BLUMEL André [à l’origine BLUM André, Albert]

Par Éric Nadaud

Né le 18 janvier 1893 à Paris (Xe), mort le 26 mai 1973 à Paris ; journaliste, avocat. Secrétaire administratif du Groupe parlementaire de la SFIO (1924-1928). Secrétaire de la rédaction du Populaire. Rédacteur en chef du Travail, organe socialiste de la Fédération des Deux-Sèvres (1928-1934) ; membre de la CAP de la SFIO (1933-1939) ; directeur de Cabinet de Léon Blum (1936-1938), puis d’Adrien Tixier (1944-1945). Délégué du P.-S. clandestin à Londres pendant l’Occupation. Après 1945, avocat dans plusieurs grands procès politiques (Farge, Kravchenko, Jeanson...). Président de l’Union sioniste de France à partir de 1947. Président du K.K.L. de France (1946-1949). Membre du Comité national des Combattants de la Paix (1948). Premier président du MRAP (1949-1952). L’un des fondateurs (1953) et membre du Bureau exécutif du Cercle Bernard Lazare. Président du Comité juif d’action contre le réarmement allemand (1953-1955). Secrétaire du Parti socialiste unitaire (1952-1954), puis secrétaire général du Parti socialiste de gauche (1954-1956). Président de la Fédération sioniste de France (1955-1960). Coprésident de l’UJRE (1965-1973). Conseiller municipal apparenté communiste de Paris (1965-1973). Président-délégué de France-URSS (1970-1973). Coprésident des Échanges franco-allemands (1960-1963).

André Blumel
André Blumel

André Blum se fit connaître dans la vie publique à partir de 1915 sous le nom d’André Blumel, pour éviter d’être confondu avec un homonyme, journaliste comme lui et critique d’art connu. Ce pseudonyme lui permit ensuite de se distinguer aussi de Léon Blum, quand il en devint le collaborateur. Il fut autorisé à en faire son patronyme officiel par un décret paru au Journal Officiel le 27 septembre 1936.

Il naquit dans une famille juive de vieille souche française originaire du Nord-Est de la France, très assimilée, patriote et républicaine. Son père, Joseph Blum, avait quitté son Alsace natale en 1870 par refus de l’Allemagne, et s’était établi à Paris, où il était devenu négociant-tailleur. C’était un radical-socialiste agnostique convaincu. Sa mère, Amélie Cahen, était issue d’une famille établie dès le XVe siècle à Troyes, en Champagne. Quoique élève jusqu’à seize ans des Sœurs de la doctrine chrétienne, elle était restée fidèle au judaïsme, mais limitait sa pratique au respect de certains rites. Après André, le couple eut encore une fille, Suzanne, qui devint elle aussi une avocate connue et épousa son confrère Paul Weill. La famille quitta Paris en 1 897 pour se fixer à Niort, dans les Deux-Sèvres, où elle vécut dans l’aisance. André Blumel y fit ses études jusqu’au baccalauréat, à l’école primaire Michelet, puis au Lycée Fontanes. N’ayant aucune disposition pour le commerce vers lequel son père avait espéré le diriger, il revint à Paris poursuivre des études de philosophie à la Faculté des Lettres et au Collège de France, où il reçut l’enseignement d’Émile Durkheim et Lucien Lévy-Bruhl, qui lui firent comprendre la nécessité d’un réexamen de la pensée marxiste à la lumière de la sociologie. Il fut exempté du service militaire et évita la guerre en raison d’une affection cardiaque, mais ses études furent tout de même perturbées par la multiplicité de ses activités. Il finit par renoncer à l’agrégation de philosophie qu’il avait un temps envisagée, et se réorienta avec succès vers le droit. Le 2 décembre 1926, il s’inscrivit au barreau de Paris. Après avoir fait ses premiers pas au cabinet d’Henri Torrès, il devint un avocat en vue, qui traita tous les types d’affaires, mais se fit particulièrement connaître comme défenseur de militants dans des procès politiques. Sur un plan plus personnel, il épousa le 21 février 1921 une journaliste d’origine irlandaise, Marie-Édith-Agnès Davoren, qui lui donna un fils, Jean, en décembre 1922, mais décéda en 1926 à Genève. Il se remaria le 8 novembre 1940 à Riom avec Marie-Adrienne-Sarah Egretaud, elle-même journaliste. Plus tard, il noua une liaison hors mariage avec Suzanne Brunnel, professeur et traductrice d’arabe, qui lui donna une fille, Bethsabée, le 1er mars 1963. C’était un travailleur assidu et rigoureux, doté d’une culture littéraire et juridique étendue et d’une mémoire très précise. Quoique homme de conviction et esprit indépendant, il se signalait par une aptitude à la négociation, une urbanité raffinée et une hauteur de vues qui lui valurent maintes sollicitations pour des missions délicates, des postes exposés ou des présidences difficiles.

Il se rallia au socialisme dès l’âge de quinze ans, par admiration pour Jaurès. En 1910 ou 1911, il entra au « Groupe des Étudiants socialistes » (ancien Groupe des Étudiants collectivistes), où il étudia le syndicalisme révolutionnaire, fréquenta l’émigration russe et se fit des amis pour la vie, tels Henri Laugier et Nicolas Raytchine. Il adhéra en octobre 1911 à la 14e section de la Fédération de la Seine du Parti socialiste SFIO. Il se fit transférer en 1919 dans la Fédération du Nord, puis renoua avec la Fédération de la Seine au début des années 1920. Pour mieux servir la cause socialiste, il embrassa une carrière de journaliste politique. Il fut rédacteur parlementaire dans les deux journaux successifs de Gustave Hervé, La Guerre sociale et La Victoire en 1914 et 1915, puis dans l’organe du Parti, l’Humanité, à partir de 1916, où il mena une campagne pour la défense de Joseph Caillaux dont l’intéressé reconnut lui-même l’utilité. Il quitta l’Humanité après que Renaudel ait dû en abandonner la direction, pour rejoindre le Cri du Nord, l’organe de la Fédération socialiste du Nord, dont il fut le rédacteur principal en 1918 et 1919. Il écrivit également pour le Chicago Daily New, de 1917 à 1927. Parallèlement, il fut à partir de 1914 le secrétaire d’Albert Thomas. Au lendemain de la guerre, il suivit ce dernier à Londres puis au Bureau international du Travail à Genève. Il exerça les fonctions de chef des Informations du BIT en 1920 et 1921, et conduisit plusieurs missions d’études en Europe centrale, notamment comme rapporteur de la Commission du BIT chargée d’enquêter en Hongrie sur la liberté syndicale. Il démissionna toutefois du BIT en 1922, par nostalgie pour le journalisme et la lutte politique, et reprit aussitôt sa collaboration avec la presse. Il travailla pour des journaux d’inspiration cartelliste et wilsonienne, L’Œuvre, à partir de 1922, Le Quotidien, à partir de 1923, avec de nouveau la responsabilité de la rubrique parlementaire, et L’Europe nouvelle, où il s’occupa de la rubrique « Le courrier de Paris », jusqu’à la publication d’un article favorable à « l’Italie nouvelle », celle de Mussolini, qui le conduisit à rompre. Il écrivit aussi dans des organes régionaux, Le Progrès de la Somme en 1923, et La France de Bordeaux au début des années 1930. Il renoua enfin avec la presse socialiste. En 1924, il entra au Populaire, où il prit en charge la rubrique de « L’action socialiste au Parlement ». Il en devint jusqu’aux années trente le secrétaire de rédaction. Il collabora aussi au Bulletin socialiste, destiné à la presse du Parti, et fut le rédacteur en chef du Travail, organe de la Fédération SFIO des Deux-Sèvres (cf. infra). À tous ces titres, il appartint au conseil d’administration du Syndicat des journalistes, dont il fut aussi l’un des secrétaires.
Dès ses débuts à la SFIO, il prit aussi une part active aux luttes de tendances. Avant la guerre, il se définit avant tout comme « jauressiste ». Pendant le conflit, il se rangea parmi les partisans dits « majoritaires » de l’union sacrée. A l’issue du congrès socialiste d’octobre 1918, il apporta sa signature au manifeste que Thomas, Bracke, Dubreuilh et Renaudel adressèrent « Aux fédérations du Parti », au nom des « majoritaires » devenus minoritaires, pour appeler les travailleurs à continuer avec eux la politique de défense nationale. Il dénonça le traité de Versailles, au nom de la justice mais aussi de l’intérêt des populations du Nord et de l’avenir de la France, et déposa avec Roger Salengro une motion hostile à sa ratification au congrès réuni par la Fédération du Nord le 6 juillet 1919. En 1919 et 1920, il fit campagne contre l’adhésion à la Troisième Internationale, en opposant le « socialisme issu de la raison » au socialisme romantique et mystique venu d’Orient. Sur la question du pouvoir et des relations avec les radicaux, ses affinités profondes avec Jaurès, Thomas et Renaudel le portaient vers la formule du « Bloc des Gauches ». Cependant, après la scission, il jugea prioritaire d’assurer d’abord le rétablissement du Parti. Il se joignit à l’aile gauche au moment des élections législatives de mai 1924 pour signer et faire adopter par la Fédération de la Seine des motions réprouvant toute alliance parlementaire et gouvernementale permanente avec les radicaux. Il fit partie à ce titre de la délégation de la Seine au congrès national réuni par le Parti les 1er et 2 juin 1924.
À partir de juin 1924, il accéda à l’administration centrale du Parti à la faveur de son implication dans les débats internes. Il s’intégra dès le début de la législature au noyau dirigeant de l’aile droite « participationniste » conduite par Renaudel, et collabora activement à la rédaction de son organe, La Vie socialiste. Il fut élu secrétaire administratif du Groupe parlementaire socialiste le 18 juin 1924, pour quatre ans, dans des conditions qui donnaient à son élection le sens d’un succès de la tendance Renaudel, par 42 voix contre 35 au guesdiste Inghels. Il fut également porté à la CAP pour représenter la Vie socialiste, comme membre suppléant en 1925, 1926, 1927, 1 928 et 1932, puis comme membre titulaire à partir du 7 septembre 1932. Chaque fois que fut posée la question de l’entrée des socialistes dans un gouvernement à direction radicale, en 1926 puis en octobre 1929 et janvier 1930, il se prononça pour une réponse positive. Au congrès national réuni à Tours les 24 au 24 mai 1931, il se joignit aux vingt-cinq parlementaires qui signèrent la déclaration lue par Renaudel pour protester contre l’adoption d’une résolution hostile à toute collaboration socialiste à la défense nationale. Au lendemain du succès de la gauche radicale et socialiste aux élections de mai 1932, il soutint la motion participationniste dite « B » au congrès de la Fédération de la Seine, puis au congrès national des 29 au 29 mai et 1er juin 1932. Il maintint ce point de vue dans les premiers temps de la crise qui secoua le Parti durant l’année 1933. Au Conseil national du 5 février 1933, il déposa une motion distincte de celle de la Vie socialiste, mais qui mettait en avant les mêmes idées, et ne recueillit d’ailleurs que 2 % des mandats. Lors de la réunion de la CAP du 24 mai 1933, il fut l’un des cinq membres de l’aile droite qui refusèrent d’entériner le rapport moral présenté par le secrétaire général Paul Faure sur le conflit entre la majorité du Groupe parlementaire et le Parti, et plaida pour l’autonomie du Groupe par rapport à l’organisme central du Parti. Cependant, il ne plaçait pas son cartellisme au-dessus de l’unité de la SFIO, et s’efforça de préserver celle-ci quand ses amis firent le choix de la dissidence. Au congrès national de juillet 1933, il défendit la motion conciliatrice dite « d’Union et d’Unité » présentée par Vincent Auriol pour empêcher la rupture entre l’aile droite et le Parti. C’est à ce titre qu’il fut réélu membre titulaire de la CAP. Le 27 août, lors de la réunion de la CAP qui mit en accusation les députés dits « néo-socialistes » qui avaient dénoncé la politique suivie par le Parti dans un meeting public à Angoulême, il désapprouva les thèses présentées par ces derniers, mais contesta au nom de la liberté de pensée la décision finalement prise de les déférer devant le Conseil national. Le 30 octobre, après le vote d’une poignée de députés « néos » en faveur des projets financiers du gouvernement, il tenta vainement d’empêcher la CAP d’adopter une résolution demandant au Conseil national de prendre contre eux des sanctions allant jusqu’à l’exclusion, résolution qui devait conduire à la scission de l’aile droite.
Parallèlement, il s’implanta dans les Deux-Sèvres, son département d’origine. Il prit part au lancement, le 22 janvier 1928, de l’organe de la fédération SFIO, l’hebdomadaire Le Travail, dont il fut le rédacteur en chef jusqu’en 1934. Il s’engagea aussi dans la bataille électorale. Il présenta sa candidature pour le siège de député de la 2e circonscription de Niort en 1928 et en 1932. Cependant, il se heurta chaque fois au candidat député radical sortant René Richard. Le 22 avril 1928, il regroupa au premier tour 2 105 suffrages sur 11 486 exprimés, loin des 4 086 voix de René Richard, en faveur duquel il lui fallut se désister. Le 1er mai 1932, il améliora sa performance en rassemblant 2 762 voix sur 11 697, quand René Richard n’en réunissait plus que 2923, mais n’en dut pas moins se désister de nouveau en faveur de celui-ci. Il fut également candidat à deux reprises au conseil d’arrondissement dans le 2e canton de Niort, lors des élections cantonales de 1928 et de 1934, mais ne dépassa pas davantage le premier tour. Cette fois, il trouva sur son chemin le candidat conseiller radical-socialiste sortant Cognault. Le 14 octobre 1928, il ne regroupa que 1 026 suffrages sur environ 4 000 exprimés, et dut se désister pour celui-ci, qui en avait réuni 1 349. Le 7 octobre 1934, il améliora sa performance avec 1 511 suffrages sur 3 972 exprimés, mais cela n’empêcha pas Cognault, fort de 2236 voix, d’être élu d’entrée de jeu. Il ne rencontra finalement le succès qu’à l’élection municipale partielle qui se déroula à Niort les 25 septembre et 2 octobre 1932, où il figurait avec d’autres socialistes sur la liste « d’Union des gauches » qui l’emporta au scrutin de ballottage. Au conseil municipal, il se préoccupa tout particulièrement du secours aux défavorisés et aux chômeurs. Durant toutes ces années, il s’impliqua fortement dans les débats internes de sa fédération, qui portaient principalement sur les relations avec les radicaux, composante dominante de la gauche dans le département. Comme sur le plan national, il défendit les thèses cartellistes, ce qui l’amena à s’opposer durement aux représentants locaux de la tendance Bataille socialiste, conduits notamment par Maurice Goudeau. Il fut particulièrement mis en cause à la suite du Conseil national que réunit la SFIO en novembre 1929, pour avoir apporté tous les mandats dont il disposait en tant que délégué des Deux-Sèvres à l’option de la participation à un gouvernement à direction radicale, sans tenir compte de la minorité de gauche. Il n’en exerça pas moins une influence réelle sur la fédération, puisque celle-ci, d’orientation incertaine avant son arrivée, adhéra à ses vues à plusieurs moments clés. Le Progrès des Deux-Sèvres put ainsi le qualifier en 1934 de « leader des socialistes SFIO des Deux-Sèvres ». Tout ce travail d’implantation fut cependant anéanti par un incident qui fit rejouer le clivage droite-gauche au sein de la Fédération entre les deux tours des élections cantonales des 7 et 14 octobre 1934. A la suite de l’adhésion de plusieurs élus radicaux des Deux-Sèvres à l’ » union nationale » constituée autour de Doumergue, la fédération socialiste n’accepta le désistement de ses candidats qu’au profit des radicaux arrivés en tête au premier tour qui auraient répudié ouvertement cette combinaison. Or Blumel écrivit pour Le Travail un éditorial qui devait paraître la veille du second tour, pour défendre l’idée qu’il fallait battre la réaction dans tous les cantons, ce qui revenait à admettre un désistement même pour des radicaux « d’union nationale ». Le journal ayant refusé de le publier, il s’estima désavoué, se démit dès le 15 octobre de ses mandats de conseiller municipal de Niort et de rédacteur en chef du Travail, et quitta définitivement la fédération.
À partir de 1934, il occupa une position nouvelle et singulière au sein du Parti. Il était désormais dépourvu d’appui fédéral. Après avoir été pendant des années le délégué des Deux-Sèvres dans les assemblées du Parti, il représenta des fédérations auxquelles rien ne le rattachait : la Vienne au congrès national de 1935, l’Aude à celui de 1936, puis la Haute-Marne à ceux de 1937 et 1938. Il se fit certes transférer dans la Fédération de la Seine, mais n’y déploya aucune activité militante visible et n’y sollicita aucun mandat. Il renonça également à exercer des fonctions électives, et ne fut pas candidat aux élections législatives de 1936. Il tourna de même la page de ses activités de presse. Enfin, il n’appartint plus à aucune tendance structurée. Si dans ces conditions peu favorables il put rester l’un des dirigeants nationaux du Parti, ce fut pour deux raisons principales. Il était d’abord très apprécié de la plupart de ses camarades, pour ses qualités personnelles et pour son dévouement au Parti, dont témoignait son assiduité sans faille aux réunions des organismes centraux, au point qu’on le présenta au congrès national de 1936 comme l’un des « meilleurs d’entre les militants de la CAP », et l’un des plus laborieux « parmi les bénédictins du Parti ». D’autre part, il s’imposa alors comme le « lieutenant de Léon Blum », selon les termes mêmes de son entourage. Déjà lié au leader socialiste par une ancienne et étroite relation d’amitié, qui tenait pour ce qui le concernait de la vénération filiale, il en devint le collaborateur le plus proche, à la fois sur le plan professionnel, comme avocat, et sur le plan politique. En cette double qualité, il se maintint dans les organismes centraux. Il fut réélu membre de la CAP par le congrès national de Toulouse, en mai 1934, puis par celui de Mulhouse, en juin 1935, au titre de la motion « Drôme-Haute-Garonne » inspirée par Jules Moch et Vincent Auriol. Au congrès qui suivit la victoire électorale du Front populaire, du 30 mai au 1er juin 1936, il fit l’épreuve de la précarité de sa position, puisqu’il fut évincé de la CAP par la commission des résolutions en même temps que deux autres proches de Léon Blum, et ne put conserver son siège que grâce à une vive réaction du congrès et à un désistement en sa faveur du dernier élu du courant « Paul Faure-Lebas-Séverac ». Il fut réélu par le congrès qui se tint à Marseille en juillet 1937, comme représentant de la motion Blum-Paul Faure, puis par le congrès de Royan, en juin 1938, au titre de la motion Blum. Au Bureau du Parti, il remplit les fonctions de secrétaire de la sous-commission des éditions et de la documentation de juillet 1933 à mai 1936, dont il fut aussi simple membre de juin 1936 à juillet 1937. Il fut également secrétaire de la sous-commission des conflits de juin 1936 à juillet 1937, et secrétaire de la sous-commission d’administration générale, avec la mission de conduire une réflexion sur la réorganisation des services centraux du Parti, de juillet 1937 à mai 1939. Il fit aussi partie de la commission créée en juillet 1933 par la CAP pour étudier le problème de l’aide aux réfugiés politiques, puis de la commission d’étude des questions intéressant l’immigration étrangère en France constituée par la CAP en décembre 1937. Il appartint au comité national consultatif des Amicales socialistes. Il prit enfin une part active aux pourparlers sur l’unité avec le Parti communiste. Suppléant de Léon Blum dans la délégation constituée par le Conseil national du 15 juillet 1934 pour discuter avec le PC d’un rapprochement, il fut l’un des signataires socialistes du Pacte d’unité d’action conclu le 27 juillet 1934. Il appartint ensuite à la délégation socialiste au sein du Comité de coordination des deux partis socialiste et communiste, puis du Comité national d’entente qui le remplaça à partir de décembre 1936, toujours comme suppléant d’un Léon Blum rarement présent. Sur le plan politique, il défendit les mêmes conceptions que Léon Blum. A la suite des événements de février 1934, auxquels il fut particulièrement sensible, il considéra que la résistance au fascisme était désormais l’une des priorités de l’action socialiste, mais n’adhéra pas pour autant aux thèses extrêmes. Il se prononça pour une mobilisation énergique et une offensive du Parti, dans le respect toutefois de la légalité et des traditions socialistes. Il jugea indispensable et urgente une lutte en profondeur contre la crise et la misère, sans pour autant souscrire aux thèses « planistes ». Il poussa enfin à la réalisation d’un vaste rassemblement antifasciste. Il se distingua sur ce plan en se rangeant parmi les partisans les plus déterminés de l’unité d’action avec les communistes.
La victoire du Front populaire aux élections du 3 mai 1936 lui permit de vivre de l’intérieur l’exercice du pouvoir. Après avoir été étroitement associé à toutes les démarches qui précédèrent la constitution du gouvernement, en mai 1936, il fut le directeur de cabinet de Léon Blum, tant à la présidence qu’à la vice-présidence du Conseil, jusqu’en avril 1938. Durant les deux gouvernements Blum, de juin 1936 à juin 1937 et en mars-avril 1938, il exerça cette fonction à l’Hôtel Matignon même, où il habita, relié par une liaison spéciale au domicile du président du Conseil, Quai Bourbon. Il s’occupa surtout des problèmes de politique intérieure, fit barrage pour éviter à Léon Blum d’être dérangé la nuit et débordé par les questions secondaires, mais aussi traita, en accord avec lui, de problèmes considérés comme sérieux. Il accomplit ainsi une tâche considérable, en participant à presque toutes les délibérations et en assumant de lourdes responsabilités. Selon Édouard Depreux, il joua en fait « un rôle plus important que celui de plusieurs ministres en apportant au président du Conseil tous les éléments de la décision à prendre ». Il faillit y laisser la vie lors de l’incident de Clichy. Dans la nuit du 16 au 17 mars 1937, ayant été informé qu’une manifestation du Front populaire en riposte à une réunion nationaliste menaçait de dégénérer en troubles graves, il se rendit sur place en compagnie du ministre de l’Intérieur Marx Dormoy, et tenta de s’interposer, mais fut grièvement blessé de deux balles par les tirs de la police. L’événement fit grand bruit, mais sa présence sur les lieux de l’échauffourée contribua à protéger le gouvernement Blum. Une fois cette expérience gouvernementale achevée, il resta jusqu’à la guerre le plus proche collaborateur de Léon Blum, qu’il suivit dans la plupart de ses déplacements et représenta à l’occasion en France ou à l’étranger. Son rôle durant cette période « héroïque » accrut sa notoriété dans le Parti et en dehors, et en fit jusqu’à sa mort un symbole du Front populaire. Il détermina aussi son évolution vers le socialisme de gauche, en lui faisant expérimenter la difficulté de gouverner pour le peuple en demeurant dans le cadre du régime capitaliste.
Face au danger hitlérien, il s’engagea de nouveau dans le conflit des tendances au sein de la SFIO. Il fut choqué par les Accords de Munich qui conduisaient à l’abandon d’une démocratie alliée où de surcroît il comptait des amis. Il y réagit à titre personnel en multipliant les manifestations de soutien à la Tchécoslovaquie. Il signa l’Adresse de solidarité de La Lumière au peuple tchécoslovaque, et fut l’un des douze avocats et parlementaires de gauche français « amis de la Tchécoslovaquie » qui lancèrent en juillet 1939 un appel en faveur du docteur Ivan Sekanina, avocat et ancien député tchèque antinazi incarcéré à Berlin. En outre, il se rangea avec Blum et la Bataille socialiste parmi les partisans d’une politique de résistance à l’Allemagne hitlérienne. Il défendit cette ligne au sein de la Commission d’étude des problèmes de la paix et de la politique de paix constituée par la CAP en octobre 1938. Il signa la motion que Blum présenta dans le même esprit et fit adopter au congrès national réuni à Montrouge en décembre 1938, puis celle que le leader socialiste ne fit que soumettre au congrès national qui se tint à Nantes en mai 1939. Il maintint d’autre part des positions nettement unitaires sur le plan intérieur. Quand fut posée la question de l’adhésion des militants à des organisations antifascistes sous influence communiste, au printemps 1939, il plaida pour le maintien des dispositions adoptées en 1936 qui autorisaient cette adhésion. À la demande de la CAP, il rédigea un rapport en ce sens, qu’il soumit au congrès de Nantes. Il n’obtint cependant pas gain de cause, le congrès préférant se rallier à un rapport contraire, interdisant désormais toute adhésion. Ce double engagement fut à l’origine d’une dégradation sensible de ses relations avec les paulfauristes, au point que la presse se fit l’écho d’attaques antisémites que ceux-ci auraient portées contre lui dans les coulisses du congrès de Nantes. Pour cette raison ou pour une autre, il démissionna avec Louis Lévy de la CAP, où tous deux venaient d’être réélus, à l’issue même du congrès de Nantes.
Début 1940, il fut mobilisé comme « capitaine-défenseur », et fit équipe avec Édouard Depreux pour assurer la défense des militaires poursuivis devant les conseils de guerre au sein de la deuxième armée, dans les Ardennes et la Meuse. Lors de la débâcle, ils réussirent tous deux à sauver de la peine capitale six soldats traduits en cour martiale pour abandon de poste en présence de l’ennemi. Une fois démobilisé, il conféra sur la situation et le moyen d’organiser la Résistance avec Léon Blum, à Colomiers, en juillet, puis avec Henri Ribière, André Le Troquer, André Philip et Lucien Hussel, à Vichy, en septembre, avant de se réfugier à Antibes avec sa famille. Il fut mandaté par les premiers animateurs de la Résistance socialiste pour se rendre à Londres auprès du général de Gaulle, un choix qui se justifiait non seulement parce qu’il avait rencontré ce dernier à plusieurs reprises au cabinet de Léon Blum en 1936, mais aussi parce qu’il pouvait compter sur place sur le concours de la famille de sa première épouse, et sur ses propres liens avec des hommes politiques anglais, comme Churchill, Antony Eden et plusieurs dirigeants travaillistes. Il ne put cependant joindre l’Angleterre. Il franchit la frontière andorrane le 2 décembre 1940, en compagnie de sa femme et de son fils, mais fut contraint de séjourner trois mois et demi en Andorre pour soigner ses pieds gelés durant l’expédition. À la mi-mars 1941, invité à quitter le territoire, il gagna Lisbonne. Il y fut arrêté le 29 mars par les autorités portugaises, qui le remirent à leurs homologues espagnoles. Celles-ci l’incarcérèrent pendant sept semaines, puis le livrèrent elles-mêmes au gouvernement de Vichy. Interné à la Maison d’arrêt de Perpignan, fin mai 1941, il fut poursuivi pour franchissement clandestin de frontières et exportation de capitaux, et condamné par le tribunal correctionnel de Céret à un mois de prison et une peine d’amende. A peine relâché, il fut astreint par un arrêté préfectoral à résider à compter du 14 août 1941 sur le territoire de la commune de Formiguères, dans les Pyrénées-Orientales. Libéré au printemps 1942, il rejoignit Léon Blum, lui-même interné à Bourassol, près de Riom, où venait de se tenir son fameux procès. Il eut de longs entretiens avec lui, et se préparait à s’établir à Riom, pour l’assister, quand il fut arrêté de nouveau, en août 1942. Il fit l’objet d’un internement administratif à Pellevoisin, puis à Vals-les-Bains, avec Léon Jouhaux et Édouard Herriot, et enfin à Evaux-les-Bains. Malgré cette surveillance permanente, il réussit à maintenir des contacts avec la Résistance, notamment par courrier et par l’entremise d’Édouard Depreux, qui le visitait souvent. C’est ainsi qu’il se joignit à trois de ses compagnons d’internement d’Evaux-les-Bains, Champetier de Ribes, Jean Nocher et Roger Stéphane, pour adresser au général de Gaulle, à la Noël 1943, une lettre commune, où les quatre hommes prenaient position contre la renaissance des vieux partis politiques, discrédités à leurs yeux par la défaite et le 10 juillet 1940, et soulignaient la nécessité de constituer sous l’égide du général un grand « parti républicain du peuple » ouvert aux seuls Résistants, pour réaliser une révolution à la fois économique, politique et humaine. Il s’évada le 6 mai 1944 avec l’aide d’Édouard Depreux et de la Résistance, quelques jours avant que la Gestapo, à laquelle le gouvernement de Vichy avait décidé de le livrer, ne vînt le chercher. Tandis que son épouse était en riposte arrêtée et internée à sa place, il reprit l’action clandestine. Il fut délégué secrètement fin juillet 1944 à Londres par la Résistance socialiste, avec la mission d’y réunir les moyens d’une opération de sauvetage de Léon Blum, alors déporté en Allemagne, dont les chances de survie s’amenuisaient de plus en plus. Les contacts qu’il eut avec les ministres travaillistes, Antony Eden, l’Intelligence service et Chaïm Weizman, président de l’Agence juive, ne purent cependant déboucher sur rien de concret. A l’issue de la guerre, il prolongea cette activité de résistance en fondant en septembre 1944 avec Albert Bayet l’Association nationale pour les victimes des persécutions nazies, dont il assuma pendant de longues années la vice-présidence, puis en entrant dans le comité d’honneur de la Fédération nationale des déportés, internés, résistants et patriotes.
De retour à Paris en septembre 1944, il devint le directeur de cabinet du ministre de l’Intérieur socialiste Adrien Tixier, qu’il avait connu avant guerre au BIT. Tout en prenant des mesures d’épuration et en favorisant la promotion des Résistants, il marqua de son indulgence son passage au ministère, en suspendant des poursuites qu’il estimait injustifiées contre certains hommes politiques, et en limitant les arrestations.Cependant, l’infatigabilité et la rugosité de son ministre lui rendirent l’expérience particulièrement éprouvante, et le conduisirent à démissionner au bout de quelques mois. Au printemps 1945, il reprit l’exercice de sa profession d’avocat, et reconstitua son cabinet. Avec l’aide de ses collaborateurs Claude Willard, qui l’assistait depuis 1936, Yves Jouffa, qui le seconda de 1944 à 1956, et Geneviève Depreux, à partir de 1945, il plaida dans de nombreuses affaires civiles, commerciales, mais aussi politiques, jusqu’à sa retraite le 15 décembre 1970. Il se signala notamment par ses plaidoiries dans de multiples procès à retentissement, qui fixèrent son image de socialiste de gauche, proche du Parti communiste, anticolonialiste, pacifiste, et sioniste. Il défendit Yves Farge contre Félix Gouin en 1946-1947. Il fut l’un des avocats, le seul d’origine socialiste, d’André Wurmser et des Lettres françaises contre Kravchenko en 1949. Il plaida aussi pour Jeanne Dormoy, sœur de l’ancien ministre de l’Intérieur, dans le procès de la Cagoule, pour Roger Stéphane contre Charles Maurras, pour la délégation du Viet-Minh en France, pour le président Queuille contre M. Reibel, pour Roger Wybot contre le général Revers et le commissaire Jean Dides, pour Jules Moch contre le journal Carrefour, pour les époux Rispal dans le procès Jeanson, et, lors de la première guerre d’Israël, en faveur de la Haganah, de l’Irgoun, et du groupe Stern (cf. infra).
Il reprit sa carte de la SFIO, mais se détacha progressivement du Parti, pour devenir une figure de la dissidence socialiste. À la Libération, il ne retrouva pas la place qu’il occupait au sein de l’état-major socialiste avant guerre. Il ne figura ni dans le comité directeur provisoire élu par le congrès national extraordinaire des 9-12 novembre 1944, ni dans les comités directeurs suivants. Selon son entourage, il aurait nourri à ce sujet du ressentiment contre certains dirigeants socialistes, au premier rang desquels Daniel Mayer, qui auraient profité de son absence pour cause de captivité puis de mission à Londres pour l’écarter des responsabilités. Le scandale des vins en 1946 l’éloigna aussi de la direction du Parti, puisqu’en prenant avec efficacité devant les tribunaux la défense d’Yves Farge contre Félix Gouin, il contribua à ruiner le crédit de l’une des personnalités socialistes les plus en vue, à qui la présidence de la République semblait auparavant promise, et fragilisa la SFIO. Des divergences politiques s’ajoutèrent aux questions de personnes. Il tenta vainement en 1945 de rallier la SFIO à l’idée d’une fusion organique des deux partis ouvriers, puis déplora son renoncement à l’unité d’action. Il n’admit pas non plus l’adhésion du Parti à des politiques gouvernementales qui lui paraissaient de plus en plus contraires aux principes socialistes. En décembre 1947, il donna son accord au manifeste par lequel la Bataille socialiste reconstituée déclarait se désolidariser publiquement du Groupe parlementaire socialiste, qui venait de voter une loi « scélérate » de « répression anti-ouvrière ». Il rompit officiellement début 1948, et rejoignit la Bataille socialiste après qu’elle eût fait scission. Il adhéra au Parti socialiste unitaire que les dissidents fondèrent en septembre 1948. Il s’y tint au début en retrait, tout en y inspirant la tendance proche du Parti communiste qu’animait son ami Maurice Pressouyre. En 1952, une fois cette tendance maîtresse du Parti et Pressouyre secrétaire général, il revint au premier plan. Il fut alors le délégué du PSU dans nombre de manifestations, notamment au congrès du Parti socialiste italien de son ami Pietro Nenni, le 21 septembre 1952. En novembre 1952, il fut porté au secrétariat national. En novembre 1954, il devint secrétaire général, à parité avec Pressouyre, dans le cadre d’une réorganisation se traduisant par la création de deux secrétaires généraux et la transformation du PSU en Parti socialiste de gauche. Début 1956, il cessa toutefois de croire dans les chances de développement du groupement, au point qu’il suggéra à ses amis de le mettre en veilleuse. Il réintégra la SFIO en avril 1957, au sein de la XVIe section de la Seine, avec le parrainage de Guy Mollet et d’Édouard Depreux. Mais il en divergea de nouveau à l’occasion des événements de 1958. Au lendemain du 13 mai 1958, il entra dans le Comité de vigilance des juristes républicains qui regroupait des juristes de gauche résolus à protester contre le coup de force d’Alger. En septembre, il mit au point avec lui une « déclaration » soulignant devant l’opinion les raisons qui commandaient de se dresser contre le projet de Constitution soumis à référendum le 28 septembre. Il quitta officiellement la SFIO en janvier 1959, et rejoignit en avril le Parti socialiste autonome, toujours avec le parrainage d’Édouard Depreux. Il passa au Parti socialiste unifié lors de sa création en 1960. Cependant, il s’y retrouva là encore en porte-à-faux, sur la question de l’Algérie. Il était certes anticolonialiste par principe. Il assuma la défense, en septembre 1960, du comédien Jacques Rispal et de son épouse Yvonne dans l’affaire du réseau Jeanson de soutien au FLN. Il fut une cible pour l’OAS, qui commit un attentat contre son domicile en décembre 1961. Néanmoins, il se joignit à des personnalités de droite pour signer dans Le Monde du 30 décembre 1961 un manifeste préconisant pour l’Algérie une solution de partition de nature à protéger les habitants de l’Algérie désireux de rester attachés à la France. Traduit devant la commission des conflits du PSU pour s’en expliquer, il préféra ne pas reprendre sa carte en 1962.

Au demeurant, il s’était tourné depuis la guerre vers d’autres causes que celle du seul socialisme, au premier rang desquelles la défense du peuple juif. Il avait pris pleinement conscience de son identité juive sous l’effet de l’extermination des Juifs d’Europe, même s’il demeura jusqu’à sa mort agnostique et totalement ignorant de l’hébreu et du yiddish. Au lendemain du conflit, il rejoignit le mouvement sioniste, au sein duquel il joua d’emblée un rôle important. Il fut l’un des fondateurs en 1947 et le premier président de l’Union sioniste de France. Il présida de 1946 à 1949 le Kéren Kayémeth Leisraël, ou Fonds national juif pour l’achat des terres, dont il devint par la suite le président d’honneur. Plus tard, il adhéra à l’Aide à Israël. Il prit part également à la vie du mouvement sioniste mondial, en se portant candidat en 1946 sur la liste menée par Ben Gourion pour l’élection du congrès sioniste. Il apporta, en ces différentes qualités aussi bien qu’en son nom personnel, une contribution d’une utilité reconnue au succès des luttes sionistes en Palestine, en particulier grâce à ses relations d’amitié avec des dirigeants socialistes chargés de responsabilités gouvernementales ou influents tels Léon Blum, Édouard Depreux, Jules Moch ou Paul Ramadier. Il renseigna les responsables sionistes sur les appuis qu’ils pouvaient trouver en France. Il assista les organisateurs de l’immigration clandestine en Palestine, en intervenant pour accélérer la solution des problèmes liés au transit des immigrants. Il sortit de l’ombre à ce sujet lors de la crise de l’Exodus, en juillet-août 1947. Il fut alors dépêché par Édouard Depreux, ministre de l’Intérieur dans le gouvernement Ramadier, auprès des migrants juifs bloqués à Port-de-Bouc, dont le gouvernement anglais demandait le débarquement. Pourvu des pleins pouvoirs pour les ravitailler et assurer le respect de leur volonté, il leur permit de rester à bord. Il aida de même la Haganah pour l’acquisition et le transport des armes, et abrita dans la villa de sa mère, en banlieue parisienne, un émetteur clandestin du Mossad. Il assura également en tant qu’avocat la défense des terroristes de l’Irgoun et du groupe Stern qui comparurent en France en 1947 et 1948 : Betty Knout (Élisabeth Lazarus), Jacob Éliav, Robert Misrahi et Jacques Martinsky. Et il fut avec Léon Blum de ceux dont les interventions déterminèrent la France, pourtant puissance musulmane, à voter à l’ONU en faveur de la création de l’État d’Israël, vote qui entraîna lui-même la décision de l’Organisation internationale.
À partir de 1948, il se rapprocha des communistes pour lutter contre la guerre et l’antisémitisme, deux fléaux indissociables à ses yeux. Il milita au sein du Rassemblement mondial des Partisans de la paix, sous ses différentes dénominations. Il fit partie du Comité national des Combattants de la liberté qui lança l’appel du 2 octobre 1948 pour les Assises nationales du peuple français pour la liberté et la paix, puis fut élu par ces mêmes Assises, le 28 novembre 1948, membre du Conseil national des Combattants de la liberté et de la paix. Il figura dans la délégation française au deuxième Congrès mondial de la paix qui se réunit à Varsovie du 16 au 22 novembre 1950. Par la suite, il se tint à l’écart des instances supérieures du Mouvement de la paix, mais n’en demeura pas moins membre du Comité départemental de la paix de la Seine jusqu’aux années 1960. En outre, il prit part en avril 1949, dans le cadre de ce même Rassemblement puis Mouvement de la paix, à la fondation du Mouvement contre le racisme, l’antisémitisme et pour la paix, le MRAP. Il en fut le premier président. A ce titre, il défendit les thèses de Staline sur l’organisation du « camp de la paix », en déclarant légitime le leadership soviétique et le refus des particularismes nationaux, ce qui le conduisit en 1950 à prendre parti pour l’URSS contre Tito, et à critiquer le ton d’indépendance des communistes chinois. En matière de défense de la paix, il milita en 1950 pour l’Appel de Stockholm contre l’arme atomique, et à partir de 1951 contre le danger d’un réarmement de l’Allemagne. Il conduisit aussi de vigoureuses campagnes d’opinion contre les manifestations de racisme et d’antisémitisme, contre la mansuétude grandissante envers les nazis et les anciens collaborateurs, et pour la défense des époux Rosenberg. Cependant, il n’admit pas le durcissement antisioniste de la fin de l’ère stalinienne, et contesta les procès antisémites de Moscou et de Prague. Il entra à ce sujet en conflit avec la majorité des dirigeants du MRAP, et démissionna de la présidence en décembre 1952. S’il demeura membre du MRAP, il n’y joua plus qu’un rôle discret, en continuant à appartenir à son comité central, à s’associer à certaines de ses manifestations, et à participer aux travaux de sa commission des juristes en vue d’une révision de la loi de 1939 contre le racisme et l’antisémitisme.
Il se donna également sans réserves à la cause de l’amitié franco-soviétique. Dès la Libération, il ne cessa de vanter les avantages pour la France et pour la paix du traité signé entre la France et l’URSS en décembre 1944. Cependant, c’est surtout lors du procès Kravchenko, en février-mars 1949, qu’il s’imposa comme un grand avocat de l’URSS. Il s’y livra à une justification minutieuse de la politique internationale menée par Staline et les communistes depuis l’entre-deux-guerres, et nia vigoureusement l’existence de camps de concentration soviétiques. A la suite du procès, il rejoignit l’association France-U.RSS sur l’invitation de son vice-président Fernand Grenier. Il devint membre de son Bureau national à l’issue du congrès qu’elle tint à Montreuil en juin 1949. Il y élargit progressivement son influence, jusqu’à prendre en septembre 1952 la présidence d’une filiale de France-U.RSS, la Fédération nationale pour les échanges artistiques entre la France et l’URSS. Il dut cependant mettre fin à cette première collaboration sur un incident de même source que la crise survenue au MRAP. Choisi fin juillet 1952 par le Bureau national pour faire partie d’une délégation de France-U.RSS en URSS, il fut la seule personnalité pressentie qui n’obtint pas de visa. Après une vaine attente, il remit sa démission du Bureau national en février 1953, sans renier néanmoins les sentiments qui l’avaient conduit à y entrer.
Il apporta de même son concours à une série de comités ou de manifestations mis sur pieds par des personnalités proches du Parti communiste pour la défense des libertés et des droits de l’homme en Occident. Il adhéra notamment en 1948 au Comité de défense des douze dirigeants du Parti communiste américain et au Comité national de défense des libertés syndicales et démocratiques puis, en 1952, au Comité français pour l’amnistie en Grèce, au Comité de défense des époux Rosenberg, et au Comité d’action des intellectuels pour la défense des libertés présidé par Paul Rivet. Il figura dans le comité de patronage de la Revue progressiste de droit français lancée en 1952 par Gérard Lyon-Caen et Léo Matarasso. Il apposa sa signature au bas d’un grand nombre d’appels, manifestes ou pétitions lancés par ces comités, par les organisations progressistes ou par le Parti communiste lui-même. Ainsi signa-t-il la lettre adressée en juillet 1952 au président de la République pour demander la libération du militant communiste Henri Martin.
À partir de 1953, il orienta davantage son action vers la communauté juive et Israël. Il prit la tête d’une vaste campagne de mobilisation des Juifs de France contre le réarmement de l’Allemagne, en participant à la fondation en octobre 1953 et en assumant la présidence du Comité juif d’action contre le réarmement allemand, qui alerta l’opinion contre le projet de Communauté européenne de défense puis, après son abandon en 1954, contre les accords de Londres et de Paris. D’autre part, il accrut son engagement dans le mouvement sioniste. En 1953, il mit sur pieds le Cercle Bernard Lazare, un cercle d’études et d’action sioniste et socialiste de gauche, proche du Mapam israélien, avec ceux de ses amis du MRAP qui refusaient de cautionner le tournant antisioniste du bloc communiste. Il en refusa la présidence, mais appartint à son Bureau exécutif. Toutefois, c’est à la Fédération sioniste de France qu’il se consacra surtout. Déjà membre de son Conseil, il en devint le secrétaire général en 1954, puis le président, le 20 mars 1955, à l’issue d’un vote du comité directeur qui ne lui donna qu’une courte majorité. Il fut à ce titre l’éditorialiste de l’organe de la F.S.F., La Tribune sioniste, puis de son supplément, Tribune juive. Il représentait une tendance novatrice, soutenue par l’Exécutif de l’Agence juive de Jérusalem, qui voulait sortir la F.S.F. de la léthargie à laquelle l’avaient condamnée les partis sionistes qui la constituaient. Il s’attacha à en faire un vrai centre d’action, à élargir son ouverture aux organisations sionistes non partisanes et aux membres individuels, et à en accroître le recrutement. Néanmoins, il finit par se heurter lui-même à l’Exécutif sioniste à propos de l’activité des représentants de l’Agence juive en France, sur lesquels il n’avait aucun contrôle. En juin 1958, après plusieurs incidents sur le sujet, il donna sa démission. Il ne la reprit qu’après avoir obtenu de l’Exécutif sioniste un accord sur les relations entre la F.S.F. et l’Agence qui élargit sensiblement le champ d’action de la Fédération. Il engagea la F.S.F. dans plusieurs combats. Il soutint énergiquement les leaders juifs de Roumanie victimes de procès pour « sionisme ». Il se préoccupa du sort des Juifs d’Afrique du Nord quand s’affirmèrent les mouvements pour l’indépendance du Maroc, de la Tunisie et de l’Algérie, et fit pression sur l’Agence juive pour que fût préparé leur accueil en Israël. Il contribua activement au soutien de la communauté juive de France à l’État d’Israël lors de la crise de 1956 au Moyen-Orient, et fit son possible pour renforcer l’entente franco-israélienne. Cette action désintéressée lui valut de solides amitiés et de grandes sympathies en Israël, où ses nombreux voyages lui permirent d’établir de multiples contacts avec les dirigeants de l’État, de l’Agence juive, et des Fonds nationaux. Cependant, les éléments d’une crise interne se mirent progressivement en place. André Blumel s’attira l’hostilité de la majorité des partis membres en réclamant la démocratisation de la F.S.F., en contestant l’alignement de plus en plus marqué d’Israël sur les États-Unis, en se rapprochant lui-même à partir de 1957 des pays communistes, en formulant un jugement favorable sur le sort des Juifs dans ces pays, et en rédigeant des éditoriaux jugés par beaucoup « trop à gauche ». Son premier voyage en RDA, en mai 1960, cristallisa l’antagonisme. En juin 1960, il démissionna de la présidence, en réaction au rejet de l’un de ses éditoriaux par la Tribune sioniste, mais plus fondamentalement en raison de ce désaccord général. La rupture fut néanmoins tempérée par son maintien au comité central durant deux ans encore.
Il renoua des relations chaleureuses avec les pays communistes vers la fin des années 1950. À l’invitation de France-URSS, il put faire en avril-mai 1957 son premier voyage en URSS, dont il présenta à son retour un bilan très positif. Le malaise surgi en 1952 étant dissipé, il devint le 3 mai 1959, à l’issue du IXe congrès de France-URSS, l’un des neuf membres de la Présidence nationale de l’association. Il ne se satisfit cependant pas de cette fonction de nature surtout honorifique, qui ne lui donnait pas les moyens d’agir. En 1963, il mit en cause le fonctionnement de la Présidence, dont les attributions théoriquement collégiales étaient en fait monopolisées par le président-délégué, le général Petit, et réclama en laissant planer la menace de sa démission une participation effective des co-présidents à la vie de l’association. Il obtint ainsi la création d’un siège de président-délégué adjoint, qui lui fut attribué. A ce titre, il collabora étroitement avec le général Petit, qui lui abandonna progressivement des responsabilités de plus en plus importantes. Il le remplaça, comme président-délégué, à partir du XIIe congrès de France-URSS, en mai 1970. Il travailla à développer France-URSS en l’ouvrant aux courants de pensée et aux milieux les plus divers, à renforcer l’amitié franco-soviétique en mettant au point et en œuvre d’importants accords d’échanges culturels, touristiques et économiques avec URSS-France, l’association sœur soviétique qu’animait son ami Ilya Ehrenbourg, et à améliorer l’image de l’URSS par l’éloge inlassable des réalisations de l’État soviétique et de l’évolution du régime. Il fut servi dans sa tâche par les multiples contacts qu’il établit avec des dirigeants soviétiques à la faveur d’une trentaine de voyages en URSS, et par l’amélioration progressive des relations gouvernementales entre la France et l’URSS. Son activité à la Présidence nationale fut cependant dominée par la question de l’antisémitisme en URSS. S’il se rendit si souvent dans ce pays, ce fut d’abord pour s’informer sur la situation réelle des Juifs soviétiques. Il en revint avec la conviction que les accusations portées à ce sujet contre l’URSS relevaient de l’antisoviétisme de guerre froide, le régime soviétique ne pratiquant à ses yeux aucune politique discriminatoire et combattant même vigoureusement l’antisémitisme, lequel subsistait bien, mais seulement dans certains milieux, comme survivance d’un sentiment millénaire. Il admettait toutefois la légitimité de certaines critiques, mais jugeait que la solution des problèmes passait par des contacts personnels discrets avec les autorités plutôt que par l’invective. Il plaida lui-même la cause des Juifs d’URSS auprès des dirigeants soviétiques, avec d’autant plus d’efficacité que ceux-ci comprirent que son influence pouvait leur permettre de contrecarrer à l’étranger les accusations d’antisémitisme auxquelles ils étaient devenus sensibles. Il les poussa à adopter dans les années 1960 un ensemble de mesures tendant au maintien de la religion juive et de la culture yiddish, et à sanctionner plus systématiquement les manifestations d’antisémitisme. Signe de l’estime dans lequel on le tenait, il fut autorisé à titre personnel en janvier 1971, à la suite du procès controversé de Leningrad, à assister aux procès intentés à des Soviétiques « de nationalité juive » qui pourraient avoir lieu à l’avenir. A l’inverse, son attitude lui valut de nombreuses attaques en milieu sioniste.
Il établit des rapports du même ordre avec la RDA, qu’il perçut, à l’inverse de la RFA, comme un facteur de paix et de progrès. Il appartint à la présidence du Cercle Henri Heine, cercle d’études fondé par des germanistes en 1956 pour faire connaître les travaux des écrivains est-allemands. Il rejoignit ensuite l’association des Échanges franco-allemands, la future France-RDA, créée en 1959. A la suite d’un premier voyage en RDA, en février 1960, il fut porté au comité national, le 15 mai 1960, puis à la Présidence collective des EFA., en janvier 1961, où il resta deux ans. Après son retrait de la présidence, fin 1963, il fut régulièrement réélu au comité national, jusqu’au début des années 1970.
Il se rapprocha également du mouvement communiste à partir de 1962. Il entra à la direction de l’Union des Juifs pour la résistance et l’entraide (UJRE), dont il fut jusqu’en 1965 le délégué auprès du Conseil représentatif des Juifs de France, avant d’en devenir en 1965 l’un des trois présidents, à côté de ses amis Charles Lederman et Vladimir Jankélévitch. Il trouva une tribune dans La Presse Nouvelle Hebdomadaire (PNH), organe en langue française lancé par l’UJRE en mai 1965, où il s’exprima sous la rubrique : « Le point de vue d’André Blumel », avec une liberté d’expression qu’il manifesta en se différenciant plusieurs fois de la ligne du journal. En même temps, il renoua avec des fonctions électives locales, sous la bannière de l’union de la gauche. Il fut élu conseiller municipal de Paris le 21 mars 1965 dans le XVIIIe arrondissement (12e secteur), sur une liste d’Union démocratique regroupant PC, SFIO, PSU et radicaux. Il devint également conseiller général de la Seine. Il fut réélu conseiller de Paris, dans les mêmes conditions, aux élections des 14 et 21 mars 1971. Il siégea à l’Hôtel de Ville en tant qu’apparenté au groupe communiste. Il appartint entre autres au comité du budget, à la 2e Commission permanente du Conseil de Paris (administration générale, police, sapeurs-pompiers), ainsi qu’aux commissions des Affaires culturelles, du Vieux Paris, des Transports à partir de 1968, et au jury du Grand prix des Beaux-Arts de la Ville de Paris. Il y défendit les projets communistes, notamment en matière de construction de logements à caractère social et d’organisation des transports, et y fut l’interprète de la communauté juive. Il s’engagea également sur le plan national, pour défendre l’union de la gauche telle que la concevait le Parti communiste. Il intervint activement dans la campagne pour l’élection présidentielle du 5 décembre 1965. Il participa à la fondation, en octobre, d’une Association nationale pour l’impartialité de l’ORTF pendant la campagne électorale présidentielle, et appuya le candidat unique de la gauche, François Mitterrand, en multipliant les réunions de soutien avec ses colistiers dans le XVIIIe arrondissement, puis en publiant dans la PNH du 3 décembre un appel demandant aux Juifs de France de voter en sa faveur. Pour l’élection présidentielle du 1er juin 1969, il appela à une candidature unique de la gauche dès le premier tour, puis lança avec d’autres personnalités de gauche non communistes un appel à voter dès le premier tour en faveur « du candidat de gauche le mieux placé », c’est-à-dire le communiste Jacques Duclos, et entra dans le comité national de soutien de ce dernier. Lors du referendum du 23 avril 1972 sur l’élargissement du Marché commun, il joignit sa signature à celles de plus de 120 personnalités principalement communistes ou progressistes au bas d’un « appel national pour le NON » publié par l’Humanité. Une fois le Programme commun signé par les partis de gauche, il fit son possible pour mobiliser l’électorat juif en sa faveur. En novembre 1972, il fit partie des initiateurs et premiers signataires d’un « appel à la population juive » pour le soutien au Programme commun et la participation au grand rassemblement organisé par la gauche unie le 1er décembre au Parc des expositions de Paris. Avant les élections des 4 et 11 mars 1973, il figura parmi la centaine de signataires de l’ » appel à la population juive » que publia la PNH pour le succès du Programme commun.
Sur les questions internationales, il défendit des positions qui ne furent qu’en partie proches de celles des communistes. Poursuivant son combat pacifiste, il fit partie de la délégation française au Congrès mondial pour le désarmement et la paix qui se tint à Moscou du 9 au 14 juillet 1962. Il y approuva la motion finale, mais manifesta sa différence d’une part en s’associant à des organisations et personnalités non alignées sur une motion annexe qui insistait sur la nécessité d’une indépendance du mouvement pacifiste vis-à-vis de tous les gouvernements, d’autre part en rendant publique une lettre de protestation contre les positions anti-israéliennes des délégués arabes. Dans le même esprit, il entra au bureau national de la Ligue nationale contre la force de frappe que présidait Jules Moch, dès sa constitution en mars 1963. Il se félicita de la coexistence pacifique, et salua toutes les démarches propres à la renforcer. Il persista à n’envisager de solution au Moyen-Orient que sous la forme du non-alignement et du compromis entre les peuples juif et arabe. L’État d’Israël prenant la voie inverse, il le critiqua d’autant plus. Début août 1966, il publia dans la NPH une « lettre ouverte à Abba Eban » qui fit du bruit, dans laquelle il reprochait au ministre israélien de « faire la politique des services spéciaux américains » et de répandre les mensonges les plus grossiers sur la situation des Juifs en URSS. Il n’approuva pas la guerre « des six jours » en 1967. Mais il n’adhéra pas non plus aux propositions de l’ONU et des quatre Grands sur le règlement de la paix, et dénonça l’orientation « pro-arabe » de la politique française.
Ce parcours, par sa longueur et sa richesse, fit de lui un témoin très sollicité. Il se prêta dès avant guerre à toutes sortes de manifestations ou de publications commémoratives, principalement en l’honneur de Jaurès, d’Albert Thomas, de Marcel Sembat, de Léon Blum, ou de leaders juifs, et pour faire revivre le souvenir des grands moments de l’histoire du socialisme ou des luttes juives. Il compta parmi les fondateurs de la Société des Amis de Jaurès en 1916, puis appartint à la Société d’études jaurésiennes sitôt celle-ci formée, en 1959. Il refusa d’adhérer à la Société des Amis de Léon Blum, mais seulement par inimitié pour certains de ses membres, et défendit en toutes occasions, et sans réserves, la mémoire de Léon Blum. Il appartint aussi au comité d’honneur des Amis de la Commune de Paris (1871), que présidait Jacques Duclos, au comité pour la commémoration des journées antifascistes de février 1934, et au comité de patronage de nombreuses cérémonies en souvenir des rafles de 1942 ou des combattants juifs morts pour la France.
Décédé le 26 mai 1973, il n’eut pas d’obsèques, car il avait légué son corps à la Faculté de Médecine.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article16968, notice BLUMEL André [à l'origine BLUM André, Albert] par Éric Nadaud, version mise en ligne le 4 février 2013, dernière modification le 16 février 2016.

Par Éric Nadaud

André Blumel
André Blumel

ŒUVRE : Réalisations. Tableau des réformes et mesures politiques. Juin 1924-mars 1925, Éd. du Groupe socialiste au Parlement, Librairie populaire, 1925. — Les fables de monsieur Kravchenko. Pour la clarté. Plaidoirie de maître André Blumel, 1949. — Léon Blum, juif et sioniste, Éd. de La Terre retrouvée, 1951.

SOURCES : Entretiens avec Claude Willard, Geneviève Depreux, Henry Bulawko, Jean et Yvonne Blumel, Bethsabée Blumel. — Fonds Blumel, OURS, 14 APO 5 BLUMEL. — Fonds Blumel, Archives centrales sionistes, Jérusalem. — Archives départementales des Deux-Sèvres, 3 M 11/38 ; 4 M 11/3 ; 11/4, 11/38. — Notice DBMOF. — Le Monde, 27 au 27 mai 1973. — Journal des Communautés, 8 juin 1973. — Le Travail, organe de la fédération SFIO des Deux-Sèvres (1928-1934). — La Bataille socialiste (1948-1950). — Le Socialiste unitaire (1952-1954). — Le Socialiste de gauche (1955). — Action (1948-1951). — Droit et Liberté (1949-1952). — La Terre retrouvée (1947-1960). — Informations de l’Agence de presse juive (1953-1954). — Tribune sioniste (1954-1960). — Cahiers Bernard Lazare (1957-1962). — La Presse nouvelle hebdomadaire (1965-1973). — France-URSS (1949-1952 et 1957-1973). — Rencontres franco-allemandes (1959-1973). — Who’s Who 1955-1956, p. 191, 1965-1966, p. 492. — Suzanne Blum, Vivre sans la patrie : 1940-1945, Plon, 1975. — Édouard Depreux, Souvenirs d’un militant. Cinquante ans de lutte..., Fayard, 1972. - Eric Nadaud, "André Blumel et Léon Blum", Cahiers Léon Blum, n° 35, Printemps 2006, Autour de Léon Blum. Cercles et réseaux, pp. 91-96 ; "André Blumel socialiste (1893-1973)", Recherche socialiste, n° 39/40, juin-septembre 2007, pp. 149-161 ; "André Blumel, dirigeant socialiste et sioniste, 1893-1973", Archives juives. Revue d’histoire des juifs de France, n° 42/2, 2e semestre 2009, pp. 133-139. — État civil de Paris (Xe arr.).

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