MONTIGNY Bernard

Par Thomas Pouty

Né le 14 novembre 1922 à Domfront (Orne), fusillé le 27 avril 1944 à la carrière des Aulnaies, à Saint-Germain-du-Corbéis (Orne) ; serrurier ; résistant au sein des FTPF.

Bernard Montigny
Bernard Montigny
Musée de la résistance nationale. Fichier de l’Association des familles de fusillés.

Bernard Montigny vivait au Châtellier (Orne). Lorsque le Service du travail obligatoire (STO) fut institué, il refusa de s’y soumettre et se cacha sur le chantier forestier du moulin de Vrigny exploité par la famille Gagnaire. Avec d’autres réfractaires au STO il décida de rejoindre le groupe de résistants mis en place par les deux frères Gagnaire en 1943 et rattaché, en premier lieu, au mouvement Vengeance, puis aux Francs-tireurs et partisans (FTP) en février 1944. En prévision du passage à la lutte armée du groupe, un dépôt d’armes fut constitué et camouflé. Bernard Montigny participa notamment au transport et à la distribution de tracts dans la région de Flers, à la destruction de la ligne haute tension sur la route de Flers à Domfront et à plusieurs transports d’armes. Le 17 février 1944 le groupe participa à une tentative d’assassinat sur la personne d’un collaborateur du département qui entraîna, par ricochet, le démantèlement du groupe.
Le 4 mars, Henri Gagnaire et Bernard Montigny furent arrêtés par hasard, alors qu’ils étaient à vélo (à l’occasion d’un repérage sur une ligne haute tension), par un inspecteur de police, par ailleurs chargé de l’enquête sur la tentative d’assassinat, trouvant leur allure louche. Il les arrêta et les conduisit pour vérifications à la brigade de gendarmerie de Rânes.
Alors qu’ils se rendaient aux domiciles des suspects, les policiers tombèrent sur deux membres du groupe dont André Suriray qui prirent la fuite à leur vue. Ils furent arrêtés. Dans la journée le moulin de Vrigny fut investi par les forces de l’ordre et plusieurs personnes, parmi lesquelles Marcel Lemoulan, furent arrêtées. Prévenus par les gendarmes de Mortrée certains membres du groupe parvinrent à s’enfuir. Malgré tout, Robert Gagnaire et Jacques Louvel furent arrêtés les armes à la main plus tard dans la nuit du 4 au 5 mars.
Amenés à Argentan pour y être interrogés, les résistants furent transférés sous autorité allemande à Alençon le 6 mars. Ils furent traduits devant le tribunal de la Feldkommandantur 916 d’Alençon le 21 avril 1944 et condamnés à la peine capitale.
Le 27 avril 1944, Henri Gagnaire, Robert Gagnaire, Marcel Lemoulan, André Suriray, Bernard Montigny et Jacques Louvel furent fusillés à la carrière des Aulnaies à Saint-Germain-du-Corbéis.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article169846, notice MONTIGNY Bernard par Thomas Pouty, version mise en ligne le 14 janvier 2015, dernière modification le 24 janvier 2019.

Par Thomas Pouty

Bernard Montigny
Bernard Montigny
Musée de la résistance nationale. Fichier de l’Association des familles de fusillés.

SOURCES : DAVCC, Caen, Liste S 1744, dossier statut, dossier « Mort pour la France ». – « La Résistance dans l’Orne », CDrom AERI. – Arch. Dép. Orne. – Thomas Pouty, La répression franco-allemande dans le département de l’Orne, 1940-1944, Université de Caen, 2001.

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