DUMAIS Maurice [Paul, Maurice]

Par Dominique Tantin

Né le 26 février 1885 à Bailleau-le-Pin (Eure-et-Loir), fusillé le 30 mars 1944 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; cultivateur ; maire de Saint-Luperce (Eure-et-Loir) ; résistant dans les FTPF.

Fils de Paul Célestin Dumais, cultivateur, et de Laurence Meneray, institutrice, Maurice Dumais s’était marié le 9 juin 1913 à Argenton (Lot-et-Garonne) avec Charlotte Fouchier et était domicilié à Saint-Luperce, commune où il fut élu conseiller municipal en 1919 puis maire en 1929. Il exerçait aussi des responsabilités dans des organismes agricoles.
En juin 1940, ami du préfet Jean Moulin, il adopte la même attitude digne face à l’occupant. Resté à son poste, il prodigua son aide à la population et aux réfugiés. Il délivra de faux papiers à des prisonniers algériens et à des Juifs. En mars 1942, à l’instigation de Georges Léger alias « Paul », responsable départemental, il s’engagea dans les FTPF, organisation armée du Front national de lutte pour la liberté et l’indépendance de la France (FN), mouvement de résistance dirigé par le Parti communiste français (PCF), et prit contact avec le groupe de Courville (Eure-et-Loir). Son domicile de la ferme du Mousseau servit de lieu d’hébergement pour les réfractaires et les résistants. Menacé et un temps réfugié en Zone sud, il regagna Saint-Luperce en janvier 1944.
Or, en décembre 1943 et janvier 1944, les FTPF du secteur furent décimés par la répression de l’occupant et de Vichy (l’inspecteur Denuzières et Le Baube, préfet d’Eure-et-Loir). Maurice Dumais fut arrêté le 20 janvier par la Sipo-SD à la ferme de Mousseau avec trois réfractaires, incarcéré à la prison de Chartres (Eure-et-Loir) jusqu’au 11 mars 1944. « Il est odieusement torturé pendant des jours, ses lunettes sont brisées et il ne voit presque plus étant atteint d’une forte myopie » (site Internet Saint-Luperce). Puis il fut transféré à la prison de Fresnes (Seine, Val-de-Marne). Il fut condamné à mort le 15 mai 1944 pour « activité de franc-tireur » par le tribunal militaire de la Feldkommandantur 544, Abt. B de Chartres qui a siégé à la prison de Fresnes. « Face à ses juges, dans une fière et vibrante déclaration, Maurice Dumais prend à sa charge toutes les responsabilités et demande que les jeunes soient épargnés » (site Internet Saint-Luperce). Le tribunal a siégé les 13, 14 et 15 dans une baraque Adrian installée au fond de la cour à Fresnes.
Maurice Dumais fut passé par les armes au fort du Mont-Valérien dans l’après-midi du 30 mars 1944 avec ses camarades FTPF d’Eure-et-Loir : Pierre Bouttier, Roger Calbris, Marcel Cartron, Maurice Cléret, Gilbert Damas, François Dargent, Jean Delorme, Paul Espéret, Albert Gautier, André Gillet, Joseph Girard, Spada Girard, Maurice Honoré, René Le Gall, Bernard Léger, Pierre Martin, Maurice Peltiez, René Rion, Marcel Roblot, Noé Sadorge, Omer Sadorge, Pierre Sadorge, Roger Saget, Jean Saliou, Louis Savouré, Pierre Sédillot, Edmond Signoret, Jules Varin et Clovis Vigny.
Il fut homologué au grade de lieutenant et déclaré « Mort pour la France » par le secrétariat général aux Anciens Combattants le 10 avril 1945. Son nom est inscrit sur le monument commémoratif du Mont-Valérien. Une rue de Saint-Luperce porte son nom.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article169336, notice DUMAIS Maurice [Paul, Maurice] par Dominique Tantin, version mise en ligne le 27 janvier 2016, dernière modification le 24 juin 2019.

Par Dominique Tantin

SOURCES : AVCC, Caen (Notes Thomas Pouty). – Site Internet Mémoire des Hommes. – Site Internet de l’ARMREL – Site Internet Saint-Luperce. — Abel Le Boy, "Rapport sur l’affaire des fusillés du 30 mars 1944", publié comme supplément au Bulletin de la Société Archéologique d’Eure-et-Loir, n°85, juillet, août, septembre 2005, Mémoires XXXIV-I. — R. et S. Creuzot, "Souvenirs sur Maurice Dumais", La République du Centre, 28-29-30 mars 1964 PS (Roger Creuzot était l’instituteur-secrétaire de mairie nommé à Saint-Luperce (Eure-et-Loir) en 1938, qui a collaboré de 1938 à 1944 avec le maire Maurice Dumais dont il partageait les vues et est devenu l’ami). — État civil en ligne cote 3 E 021/012, vue 123. — Notes de Marie-Thérèse Grangé.

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