 pour la seconde. Sa culture communiste est solide. Dans sa biographie de 1947, elle déclara avoir lu le Manifeste communiste, Salaires, prix et profits, Socialisme utopique et socialisme scientifique, Que faire ?, La maladie infantile du communisme, divers textes des Œuvres de Lénine, L’histoire du PC(b) de l’Union soviétique etc... Candidate du PCF avec Georges Derepas et René Bacquaert aux élections cantonales du 10 novembre 1946 (elle le fut à nouveau en 1949), elle fut élue en troisième position en novembre 1947 au conseil municipal d’Arras où elle siègea jusqu’en juin 1949, son élection étant alors annulée par le Conseil d’État pour incompatibilité professionnelle. Mais elle retrouva son siège et le conserva au moins jusqu’en 1966. Elle appartint au comité fédéral du PCF à partir de 1946 et milita avec dévouement. Le secrétaire fédéral du Pas-de-Calais, Joseph Legrand, écrivit à son sujet en février 1950 : « Camarade très dévouée. A assumé courageusement la direction de la section d’Arras à la suite de la défaillance du secrétaire (Georges Derepas). Est très utile à la Fédération pour les renseignements en provenance de la Préfecture ». Elle déploya beaucoup d’activités lors des grands mouvements sociaux des années 1950. La Fédération du Pas-de-Calais apprécia son attitude pendant les grèves d’août 1953 en ces termes : « Chef de bureau à la Préfecture, membre du comité fédéral, dès le début de la grève a eu une bonne attitude dans les mouvements à la préfecture d’Arras où elle fut sanctionnée par le Préfet. Mais cette sanction fut rapportée, une pétition signée à 100 % (du personnel) et adressée au Préfet l’ayant exigé ». La section communiste d’Arras proposa à nouveau sa candidature au conseil général pour le canton d’Arras-sud en février 1966, proposition que la Fédération ne suivit pas, Françoise Bocquet étant fonctionnaire du ministère de l’Intérieur et en principe inéligible, mais les communistes arrageois la maintinrent et firent appel au comité central par une lettre du 25 février. Elle fut encore réélue à la conférence fédérale de juin 1956, mais, selon une note de la Fédération de mai 1956, « demande à être relevée pour son âge... nous pensons que ce n’est pas la véritable raison et que, comme pour Roger Marcel [le secrétaire de la section d’Arras à l’époque], il s’agit en fait des rapports entre la Fédération et la section d’Arras ». L’année suivante, en mai 1957, une nouvelle note de la Fédération estime qu’ »il s’agit d’une camarade dépassée ». Elle n’est pas réélue au comité fédéral lors de la conférence fédérale du 19 mai 1957.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article16995, notice BOCQUET Françoise par Daniel Hémery, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 20 octobre 2008.

Par Daniel Hémery

SOURCES : Arch. Dép. Pas-de-Calais, M 5260 et 5170 ; Archives du comité central du PCF, dossier biographique n° 63/18866.

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