BLEUSE Raoul, Gaston

Par Philippe Nivet, Gilles Morin

Né le 9 septembre 1895 à Ribemont (Aisne), mort le 8 juin 1984 à Alfortville (Val-de-Marne) ; inspecteur principal à la Préfecture de police ; militant socialiste SFIO, PSA puis PSU ; conseiller général de la Seine, député de la Seine.

[Assemblée nationale, Notices et portraits]

Fils de Gaston Isaïe Bleuse, jardinier (régisseur de culture d’après le Who’s who), et de Thérèse Fontaine, sans profession, Raoul Bleuse fit ses études au collège de Montcornet (Aisne). Engagé volontaire pour trois ans le 4 octobre 1913 au 16e régiment de dragons, il fit toute la Grande guerre. Blessé, il fut décoré de la Croix de guerre et de la médaille militaire. Démobilisé le 13 août 1919, avec le grade de maréchal des logis, il fut du 3 janvier 1921 au 28 février 1942 inspecteur principal à la Préfecture de police. Relevé de ses fonctions par le gouvernement de Vichy, il fut de mars 1942 à février 1945 chef du service de sécurité des grands magasins du Printemps. Réintégré à la Préfecture de police à compter du 1er février 1945, retraité la même année, il fut chargé de mission au cabinet d’Édouard Depreux, ministre socialiste de l’Intérieur, de juin 1946 à novembre 1947, puis le suivit à l’Éducation nationale en 1948.

Raoul Bleuse avait adhéré à la SFIO en 1925. Membre du Grand Orient de France, il fut initié à la loge Athéna le 4 mai 1926. Compagnon le 27 mai 1927, maître le 15 juin 1928, il était 18e le 23 mars 1937. Il était par ailleurs membre du chapitre « Les Amis bienfaisants, vallée de Paris ». Durant la Seconde Guerre mondiale, il participa à la Résistance, ce qui lui valut d’être décoré de la Médaille de la reconnaissance française pour faits de résistance.

Raoul Bleuse figurait, comme « grand électeur », sur la liste SFIO, pour l’élection au Conseil de la République, le 24 novembre 1946 dans le canton de Charenton-le-Pont (Seine, Val-de-Marne).

Il fut élu maire socialiste d’Alfortville après les élections municipales du 20 octobre 1947, contre le communiste sortant Eugène Gauchard. Élu membre du bureau de l’Association de l’Union amicale des maires de la Seine, le 19 novembre 1948, il fut à partir de cette date membre du bureau de l’association des maires de France. Il était en outre président de l’Office HLM d’Alfortville et vice-président de l’Union des maires de la Seine. Son mandat lui fut renouvelé le 16 décembre 1951, à la suite de la dissolution du conseil municipal, et aux élections municipales en 1953.

Après avoir échoué aux élections cantonales du 17 mai 1953, il fut élu conseiller général de la Seine (canton d’Alfortville) le 29 décembre 1953, après le décès de Marius Vicariot. Il résidait alors 79, rue de Seine, à Alfortville. Au conseil général de la Seine, il fut membre de la première commission, de la commission du travail et du chômage, qu’il présida de 1965 à 1967, de la commission spécialisée dans les affaires domaniales, dont il fut vice-président, et de la commission des anciens combattants et victimes de guerre, dont il fut vice-président de 1965 à 1967. Il fut vice-président du bureau du 20 juin 1956 à 1957 et de 1960 à 1967.

Raoul Bleuse fut candidat SFIO aux élections législatives du 17 juin 1951 et du 2 janvier 1956 dans la quatrième circonscription de la Seine, en position non éligible sur la liste Depreux, et candidat aux élections sénatoriales du 7 novembre 1948 et du 18 mai 1952.

Opposant à la politique algérienne de Guy Mollet et Robert Lacoste, toujours proche de Depreux, il démissionna de la SFIO le 22 septembre 1958 et fut l’un des fondateurs du PSA en septembre 1958. Il se présenta sous cette étiquette aux législatives de novembre dans la 49e circonscription de la Seine. Il arriva en quatrième position au premier tour, obtenant 9,4 % des suffrages exprimés. Mais il fut réélu conseiller général de la Seine, dans le 45e secteur, et maire d’Alfortville les 8 et 20 mars 1959.

Raoul Bleuse fit partie des fondateurs du PSU en avril 1960. Il fut élu député PSU de la 49e circonscription aux élections législatives du 25 novembre 1962, au deuxième tour, par 21 977 voix contre 21 543 au sortant UNR, Michel Peytel, député, après le désistement du candidat communiste. Raoul Bleuse était alors l’un des deux représentants du PSU à l’Assemblée nationale, avec Tanguy-Prigent. Il démissionna du PSU le 19 avril 1963, ainsi que Georges Suant, et s’apparenta au groupe SFIO de l’Assemblée nationale le 27 avril 1963. Mais il rompit avec le groupe socialiste, le 6 avril 1965, après avoir soutenu l’élection de Georges Suant à la présidence du conseil général de la Seine. Non-inscrit, il siégea à l’Assemblée nationale jusqu’en 1967 où il ne se représenta pas.

Lors des élections municipales de 1965, Raoul Bleuse se représenta à Alfortville à la tête d’une liste d’intérêts communaux, groupant d’anciens PSU, des divers gauche et des MRP, à laquelle s’opposa une liste d’union démocratique (15 PC, 7 SFIO, 4 PSU, 5 divers) qui l’emporta. Au conseil général, il appartint comme socialiste autonome au bureau présidé par Georges Suant, élu avec les voix UNR et centristes. Puis, il perdit son siège de conseiller général en 1967. Entérinant son glissement au centre, en mai 1967, il fut élu membre du comité directeur du Centre démocrate du Val-de-Marne.

Raoul Bleuse était officier de la Légion d’honneur (promotion au grade d’officier au deuxième semestre 1955), médaillé militaire, titulaire de la Croix de guerre 1914-1918 et médaillé de la Reconnaissance française pour faits de Résistance. Bleuse, qui s’était marié une première fois en septembre 1919 avec Renée Presle, puis en décembre 1931 avec Madeleine Leroux, était père d’un enfant, Bernard, né en 1946 et décédé un an plus tard.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article16908, notice BLEUSE Raoul, Gaston par Philippe Nivet, Gilles Morin, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 28 octobre 2009.

Par Philippe Nivet, Gilles Morin

[Assemblée nationale, Notices et portraits]

SOURCES : Arch. PPo, dossier RG 509 871. — Arch. Nat., F/1cII 125/A, 249, 272. — Dossier biographique de l’Assemblée nationale. — Le Combat Social, juin 1957. — Tribune du Peuple, 8 novembre 1958. — Le Monde, 23 avril 1963 et 7 avril 1965. — Nouveau dictionnaire national des contemporains, Éd. Robin, 3e édition, 1964. — Bulletin municipal officiel de la Ville de Paris, 3 juillet 1984. — Who’s who 1969-1970, p. 264-265. — État civil de Ribémont. — Notes de Denis Lefebvre.

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