BLANCK Pierre

Par Gilles Morin

Né le 9 août 1913 à Pierrepont (Vosges), mort le 1er avril 1993 ; contrôleur puis inspecteur des Postes ; militant et élu socialiste des Vosges ; maire d’Épinal (1977-1983), conseiller général de Bruyères (1945-1949), puis d’Épinal-Est (1973-1983), conseiller régional de Lorraine ; secrétaire de la fédération socialiste des Vosges (1946-1952) ;secrétaire général de l’union départementale de la CGT-FO (1954-1965).

Orphelin de guerre, pupille de la Nation, Pierre Blanck, arrivé à Épinal en 1935, était membre de la section locale et de la commission exécutive de la fédération socialiste des Vosges, lorsqu’il correspondit avec Paul Faure, dont il semblait partager les options, après sa mobilisation en 1939. Il fut fait prisonnier de guerre.

Blanck a été conjointement un militant politique et syndical. Trésorier de la fédération socialiste des Vosges de la Libération à août 1946, il devint à cette date secrétaire de la Fédération socialiste jusqu’en 1952. Après quoi, il assuma des responsabilités pour Force ouvrière dont il devint le secrétaire général de son union départementale des Vosges, en avril ou mai 1954 et jusqu’au 24 octobre 1965. A cette date, les statuts de l’union départementale furent à nouveau modifiés et un poste de président d’honneur fut créé pour Pierre Blanck. Son successeur au poste de secrétaire général de l’UD fut Marcel Metz, du Syndicat des municipaux d’Épinal.

Lors du congrès confédéral de novembre 1963, il intervint à la tribune pour défendre la politique de présence de Force Ouvrière dans les différentes instances (Commissariat général au plan, conseils d’administration des hôpitaux, des organismes sociaux...) et critiqua avec vigueur la proposition d’Alexandre Hébert demandant le retrait de Force Ouvrière de toutes ces instances.

Tout au long de son mandat à la tête de l’UD, Pierre Blanck s’impliqua beaucoup dans le développement de son organisation. Lors du congrès confédéral de Force Ouvrière en 1954, seulement 15 syndicats y furent représentés, une dizaine d’années plus tard : plus de 40. Force Ouvrière fut très bien implantée dans les Vosges : 8 syndicats dans le textile, 3 dans le bois, 4 dans les métaux, 2 dans le bâtiment, 3 dans le papier-carton...8 dans les services publics et de santé, 5 dans les PTT, plusieurs dans d’autres secteurs de la fonction publique d’Etat...

Blanck fut un élu local socialiste mais ne réussit pas à percer sur le plan national. Il fut sans succès candidat socialiste aux deux Assemblées constituantes (octobre 1945 et juin 1946), en novembre 1958, en octobre 1962, en mars 1967 (comme suppléant), en mars 1973 et fut candidat aux sénatoriales de 1968. Il eut plus de succès aux élections locales. Élu conseiller général du canton de Bruyères en 1945, au 2e tour, avec 3 775 voix, contre 2 876 à son concurrent modéré. Il perdit ce siège au renouvellement de 1949, dans une triangulaire. Il obtint 2 814 voix (42 % des exprimés), contre 3 049 au candidat RPF, et 916 au communiste. Cet échec ne devait pourtant pas mettre un terme à sa carrière locale car il rebondit à Épinal. Il fut élu conseiller municipal d’Épinal à partir de 1949 au moins, fut désigné comme adjoint en 1965 et 1971, enfin comme maire du chef-lieu des Vosges du 18 mars 1977 au 13 mars 1983. Le préfet assurait que dès 1970, premier adjoint, il dirigeait la plupart des services du fait des absences très fréquentes du maire centre-démocrate, M. Argant, et qu’il faisait déjà à cette date figure « officielle de maire » auprès de l’opinion publique et de l’administration. Il retrouva par ailleurs sa place à l’Assemblée départementale dans les années soixante-dix. Après deux échecs, à Rambervillers en 1951 puis à Épinal en 1955, il fut réélu aux cantonales à Épinal-Est en 1973, en battant le sortant, et son mandat lui fut renouvelé en 1979. Il était par ailleurs membre des comités régionaux du gaz et de l’électricité.

Il continuait à participer à la vie nationale du mouvement socialiste et de la gauche. On le repère à diverses occasions. Il a été signataire de la motion Gazier au congrès national de 1960, délégué général de la FGDS des Vosges en 1966-1967 et le préfet le disait proche du courant Chandernagor en 1970.

Pierre Blanck, marié à une sage-femme, a été médaillé de l’ordre du Mérite social avant 1954.

Une avenue d’Epinal porte le nom de Pierre Blanck.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article16878, notice BLANCK Pierre par Gilles Morin, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 4 juin 2012.

Par Gilles Morin

SOURCES : Arch. Nat., F/1a, 3228, 3 229 ; F/1cII, 270, 281, 300, 317. CAC, 19830172, art. 105, lettre du 25 août 1970. — Arch. de l’Ours, fonds SFIO, 10-1-20, dossiers Vosges et 2/APO/2, fonds FGDS. — Arch. FJJ/6EF73/2. — Archives D. Mayer, 3 MA 28. — Bulletin intérieur de la SFIO, n° 116. — Le Travailleur Vosgien, 24 septembre 1945. — Lettre de M. Didion, maire-adjoint d’Épinal, 19 mai 2003. — Arch. de la com. d’Épinal. — Force Ouvrière, hebdomadaire de la CGT-FO, 13 mai 1954. — Comptes rendus des congrès confédéraux Force Ouvrière de 1956 à 1966. — Notes de Louis Botella.

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